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Je passe sur le fait que le texte est mal documenté, mal référencé, mal formaté et
que les auteurs n'ont visiblement pas lu les excellents journaux de linuxfr ou à défaut
les documents de référence comme l'ISO-17789:2014.
Il n'y a Ă ce jour, Ă ma connaissance, zĂ©ro commentaire sur le texte âŠ
USAGE DE LâINFORMATIQUE EN NUAGE AU SEIN DE LâADMINISTRATION
Contexte
Trois niveaux de services différents existent en réalité sous le terme générique cloud computing :
âą lâhĂ©bergement distant, Infrastructure as a Service (IaaS) ;
âą la location de logiciels utilisable Ă distance, Software as a Service (SaaS)Â ;
âą la capacitĂ© Ă fabriquer de façon native des applications en sâappuyant sur des fonctionnalitĂ©s
standards existantes, Plateforme as a Service (PaaS).
La tendance actuelle du marchĂ© mondial du dĂ©veloppement logiciel est une orientation massive vers les services de type Software as a Service (SaaS). De nombreux Ă©diteurs logiciels ont basculĂ© dâune logique de vente de logiciel Ă une logique de fourniture de service en ligne.
Lâutilisation du cloud computing, en raison du recours Ă des prestataires externes, implique des problĂ©matiques de maĂźtrise des donnĂ©es, de rĂ©versibilitĂ©, de sĂ©curitĂ© informatique et de souverainetĂ©.
Dans ce contexte, lâadoption du cloud computing par lâEtat doit permettre dâaccĂ©lĂ©rer la crĂ©ation et la mise Ă disposition de services numĂ©riques, de favoriser la mise en Ćuvre de mĂ©thodes agiles et la prise en compte continue des besoins des utilisateurs, de faciliter la montĂ©e en charge des usages, de soutenir lâinnovation numĂ©rique, et enfin dâamĂ©liorer lâefficacitĂ© gĂ©nĂ©rale du systĂšme dâinformation des administrations publiques.
La doctrine nationale dâutilisation du cloud computing doit rechercher un Ă©quilibre entre plusieurs enjeux :
âą la transformation numĂ©rique, des entreprises, de lâaction publique tirĂ©e par les nouveaux usages et
les attentes des citoyens ;
âą les gains espĂ©rĂ©s Ă la fois par lâoptimisation des infrastructures dâhĂ©bergement et des investissements associĂ©s ainsi que par la rĂ©duction des dĂ©lais de dĂ©veloppement et de dĂ©ploiement des nouvelles applications ;
⹠la souveraineté, entendue comme une autonomie de décision des rÚgles à appliquer et une
autonomie dâactions pour protĂ©ger les donnĂ©es et systĂšmes les plus sensibles ;
âą le signal envoyĂ© aux acteurs publics oĂč lâadoption de service de cloud computing reste encore limitĂ©e
(dont les collectivitĂ©s locales et certains Ă©tablissements publics), ainsi quâaux entreprises ;
âą le soutien aux industries innovantes.
Compte tenu des diffĂ©rences entre les trois niveaux de services (Iaas, Paas et Saas) et de la diversitĂ© des usages, il semble difficile de trouver un unique compromis pour lâensemble de lâaction publique. Les tentatives prĂ©cĂ©dentes focalisĂ©es autour de la crĂ©ation dâun cloud souverain comme unique solution Ă la problĂ©matique ont donnĂ© des rĂ©sultats limitĂ©s.
Par ailleurs il convient de noter que le « CLOUD Act » adoptĂ© par le CongrĂšs amĂ©ricain en mars 2018 renforce lâimportance de disposer dâune autonomie dâactions pour protĂ©ger les donnĂ©e et systĂšmes les plus sensibles en matiĂšre dâinformatique en nuage.
Doctrine
La doctrine du cloud computing de lâEtat vise Ă dĂ©velopper massivement lâusage du cloud au sein des administrations
et à en faire à terme le principe par défaut. Pour cela, elle rendra accessible aux administrations une offre hybride
composée de trois catégories de solutions à utiliser en fonction de la sensibilité et du niveau de pérennité des
données, des traitements ou des applications.
Ces 3 catégories sont :
âą catĂ©gorie « Cloud interne » : elle capitalise sur les travaux menĂ©s depuis 2 ans sur la construction en interne Ă lâĂ©tat de trois instances de cloud interministĂ©riels qui devront progressivement devenir une offre cohĂ©rente IaaS et PaaS sur une base OpenStack, accessible Ă lâensemble des ministĂšres via un
portail interministĂ©riel. Lâensemble des ministĂšres pourra dĂ©ployer des services en mode Saas sur
cette infrastructure. Cette catĂ©gorie permettra dâaccueillir des donnĂ©es, des traitements et des
applications sensibles, et rĂ©pondre Ă des besoins rĂ©galiens dâinfrastructures numĂ©riques rĂ©pondant
aux exigences dâinternalisation des donnĂ©es et de sĂ©curitĂ© des systĂšmes dâinformation.
