Moonz a écrit 3663 commentaires

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 4 (+2/-0).

    "Ce n'est pas politique" n'est pas une formule magique qui efface les relations humaines ! C'est une question de raison sociale et de cadre commun, question qui est éminemment politique.
    J'ai l'impression que tu parles plutôt de quelque chose comme l'objet ou la raison sociale d'un groupe thématique.

    On est globalement d’accord, oui, modulo le fait que c’est un aspect (important) du sujet, mais pas le seul.

    Au delà d’un groupe thématique explicite, il y a des normes culturelles plus floues. Quand le groupe est informel, ou que le sujet n’est pas explicitement dans les règles. « X n’est pas politique » est essentiellement dans un tel contexte une norme culturelle disant « on est là pour parler de X, pas pour parler de sujets politiques vaguement liées à X ». Je considère cette norme comme extrêmement importante. Parce que, encore une fois, la coopération entre être humains, c’est compliqué, et cette norme est un outil précieux pour mettre sous le tapis des conflits qui n’ont aucune raison d’être dans un contexte donné (ce qui ne signifie pas que ces conflits n’ont aucune raison d’être tout court et ne sont pas importants !). Même principe que le groupe thématique, mais le fait qu’un groupe ne soit pas formellement, explicitement un groupe thématique n’autorise pas pour autant à mettre sur le tapis des conflits idéologiques profonds qui ne seront de toute façon pas résolus en une conversation. La norme que j’essaie de pointer, c’est que si Alice dit « je suis pas là pour parler politique » et Bob insiste pour « parler politique », dans la plupart des contextes, par défaut, la bienséance donne raison à Alice. Parce que, encore une fois, si des siècles de gue-guerre gauche/droite n’ont pas résolu le conflit, ce n’est pas en l’introduisant là où il n’était pas que les choses vont avancer, au contraire.

    Un autre aspect, même en dehors de « groupe thématique/règles de bonne conduite », c’est que « tout est politique donc la recette tarte aux poires est politique » est une inférence pour le moins douteuse (pitié, dites moi que je n’ai pas à justifier ça), donc que la réalité est de fait plus compliquée que le slogan simple « tout est politique ». Qu’il y a des gradations, et que s’il y a des gradations, on peut faire des catégories. Il y a une énorme différence entre « l’État français est laïque » que je n’ai aucun souci à résumer (grossièrement) à « la religion n’est pas un sujet politique » (qui est globalement l’objectif de la laïcité, même si effectivement les détails d’implémentation sont inévitablement dans la sphère politique) et « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

    Mais honnêtement, j’ai l’impression qu’on entre dans trop de détails et de subtilités quand on considère que ce qui a lancé la conversation est le slogan pas du tout détaillé et subtil de « tout est politique ».

    Si tu veux vraiment continuer la conversation, je préférerai te demander plutôt ça :

    Pourquoi ploum peut-il dire « tout est politique », sans nécessité d’écrire des pavés pour se justifier, alors que moi qui dit « non, la recette de la tarte aux poires n’est évidemment pas politique, pas dans le sens commun du terme », je dois me justifier sur des pages et des pages ? (une partie de l’explication est que je ne dis pas que ça, mais je ne pense pas que ce soit la totalité de l’explication)

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 4 (+2/-0).

    Non, mais je dois répondre de cette manière pour désamorcer le piège.

    D’un côté : je suis désolé pour ploum si ce n’est pas son intention consciente, pas une stratégie explicite raisonnée.

    D’un autre côté, non, pas désolé.

    Premièrement, je n’ai jamais dit que c’était son intention conscience (j’aurai pu être plus explicite, il est vrai, mais mes messages ne sont-ils pas déjà trop longs ?). Je ne pense pas que ce soit le cas : ce genre de stratégie se développe et s’affine culturellement, par imitation. ploum voit dans son environnement (je ne sais pas lequel) que « tout est politique » marche bien, est extrêmement simple à communiquer, éminemment défendable (il suffit de ressortir le premier sens !) et permet de faire avancer sa rhétorique sans grande résistance (compte donc le nombre de mots qu’il me faut pour péniblement résister à ces trois mots magiques… la plupart des gens ne font pas l’effort, moi même je ne fait pas l’effort la plupart du temps)). ploum décide donc de répéter « tout est politique », sans même avoir conscience qu’il s’agit d’une arme rhétorique.

