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: Controverses autour de la version 3 de la licence GPL

Posté par Thomas Petazzoni (page perso, ). Modéré le 26 septembre 2006.
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Alors que le processus de rédaction de la GPLv3 suit son cours, du coté des développeurs du noyau Linux des voix s'élèvent contre les modifications apportées dans cette GPLv3.

Linus Torvalds avait déjà exprimé ses doutes quant à cette nouvelle licence. Cette fois-ci, c'est un sondage informel auprès des 25-30 contributeurs au noyau Linux les plus actifs les 18 derniers mois qui indique que cet avis est partagé par d'autres : la moyenne et la médiane du vote indiquent que les développeurs du noyau considèrent que la GPLv3 est nettement moins bien que la GPLv2, sachant qu'aucun développeur n'a jugé positives les améliorations apportées par cette licence.

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Une petite équipe de contributeurs importants du noyau ont également signé un document intitulé The Dangers and Problems with GPLv3. Ce texte est en particulier signé par Dave Jones, mainteneur noyau chez Redhat, James Bottomley, mainteneur du sous-système SCSI, Andrew Morton, mainteneur de la très importante branche -mm, Greg Kroah-Hartmann, mainteneur des sous-systèmes PCI, USB, driver core et de nombreux pilotes, Trond Myklebust, mainteneur de NFS, Christophe Hellwig, important relecteur du code des systèmes de fichiers et de quelques autres encore. Rappelons toutefois que le noyau est sous GPLv2 seulement, et que passer en GPLv3 impliquerait de demander l'autorisation à tous les contributeurs du noyau, une tâche quasiment impossible. Le débat sur la GPLv3 ne concerne donc pas le noyau en lui-même.

Le document « The Dangers and Problems with GPLv3 » commence par expliquer en quoi la GPLv2 est une licence qui a permis la constitution d'un écosystème de contributeurs bénévoles et d'entreprises contribuant de manière positive au développement. Il indique également que la GPLv2, et notamment le fait qu'elle soit devenue la licence utilisée par un très grand nombre de projets de Logiciels Libres, a simplifié le travail des distributions : elle a permis d'éviter la prolifération de licences plus ou moins incompatibles.

Néanmoins, les développeurs formulent des reproches importants en ce qui concerne les trois principaux ajouts de la nouvelle version de la licence GPL : concernant la clause anti-DRM, concernant la clause permettant d'ajouter des restrictions particulières et personnalisées à la licence et concernant la clause anti-brevets. À propos des DRMs, ils précisent qu'ils n'apprécient guère l'utilisation des DRMs par les grandes entreprises de médias, mais que contrer ces DRMs ne doit pas pour autant nécessiter de restreindre les libertés d'utilisation d'un Logiciel Libre. Ils indiquent également que les multiples rédactions de cette clause, sans cesse remaniée pour préciser son champ, sont une indication qu'elle ne doit probablement pas être conservée dans la licence. À propos des restrictions particulières et personnalisées, les développeurs craignent que cela implique la profusion de licences dérivées de la GPL, plus ou moins incompatibles, rendant le travail des distributions beaucoup plus complexe et annulant ainsi un des effets intéressants de la GPLv2 : l'unité autour d'une unique licence. Enfin, concernant les brevets, ils craignent que la rédaction actuelle de la clause anti-brevets puisse menacer la totalité du port-folio des brevets d'une société dès lors que cette société publie un logiciel sous GPLv3.

Pour conclure, ils indiquent que ces « trois raisons, individuellement ou collectivement, sont suffisantes pour rejeter l'actuelle proposition de licence ». Ils précisent également que le brouillon actuel, auquel on aurait retiré ces trois éléments, ne présenterait plus vraiment d'intérêt par rapport à la GPLv2 actuelle.

Quelques jours plus tard, dans le même fil de discussion, Linus Torvalds poste un courrier électronique intitulé An ode to GPLv2, dans lequel il explique en quoi la GPLv2 lui paraît être une bonne licence. Il précise : « Ce post est une autre façon de voir la question de la GPLv3 : ne pas trop se préoccuper des raisons pour laquelle la GPLv3 est plus mauvaise, mais plutôt et de manière plus positive de "Pourquoi la GPLv2 est meilleure" ».

Enfin, hier, la FSF a publié une note GPLv3 : informations récentes et trompeuses, qui semble clairement répondre au texte des développeurs du noyau Linux. La note rappelle que la FSF n'a aucun pouvoir pour imposer la GPLv3 à quiconque et donne quelques explications sur les restrictions (ou l'absence de restrictions) apportées par la clause anti-DRM ainsi que sur la clause anti-brevets.

Le débat sur cette nouvelle version de la plus importante licence de Logiciels Libres est donc loin d'être terminé. Tout le monde peut d'ailleurs y participer, au travers du site gplv3.fsf.org.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Rigolos.