âą catĂ©gorie « Cloud dĂ©dié » : elle sâappuie sur une offre de cloud computing standard dâun industriel du secteur ayant un niveau de compatibilitĂ© suffisant pour rĂ©duire fortement des travaux de migration
avec la catĂ©gorie « Cloud interne », personnalisĂ©e pour les besoins de lâEtat et opĂ©rĂ©e sur des
infrastructures dĂ©diĂ©es. La personnalisation comprend lâintĂ©gration du service de supervision de
sécurité de l'ANSSI ainsi que certains composants de France Connect Plateforme. Cette catégorie
permettra dâaccueillir des donnĂ©es, des traitements et des applications dâune sensibilitĂ© moindre,
mais nécessitant un certain niveau de pérennité.
âą catĂ©gorie « Cloud externe » : elle est constituĂ©e dâun catalogue dâoffres cloud computing externes
gĂ©nĂ©riques accessibles sur internet (notamment en Saas), portĂ© par des centrales dâachat comme
lâUGAP pour en faciliter la commande. Cette catĂ©gorie permettra de rendre Ă©ligible un plus grand
nombre dâoffres permettant dâaccueillir des donnĂ©es, des traitements et des applications peu
sensibles, et via ces offres de bĂ©nĂ©ficier de lâĂ©tat de lâart et des meilleures innovations dans le
domaine. Ces offres devront néanmoins répondre à des critÚres minimaux en termes de
fonctionnalitĂ©, de rĂ©versibilitĂ© et de sĂ©curitĂ© et pourront faire lâobjet de labĂ©lisations en fonction de leurs caractĂ©ristiques, notamment en matiĂšre de sĂ©curitĂ©.
En matiĂšre de sĂ©curitĂ©, les catĂ©gories « Cloud interne » et « Cloud dĂ©dié » devront respecter les exigences rĂ©glementaires gĂ©nĂ©riques et ĂȘtre conformes au rĂ©fĂ©rentiel SecNumCloud Essentiel1
. Par ailleurs, une rĂ©vision de la PSSIE au regard des nouveaux usages liĂ©s au cloud et de cette doctrine devra ĂȘtre menĂ©e.
LâĂ©laboration des rĂšgles et contraintes de sĂ©curitĂ© se fera de façon Ă Ă©quilibrer dâune part le besoin de protection des actifs numĂ©riques de lâEtat, dâautre part le besoin de dĂ©velopper lâusage grĂące Ă des services faciles Ă utiliser, performants, et Ă©conomiquement performants.
La mise en Ćuvre de cette stratĂ©gie hybride pour le cloud computing de lâEtat nĂ©cessite la mise en place :
âą dâune gouvernance interministĂ©rielle Ă organiser le travail interministĂ©riel, Ă©laborer progressivement
la doctrine dâutilisation des trois catĂ©gories en fonction des applications et des usages et pour dĂ©finir
les conditions dâintĂ©gration des applications externes ;
âą dâun accompagnement dĂ©diĂ© Ă lâusage du cloud computing pour en tirer tous les bĂ©nĂ©fices tant
financier que sur la mise en Ćuvre rapide de nouveaux services numĂ©riques innovants pour les
citoyens et les agents publics, transformant lâaction publique ;
âą dâun catalogue de services IaaS et PaaS portĂ© par des centrales dâachat comme lâUGAP pour le « cloud
externe » au plus tĂŽt (une offre SaaS existe dĂ©jĂ Ă lâUGAP)
âą dâun ou plusieurs supports juridiques pour le « cloud dĂ©dié » afin dâĂȘtre opĂ©rationnel courant
deuxiĂšme semestre 2019,
Lâensemble des offres des trois catĂ©gories a vocation Ă ĂȘtre ouvert aux collectivitĂ©s locales et aux Ă©tablissements publics volontaires en fonction de la politique dâusage dĂ©finie ci-dessus. Une politique tarifaire sera mise en place.
Le rĂ©fĂ©rentiel SecNumCloud en version Essentiel est le rĂ©fĂ©rentiel dâexigences utilisĂ© pour la qualification de prestataires de services dâinformatique en nuage
(Cf. https://www.ssi.gouv.fr/actualite/secnumcloud-la-nouvelle-reference-pour-les-prestataires-dinformatique-en-nuage-de-confiance/ ).

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