    Deuxièmement : que ce ne soit pas son intention ne l’absout pas pour autant de sa responsabilité.

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 5 (+3/-0).

    Sur le sujet spécifique religion et politique, j'ai l'impression qu'il faut nuancer pas mal pour déméler l'échevaux.

    Mais c’est exactement ce que je dis, au fond.

    « Tout est politique » cherche à effacer subtilité et distinction entre « La religion c’est politique » (qui elle même efface la distinction très importante entre « Quelle est la religion officielle de l’état » et « Quelles sont les règles exactes de notre état laïque »), « La recette de la tarte aux poires c’est politique », « Le budget de l’état c’est politique ».

    Tu noteras l’absence de subtilité derrière ce terme, « tout ». Autrement dit, pour faire l’enfant : "c'est pas moi qu’a commencé"

    Tu insistes sur la liberté de conscience dans nos pays. La liberté de conscience est un choix fort et politique.

    J’en ai parlé ! C’est exactement ce que j’ai dit !

    Nous avons fait le choix politique de dire non la religion n’est pas un sujet politique, c’est un sujet de conscience personnelle.

    C’est un choix, fondamental, structurant, qui a été fait à l’époque des Lumières, en réaction aux guerres de religion, et qui (entre autres choses) a donné naissance à « Liberté » dans « Liberté, Égalité, Fraternité ».

    Qui me permet, moi, athée, de dîner en paix avec mes amis musulmans, sans que ça devienne un conflit politique. « La religion n’est pas un sujet politique ».

    Et il faut généraliser cette observation. Ce qui aborde l’aspect culturel que je ne voulais pas aborder, mais puisque le plat a été allègrement piétiné…

    « La religion n’est pas politique » (la tolérance des lumières), ce qui me permet, athée, de dîner paisiblement avec mes amis musulmans, peut être généralisé. Par exemple en :

    « L’ornithologie n’est pas politique » permet à Robert, militant LFI, d’être dans la même association ornithologique que Pauline, votante RN, sans que ça en finisse aux mains à l’apéro d’après AG.

    Ce qui ne signifie pas, évidemment, que certaines espèces d’oiseaux ne sont pas menacées par le réchauffement climatique, ou que le réchauffement climatique n’est pas un sujet politique.

    Ça signifie que, si à l’apéro d’après l’AG, Pauline se lance dans une diatribe comme quoi « on » ferait mieux de dépenser l’argent dans la lutte contre le réchauffement climatique plutôt qu’en aides sociales pour les immigrés, et que c'est pour ça que les immigrés doivent être dégagés, l’association devrait soutenir le RN aux prochaines élections, le président (ou n’importe quel membre) peut répondre « je t’arrête ici, on est pas là pour parler politique, tu veux pas plutôt prendre un deuxième verre de ce délicieux riesling ». C’est une norme culturelle, liée mais non identique à la norme politique, extrêmement précieuse.

    Et les croyances des uns, heureusement qu'on peut en discuter, c'est pas en causant à un rationaliste qu'il faut rappeler que certaines croyances ont des implications largement au delà de la sphère privée, on peut parler de santé publique par exemple ?

    C’est pour ça que je n’aime pas les étiquettes. « En tant que libertarien », « en tant que rationaliste ».

    Je ne suis pas esclave de mes étiquettes, je ne veux pas être guidé par mes étiquettes. Si l’image d’épinal associée à mon étiquette m’ordonne de me jeter par la fenêtre, tant pis par l’étiquette.

    Les relations humaines sont plus complexes que ça. Ne serait-ce que parce que maintenir des conventions permettant la paix voire même (soyons optimistes !) la coopération est quelque chose d’extrêmement plus complexe que « on peut parler de tout ».

    On peut parler de tout, oui, mais pas tout le temps et avec tout le monde.

    Si tu veux que ton association ornithologique n’explose pas en vol, il faut accepter une certaine norme de discours qui permet à Robert et Pauline de coexister au sein (et pour l’objectif) de l’association. Ça nécessite, dans ce contexte précis, de maintenir « tabous » un certains nombre de sujets.

    D’où la formule magique « l’ornithologie n’est pas politique ».