Posté par mobutu () le 26/09/2006 à 15:06. (lien). Évalué à 10.

Ils sont très drôles, ils se croient chez l'Open Source Initiative. Dudes, c'est la Free Software Foundation. La gpl v3 corrige les failles qui n'étaient pas prévues à la naissance de la v2 et qui n'auraient pas existé à grande échelle à l'époque. Elle a pour centre le droit de celui qui reçoit le logiciel, comme l'indique ce passage de la gpl v2 :

"To protect your rights, we need to make restrictions that forbid anyone to deny you these rights or to ask you to surrender the rights. These restrictions translate to certain responsibilities for you if you distribute copies of the software, or if you modify it.

For example, if you distribute copies of such a program, whether gratis or for a fee, you must give the recipients all the rights that you have. You must make sure that they, too, receive or can get the source code. And you must show them these terms so they know their rights. "

Les DRM dans le hardware, associé à du logiciel libre, peut devenir une violation du droit moral du point de vue de Richard Stallman. En ce sens, c'est normal que la gpl v3 concentre son combat sur ce sujet.

Plus intéressant, le point de vue de Luis Villa sur l'affaire :
http://tieguy.org/blog/2006/09/22/what-the-kernel-guys-are-a(...)
http://tieguy.org/blog/2006/09/22/what-the-kernel-guys-got-w(...)
What the kernel guys really seem to want is a GPL 2.1 which reflects their very pragmatic approach to open source- take, as long as you give back. Past that, do whatever. What the FSF- and particularly Richard- wants is a GPL which reflects the FSF’s long-term approach to free software, where patents and DRM are another restriction (like binary software) that could reduce freedoms. Nothing in GPL v3 is inconsistent with FSF’s very long-term mission- to increase what they see as Freedom.

La "balkanisation" annoncée n'est rien d'autre qu'une différence qui va se marquer encore plus profondément entre partisans de l'Open Source et partisans du Free Software.

[+] Je ne comprends pas ...

Posté par GPLorDIE () le 26/09/2006 à 15:27. (lien). Évalué à -3.

... le sens de cette phrase:


À propos des DRMs, ils précisent qu'ils n'apprécient guère l'utilisation des DRMs par les grandes entreprises de médias, mais que contrer ces DRMs ne doit pas pour autant nécessiter de restreindre les libertés d'utilisation d'un Logiciel Libre



Le DRM par nature restreind ma liberté d'utilisation des logiciels libres, au moins dans de très nombreux pays si ce n'est partout.

-Si un logiciel Libre lit un DRM sans en avoir légalement le droit je me met hors la loi et l'utilisant et le développeur risque vraiment gros. Par définition je n'ai pas la liberté de l'utiliser

Imaginons maintenant un LL hypothétique qui arrive à avoir l'autorisation légale de lire un DRM quelconque. J'ai donc accès au code source de ce logiciel vu qu'il est Libre. Je peux donc aller dans la fonction:


int is_this_user_or_computer_allowed_to_read_this_file(char* filename)


Et modifier tous les return FALSE; en return TRUE;

Ah mais oui mais non, car si je modifie le code de cette manière là je contourne le DRM, donc c'est illégal, donc je ne peux pas modifier le code source de ce logiciel comme je l'entend, donc il n'est pas libre.

Les pieds dans le plats

Posté par hervé Couvelard (Jabber id, page perso, ) le 26/09/2006 à 16:42. (lien). Évalué à 10.

C'est, posé au grand jour, la question entre pragmatisme et idéalisme.

Dois-je lutter pour ma liberté, coûte que coûte (même si cela ne me permet pas d'avoir d'effets 3D sur mon pc, même si cela ne me permet pas de lire les dvd trucmuch sur mon PC) ou dois-je diluer cette dernière dans un 'presque libre' [il faut remarquer que dans tous les trolls tournant autour de cela, ipod, pilotes binaires, ... les zélotes de ces accomodations deviennent vite agressifs car ils sont en situation de porte à faux entre leur volonté de libre et la situation qu'ils vivent.]
Attention : je ne porte pas de jugement sur ce qu'ils font avec LEUR ordinateur et LEUR os, ils sont LIBRE de décider.

C'est la lutte entre le technicien/ingénieur Linus (qui dit j'aime l'open source parce que cela permet un meilleur code) et un professeur RMS (qui dit j'aime le libre parce que je veux être libre). Aucune des deux positions n'est critiquable et les deux sont honorables.

Ensuite tout n'est qu'affirmation de SA propre vision du logiciel libre ou logiciel open source.

La question qui me turlupine, c'est pourquoi le noyau linux est sous gpl et pas sous BSD en fait. Parce que les devs ne veulent pas que l'on prennent leur travail pour en faire du proprio ?