    Il ne s’agit, encore une fois, pas de nier l’impact du réchauffement climatique sur les oiseaux, ou de nier l’aspect politique du réchauffement climatique.

    Mais de pouvoir, entre adultes, continuer à s’entendre sur les sujets commun (comme l’ornithologie), et réserver, restreindre les conflits dans le contexte dédié aux dits conflits : la politique.

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 2 (+2/-2). Dernière modification le 15 février 2026 à 11:30.

    Une manière plus simple d'en discuter, plutôt que de faire plein d'inférence à partir de tes présupposés, c'est de lui demander ce qu'il entend par là

    Je pense que tu n’as pas compris mon message, parce que tu n’aurais pas fait cette suggestion si tu l’avais compris.

    Si j’avais ouvert la discussion de cette manière, la réponse aurait été « le premier sens, évidemment », et aurait clôturé la conversation. Laissant bien entendu ouverte l’interprétation voulue qu’est le second/troisième sens.

    Je suis généralement à cheval sur le principe de charité, laisser l’interlocuteur clarifier sa position, ne pas me mettre dans sa tête, mais ces principes sont particulièrement vulnérable à cette tactique de « jouer sur l’ambiguïté », et ne peuvent être suivis dans le contexte d’une discussion de cette tactique.

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 9 (+8/-1). Dernière modification le 15 février 2026 à 10:52.

    Bon très bien. J’essaie la version longue et un peu plus méchante. Je suis hélas pour vous à la fois moins doué que Scott Alexander à la prose, et moins vertueux en terme de conciliation.

    Comme tous bons les slogans, en tant qu’arme de propagande, « tout est politique » est basés sur un fond de vérité tellement banal qu’il est accepté par tous, pour mieux faire passer une pilule très difficile à avaler si elle était présentée telle quelle et honnêtement (la manipulation est évidente mais n’en reste pas moins efficace : si quelqu’un proteste sur la pilule, il suffit de dire « je ne faisais que référence au fond de vérité » ; si personne ne proteste, on peut commencer à essayer de faire passer la pilule. C’est pour ça que ces slogans se trouvent dans des messages courts, pauvres en détails, pleins de sous-entendus plutôt que d’affirmations claires et précises ; les détails rendent plus difficile de garder en place cette ambiguïté tellement pratique).

    Il se trouve que « tout est politique » n’a non pas deux sens mais trois, ce qui est encore plus pratique pour noyer le poisson :

    • Le sens descriptif faible : tout à un degré où à un autre peut être lié à des questions politiques, même la recette de la tarte aux poires. De plus, la décision de « rendre politique » quelque chose est en soi en choix politique : on peut par exemple décider de faire de la tarte au poire un trésor national et en discuter au parlement, ne pas le faire est un « choix politique ».

    • Le sens descriptif fort : tout est également politique, il n’y a pas de sens à dire « la recette de la tarte au poire est un sujet très largement moins politique que le budget de l’état ou la politique étrangère ». C’est l’objet de l’article que j’ai donné plus haut : s’il y a gradation, alors il y a du sens d’introduire des catégories « non politique » (comme la recette de la tarte aux poires) et « politique » (comme le budget de l’état) (et avant de réagir : « il n’y a pas de limite claire et rien n’est parfaitement apolitique », revoir le lien plus haut, qui aborde ces points). C’est d’ailleurs tout ce que tout le monde dit et comprend quand on dit « X n’est pas politique », « il ne faut pas politiser X ». Et évidemment, quand quelqu’un dit « X est politique parce que tout est politique », il essaie d’utiliser le sens faible plus haut pour défendre l’indéfendable sens fort, parce que son but final est la grosse pilule…

    • Le sens prescriptif : « tout doit être ramené dans la sphère politique ». Note qu’on passe du « tout peut être ramené dans la sphère politique » à un « tout doit être ramené dans la sphère politique » (jamais explicitement, bien sûr, simplement en disant « non, X est forcément politique parce que tout est politique ». Au fond difficile de ne pas être admiratif devant le tour de passe-passe rhétorique). La plupart des gens bien intentionnés sentent confusément que c’est une pilule difficile à avaler et tendent à y résister intuitivement. Alors laissez-moi être explicite sur ce que ça signifie, « tout est politique », historiquement :

    « Tout est politique » est lui-même un slogan politique. Celui du totalitarisme et de la réaction contre les valeurs des Lumières.

    « Tout est politique » : tout doit être jugé sur l’étalon de l’Idéologie du Parti. Tenter d’y résister en disant « mais ma recette de la tarte au poire, c’est pas politique » est une réaction de résistance suspicieuse.

    « Tout est politique » : il doit donc il y avoir un Commissar dans toute tâche collaborative (qu’elle soit politique, industrielle, associative…), pour s’assurer de l’alignement avec les Valeurs de la Révolution.

    « Tout est politique », y compris la religion. Le Roi ne peut pas être Catholique et avoir des sujets Protestants… Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

    Oui, tout est politique ; et un fondement politique des démocraties modernes est justement qu’il existe de larges sphères où l’influence de la politique est volontairement limitée (et il y a aussi un aspect culturel ici, mais mon message est bien assez long comme ça). C’est un des sens du premier mot dans la devise nationale, « Liberté » : par exemple (et centralement !) liberté de conscience, ma religion n’est pas un sujet politique. Le slogan « tout est politique » vise à miner cet état de fait très largement accepté en utilisant la politique (à la manière du paradoxe de l’intolérance).

    Je n’ai aucun doute que la réponse à mon message sera « mais non c’est pas ce que je voulais dire avec tout est politique, je parlais simplement du premier sens ». Je rappellerai simplement au lecteur possédant un minimum d’attention que c’est précisément l’objectif de l’ambiguïté, que de permettre de se replier vers cette réponse.

  • [^] # Re: Je ne te le fais pas dire…

    Posté par  . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 2 (+0/-0).

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 4 (+2/-0).

    Et je ne crois pas non plus qu'il faille toujours employer le vocabulaire du quidam moyen : en dehors de la vulgarisation et de la communication spécifiquement à destination du quidam moyen, on peut utiliser du vocabulaire spécifique/spécialisé, du moment que les termes sont définis

    Entre des gens du domaine, pas de problème (pour ça que j’ai dit dans mon message plus haut quelque chose comme « vous avez développé un jargon, et ce n’est pas un problème en soi ».

    Dès lors que tu sors de ton cercle d’initiés… comme d’habitude, il y a un XKCD pour ça :

    Even when they're trying to compensate for it, experts in anything wildly overestimate the average person's familiarity with their field.

    Mieux vaut errer dans le sens du dénominateur commun, et dans le cas contraire, ne pas s’étonner que ça parte dans tous les sens. Comme l’échange sur ce fil vient de l’illustrer.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 6 (+4/-0).

    Oui, quelque chose comme ça.

    Pour 99% des personnes, la suprématie blanche c’est essentiellement le Ku Klux Klan. Ou l’époque de la ségrégation en Afrique du Sud. À moins d’une expérience personnelle horrible (et dans ce cas, toutes mes condoléances), je pense pas qu’il vienne à l’idée à qui que ce soit ici de décrire le KKK comme « un groupe insidieux dans lequel nous avons tous grandis et qu’on reproduit tous plus ou moins contre notre gré ».

    Tu es dans une bulle qui a développé son propre jargon au point que des termes du type « suprématie blanche » sont difficilement reconnaissables par le quidam moyen. Ce n’est pas grave en soi, mais si tu veux communiquer de manière productive hors de ta bulle il va falloir en prendre conscience et communiquer avec le vocabulaire du quidam moyen, pas ton jargon.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 3 (+1/-0). Dernière modification le 02 février 2026 à 11:53.

    Tu t’es concentré sur le message politique, qui n’était qu’une illustration secondaire et au fond sans importance du point principal. Et que je n’essaie pas de défendre. Relis plus lentement.

    Pour autant que je sache, aucun de vous n'a placé toutes ses économies dans des actions Microsoft. On devrait pouvoir parler ensemble de racisme et de rapports de domination dans l'informatique sans avoir envie de recourir à des noms d'oiseau

    « Pour autant que je sache, aucun de vous n’est ministre des finances publiques. On devrait pouvoir parler ensemble de la violence implicite et réelle derrière l’impôt sans avoir envie de recourir à des noms d’oiseau ».

    Les noms d’oiseaux sont un symptôme mais ne sont pas la source du problème. Le problème dans cette réponse est que je présente la thèse « le recouvrement de l’impôt a recours à la violence (implicitement: éthiquement problématique) » comme un présupposé de la discussion. Si je fais ça, je suis soit honnête et aveugle (beaucoup ne sont pas d’accord avec ce présupposé, et je suis aveugle de penser le contraire), soit intelligent et manipulateur (je bluff et fait passer ça pour une évidence indiscutable).

    L’exercice pour toi est de trouver ces présupposés qui te semblent évident mais qui de manière persistante donnent lieu à des réactions épidermiques à tes interlocuteurs. J’ai quelques idées, mais n’étant pas dans ta tête, aucune certitude — pour ça que j’ai donné un exemple de cet exercice mon point de vue plutôt que de m’improviser télépathe-thérapeute et essayer de le faire de ton point de vue.

  • [^] # Re: sécurité

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 3 (+1/-0).

    https://linuxfr.org/users/moonz/journaux/sandboxer-des-applications-avec-bubblewrap-3-3-script-de-gestion :)

    (et plus récemment https://gist.github.com/sloonz/ef282a1f53366e1ed6f5cb848de015ba)

    Oui, l’éditeur graphique est dans la sandox.

    Les plus gros impacts c’est :

    • Réussir à faire fonctionner podman de manière sécurisée à l’intérieur de la sandbox. J’ai pas encore réussi (j’ai réussi de manière non sécurisée, mais ça me fait une belle jambe…), mais je n’ai pas beaucoup cherché. Ça devient de plus en plus important et il va falloir que je m’y mette
    • Les settings vscode à refaire dans chaque sandbox. Théoriquement, je pourrai les partager entre les sandbox, mais je suis suffisamment parano pour considérer ça comme un vecteur d’attaque potentiel. En pratique je configure pas grand chose donc c’est pour le moment OK.
    • La moindre utilisation de rustup qui prend 2 Go sur le disque, c’est un poil irritant (ceci dit, je pense que je pourrai le partager entre les sandboxes en lecture seule)
    • Des frictions mineures de type « je dois utiliser le script foo dans le projet x pour analyser le document y qu’on m’a envoyé par mail… foo: ~/Downloads/y: file not found… ha tiens oui, faut le copier manuellement dans la sandbox du projet x)
  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 4 (+3/-1).

    Ce n'était un troll, ni une insulte, et je suis honnête : je crois sincèrement qu'il est pertinent d'aborder les questions éthiques que soulèvent les usages décrits dans ce journal

    Bon, si tu es honnête et sincère, je vais essayer de t’aider de manière honnête et sincère également.

    Prenons mon cas : j’ai longtemps été libertarien (et je le suis, en majeure partie, toujours). Prenons le slogan « l’impôt c’est le vol ». Ceci est un reflet honnête et sincère de mes croyances. Pour 99% (y compris toi je suppose) de la population, c’est une idiotie sans nom.

    Ton « l’IA c’est le suprémacisme blanc », c’est mon « l’impôt c’est le vol », mais de l’autre côté du spectre politique. Si tu comprends pourquoi le second est stupide, tu comprendras pourquoi le premier est stupide.

    Le premier est stupide car il présente comme quelque chose de factuel et d’évident ce qui est une opinion subjective déguisée. Parce qu’il se repose sur des présuppositions que tu considères comme totalement secondaires et sans importance, mais qu’il se trouve que le reste du monde considère comme importante.

    Dans mon cas, cette considération secondaire est la légitimité « sociale » de l’identité du « voleur » (ie: est-ce que le voleur est considéré par la majorité de la population comme le souverain légitime). Pour moi, dans la situation « donne moi ton fric ou sinon », cette considération est au fond sans importance, de sorte que « le ministère des finances publiques m’a envoyé une lettre disant donne moi ton fric ou sinon… » et « Al Capone m’a dit donne moi ton fric ou sinon… » est une distinction sans différence.

    Mais, trivialement : pour 99% de la population, la différence de nature entre Al Capone et le Ministère des Finances Publiques est primordiale. Et si cette différence est importante, « l’impôt c’est le vol » ne tient plus. Et sortir « l’impôt c’est le vol », c’est le meilleur moyen de brusquer le lecteur (pour de très bonnes raisons : le blâme n’est pas à mettre sur le lecteur) et de se brusquer en retour sur les réponses (« mais c’est totalement raisonnable de dire que l’import c’est le vol, c’est exactement la même chose, violer la propriété privée sous la force ou la contrainte de la force… pourquoi tout le monde m’insulte ? ils doivent être stupides ou de mauvaise foi ou désinformés ou… »). Si je veux convaincre en tant que libertarien, mon job c’est de montrer raisonnablement que la différence de légitimité perçue entre Al Capone et le Ministère des Finances Publiques est au fond sans grande importance éthique, pas de déblatérer un slogan qui n’a aucun sens pour quelqu’un qui n’est pas à la base déjà entièrement d’accord avec moi et de passer pour un clown ou un fou.

    Je te laisse appliquer ça à ta situation.

  • [^] # Re: sécurité

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 3 (+1/-0).

    Personnellement, ça fait un moment que je considère irresponsable d’avoir un environnement de dev non-sandboxé. Avant même les agents de développement, les supply chain attacks, où npm install x qui tire y qui tire z qui tire t qui est compromis et peut lancer n’importe quelle commande shell (à l’installation, sans même l’utiliser) était une raison amplement suffisante pour isoler les environnements de dev.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 0 (+0/-2). Dernière modification le 02 février 2026 à 09:58.

    Deuxième exemple: les biais racistes. Ils n'ont absolument rien à voir avec la technologie derrière les LLMs, cela est complètement dû aux données ingérées, et diffèrents modèles se comporteront diffèrement.

    Et les biais tendent à être dans l’autre sens :

    When these biases emerge, they consistently favor Black over White candidates and female over male candidates across all tested models and scenarios.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 2 (+0/-0).

    Je suis à 99% d’accord avec ce message, mais pour le modérer un peu : certains de ces "X sont horribles et vont détruire la planète" ne sont pas arrivés parce que certaines personne ont pris le problème au sérieux et que des adultes se sont mis autour de la table pour l’éviter avec des mesures actives et non triviales. Par exemple la non-prolifération des armes nucléaires qui tient principalement grâce à des traités internationaux et des efforts diplomatiques réguliers.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 6 (+6/-2).

    ça me paraît un peu tôt pour le dire. Les outils de genAI sont aujourd'hui loués à une fraction de leur coût réel

    Pas vraiment non. Par token, il est presque certains que tous sont (largement) bénéficiaires. Cf par exemple cet article qui cite ~40% de marge, ce qui correspond à d’autres estimations que j’ai vu ailleurs.

    Tous sont massivement déficitaires, oui, mais c’est parce qu’ils investissent massivement. Forcément, quand tu investis beaucoup année X et X+1 à gros renforts d’emprunts, faut pas s’attendre à être direct bénéficiaire année X+2 et X+3.

    Et tu peux aussi raisonner à partir « quel est l’intérêt, dans leur situation » ?

    Il n’est clairement pas de vendre à perte. La vente à perte, ça a un intérêt quand tu es dans un secteur « winner takes all » (typiquement : effet réseau comme réseaux sociaux), pour étouffer la concurrence, rester le dernier debout, et pouvoir dicter les prix ensuite. L’IA n’est absolument pas dans ce cas de figure. Ça se voit très bien parce que tous les 3 mois un nouveau modèle sort et tout le monde se rue sur le nouveau modèle sans grande difficulté. Il n’y a aucune dynamique de type « tout le monde est sur ChatGPT donc je dois utiliser ChatGPT même si je préfère Claude ».

    Pour l’IA la dynamique est plus proche des grosses fonderies type TSMC/Samsung/Intel : des coûts d’investissement de plus en plus colossaux, et le but du jeu c’est d’avoir les reins assez solides financièrement pour rester en lice (si tu regardes dans l’industrie des semiconducteurs, tu vois très bien avec le temps les processus demandant de plus en plus d’investissement, et de plus en plus d’entreprises qui n’arrivent plus à suivre et jettent l’éponge, pour qu’il n’en reste qu’aujourd’hui que trois).

    (différence entre les deux : pour les semiconducteurs, "jetter l’éponge" ne signifie pas mettre la clé sur la porte mais se concentrer sur des processus plus anciens mais toujours rentables ; dans l’IA, il y a peu de chances que cette option soit sur la table au vu des progrès des modèles open-weight)

    Et dans ces conditions, tu ne veux absolument pas vendre à perte ; tu veux au contraire tirer le plus de revenus possible, parce que ces revenus se traduisent directement en une capacité d’emprunt et d’investissement supplémentaire (et au final… plus de pertes dans l’immédiat, parce que les investissements porteront leurs potentiels fruits que plus tard).

    Tu peux alternativement, si tu veux, comparer les prix de l’API ChatGPT/Claude/Gemini vs les plus gros modèles open-weight.

  • [^] # Re: Toujours pas convaincu

    Posté par  . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 10 (+10/-0).

    Et j'ai l'impression que tu nous dit que l'IA ruine l'avenir des juniors mais leur facilite la vie. Ça m'a pas l'air hyper clair.

    "Si vous voulez apprendre, l’IA est le meilleur outil ça. Si vous voulez ne pas apprendre, l’IA est également le meilleur outil pour ça."

  • [^] # Re: Gemini 3

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de novembre 2025. Évalué à 2 (+0/-0).

    C’est beaucoup mon impression en suivant Zvi/écoutant autour de moi : pour la majorité, pour le code, c’est Claude puis Gemini, le reste est anecdotique.

    Pourtant, à chaque fois que je teste de mon côté, c’est ChatGPT qui s’en sort le mieux. Par exemple, aujourd’hui, je devais mettre en place des CRDs + des controllers Metacontroller associés. Résultat :

    • J’ai oublié d’expliciter un corner case dans le prompt ; Gemini et Claude, nez dans le guidon, tombent dans le panneau ; ChatGPT le gère explicitement de manière satisfaisante
    • Je n’ai pas mentionné explicitement non plus de gérer les owner references ; ChatGPT y a pensé, Gemini et Claude : pas leur problème
    • ChatGPT trouve par lui même qu’on peut éviter certaines requêtes dans certains cas et s’en charge ; Gemini et Claude le loupent (ou s’en fichent, pas regardé la chaîne de pensée)

    Le code de ChatGPT est stylistiquement moins élégant (que de variables intermédiaires totalement inutiles et qui obscurcissent plutôt que clarifient…), mais également plus correct et plus complet.

  • [^] # Re: Etrange...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de juillet 2025. Évalué à 6. Dernière modification le 04 août 2025 à 18:15.

    Pas la même méthodologie. L’étude que tu donnes demande au LLM un score pour chaque candidat, celle que je donne une simple décision "qui embaucher ?". La seconde donne plus de marge de manœuvre à de l’arbitraire.

    À noter qu’en survolant le premier papier, les auteurs ne donnent pas les détails du prompt, et en regardant le second papier, les auteurs précisent explicitement qu’ajouter des détails "réalistes" influe énormément les résultats (We find that adding real-world contextual details to existing evaluation setups, such as company name, location, and specific company culture information (e.g., from Meta or General Motors’ career pages) or realistic task constraints like instructions for a highly selective hiring process (e.g., “only accept candidates in the top 10%”) can induce significant bias). Autre potentielle source de différence.

    Mais j’en profite pour faire un piqûre de rappel sur tous ces liens vers des études : tout ceci est très récent, à la frontière de la recherge, la quasi totalité du temps des preprint arxiv sans revue par les pairs. Il y aura forcément des contradictions, des erreurs, peut être même des fraudes non détectées. Ne pas tout prendre pour parole d’évangile, faire preuve d’esprit critique.

  • [^] # Re: Toujours autant de merci...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de juin 2025. Évalué à 6. Dernière modification le 05 juillet 2025 à 12:29.

    Merci pour les encouragements :)

    Pour lire et résumé un PDF, notebooklm marche pas trop mal, tu peux essayer d'uploader le PDF et le lui demander par exemple "Résume moi les cas décrit dans ce PDF, en français".

  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 2.

    Des robots.

  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 2.

    Je ne vois pas exactement ce que l'IA va apporter au maçon, cuistot, infirmier, à ce niveau si ce n'est siphonner une grande part du flux financier a leur détriment

    Le plan est grosso-modo :

    1. IA développeur (nous sommes là)
    2. IA chercheuse en IA (les mots exacts de Dario Amodei est "a country of geniuses in a datacenter"
    3. IA chercheuse tout court (en physique, médecine, biologie, science des matériaux… et robotique)
    4. Conçus, développés et pilotés par les IA du point précédent :
      • Usines automatisée
      • Robotique pour toutes les tâches, dont celles que tu as citées
  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 2. Dernière modification le 03 juillet 2025 à 12:42.

    Y'en a qui arrivent à dormir en prétendant sauver la forêt tout en ajoutant de l'essence dans l'incendie, moi pas. Et j'ai le droit de dénoncer cette posture qui me semble particulièrement à l'encontre des valeurs qu'il prétend défendre.

    J’ai oublié de répondre à ça.

    Ses valeurs sont les tiennes. Il est entièrement du côté "l’emploi n’est pas une bonne chose en soi, si on peut s’en débarrasser tant mieux, à condition de bien répartir les richesses" (je suis en désaccord sur ce point, mais on rentre dans des questions philosophiques que je n’ai pas spécialement envie d’aborder). Il est également convaincu que l’IA peut réaliser cette vision.

    Il est inquiet du chômage de masse pendant la transition, quand l’IA arrive et que la société ne s’est pas encore adaptée, oui, mais c’est un problème secondaire (important, mais secondaire) face à l’objectif principal qui est "la fin du travail".

    Stopper irait contrairement à l’encontre de ces valeurs. Autre raison pour rejeter le label "hypocrisie".

  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 5.

    Ils pourraient faire plus

    Possiblement. Est-ce que ce serait stratégiquement correct dans le contexte actuel ? Qui sait ?

    plutôt que de multiplier les levées de fond sans partage du contrôle de la boîte ou du capital

    Là aussi ils essaient :

    Anthropic incorporated itself as a Delaware public-benefit corporation (PBC), which enables directors to balance the financial interests of stockholders with its public benefit purpose.[22]

    Anthropic's "Long-Term Benefit Trust" is a purpose trust for "the responsible development and maintenance of advanced AI for the long-term benefit of humanity". It holds Class T shares in the PBC which allow it to elect directors onto Anthropic's board.[23][24] As of April 2025, the members of the Trust are Neil Buddy Shah, Kanika Bahl and Zach Robinson.[25]

    .

    Y'en a qui arrivent à dormir en prétendant sauver la forêt tout en ajoutant de l'essence dans l'incendie, moi pas. Et j'ai le droit de dénoncer cette posture qui me semble particulièrement à l'encontre des valeurs qu'il prétend défendre.

    Non.

    J’aimerai également qu’il fasse plus. Je suis également en désaccord avec certains de ses choix, y compris sa communication trop timorée. Mais "hypocrisie" est un mot beaucoup trop fort. Il n’y a pas de solution simple, le contexte politique est complexe, et contrairement à Sam Altman, il est clair d’après leurs actions que Anthropic et Dario Amodei sont sincères et font ce qu’ils pensent être leur mieux avec les cartes qu’ils ont en main.

    Il faut faire la part des choses et avoir une gradation dans les réponses. "Hypocrite" est le vitriol à lancer à OpenAI. Si tu veux critiquer Anthropic, le mot à utiliser est "Pusillanime".

  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 2.

    Oui enfin faire abstraction du contexte réel n'a je pense aucun intérêt.

    Ysabeau a posé une question conceptuelle : "Un concept que je n'arrive toujours pas à comprendre". Je répond de manière conceptuelle.

    Le coût d’opportunité est que les réparateurs de fenêtres auraient fait autre chose que réparer des fenêtres si on ne les avait pas cassées, et cet autre chose serait rentré dans le PIB. Il est donc loin d’être évident que "casser des fenêtres" augmente le PIB.

  • [^] # Re: AI et chômage

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de mai 2025. Évalué à 3.

    La croissance fait référence à la croissance du PIB, pas à la croissance de l'extraction des ressources minières (référence à la masse de la Terre).

    La référence à la masse de la Terre fait référence à "même si les facteurs physiques sont limitants, à quel point sommes nous loin d’atteindre l’asymptote ?"

    J’aurai pu utiliser le ratio de "énergie utilisée par l’économie" / "puissance émise par le soleil" (~ 1 / 1013).

    Ou "richesse globale actuelle" / "valeur actuelle des métaux précieux dans la ceinture d’astéroïdes" (1 / 106)

    Tout ça pour arriver à une intuition : si c’est la finitude des ressources qui limitera la croissance, le point d’inflection n’est probablement pas pour demain.