Mais est-ce que le proprio open source est acceptable ?
Si oui, alors je comprends qu'ils "hurlent" sur la gpl V3. Si le proprio open source n'est pas acceptable, pourquoi ? parce que l'open source n'est pas suffisant et qu'il faut aussi du libre ? CQFD.

Si la FSF pour des raisons politiques (vision de la liberté) veut faire de la gpl V3, ce n'est pas pour faire ch* linus, c'est pour éviter que le logiciel libre ne laisse murrir en son sein, les outils de sa destruction.

Lorsqu'il ne sera plus permis de lire des dvd sous linux, MAIS que les fabriquants de matériels POMPERONT les softs libres, pour pas un rond, pour fabriquer des platines dvd avec DRM hard, ou avec les dvd rfid, les entreprises utiliseront le libre tout en le détruisant parce qu'elles gagneront sur les 2 tableaux : logiciels gratuits fait par les libristes et non concurrence avec les machines libres.

Tandis qu'en sachant qu'elle ne peuvent pas utiliser tel ou tel soft CAR elles implémentent des drms dans leur matériel peut les faire réfléchir. Nous assistons à un combat politique. La création de la gpl V3 permettrait de voir ce que les developpeur de logiciels préfèrent : les pragmatiques resteront en gpl v2, les politiques passeront en V3 et Dieu reconnaitra les siens.

La partie sur les brevets logiciels est du FUD :

il est dit que les entreprises qui ont un brevet qu'ils implémentent dans un logiciel, ne peuvent pas attaquer les utilisateurs, redistributeurs ou ceux qui l'améliore, à propos de ce brevet (ce qui peut sembler normal) [ en clair une société prend un LL, y met une technologie brevetée, attend que ce soit employé à large échelle et pif paf pouf, procès à tout le monde.

It simply says that if someone has a patent covering XYZ, and distributes a GPL-covered program to do XYZ, he can't sue the program's subsequent users, redistributors and improvers for doing XYZ with their own versions of that program.

Quelques liens supplémentaires

Posté par Thomas Petazzoni (page perso, ) le 26/09/2006 à 17:18. (lien). Évalué à 3.

http://www.groklaw.net/article.php?story=20060925204515114
http://kerneltrap.org/node/7160
http://kerneltrap.org/node/7161

[+] pffff la fsf est a linux ce que sont les critiques pour l'art .....

Posté par judicator () le 26/09/2006 à 22:54. (lien). Évalué à -6.

Interdire l'interdit ...... C'est a mentalité actuelle de la fsf.

Au lieu de proposer du nouveau, ils proposent d'interdire de l'exitant.

La GPLv3 ....... c'est l'assurance de ne jamais voir linux comme système d'exploitation suffisament viable pour l'utilisateur lambda.

Quand on retire et on ajoute rien, cela s'appelle revenir en arriere.

Et pour ceux qui diront que cette GPL va eviter des abus actuels .... je leurs ferais remarquer juste le grand exemple de la lecture des dvd sous linux ...... qui deviendra de fait doublement illegale (interdit par le dvd consorsium et par la GPLv3).

Linux n'es pas le systeme d'exploitation majoritaire ...... et le systeme d'exploitation majoritaire lui gere les DRM ......... il est absurde de croire qu'un utilisateur lambda va preferer linux a windows pour ces raisons la.

Un non initié va comprendre : Peux pas utiliser mon ipod (ou zune ou panatrucmuche), peux pas acheter ma musique en ligne sur virejean.fr ou finaque.com ;) ...... Meme si ils se gourent sur pleins de choses etc etc ils s'agit d'une bonne majorité d'utilisateurs que linux dois séduire au lieu de décevoir. et la gplv3 vas dans le second sens .... radicalisant l'usage de linux.

Trollons encore... GNU FDL 2.0 en préparation

Posté par Xavier Maillard (Jabber id, page perso, ) le 26/09/2006 à 23:19. (lien). Évalué à 6.

La FSF vient d'annoncer la publication du premier draft de la GNU FDL 2.0.

Debianneux, kernel developper, tous à vos claviers...

http://www.fsf.org/news/gfdl-dd1.html

Linus, ce put* de hippie!

Posté par case42 (page perso, ) le 27/09/2006 à 10:49. (lien). Évalué à 7.

Dans son eloge a la GPL v2, je trouve Linus un peu a cote de la plaque.

Quand il nous dit, et qu'il developpe sur 3 pages, que la GPL V2 'doesn't bother or talk about anything else than the very generic issue of "tit-for-tat"', il elude purement et simplement le vrai gros probleme qui semble-t-il a motive la redaction de la GPL v3 : sont apparus un certain nombre "d'attaques" (ou "workaround" suivant le point de vue) permettant a un acteur de se soustraire a la contrainte du "tit-for-tat".

Penser que la GPL v3 ne reponde pas de facon satisfaisante a ce probleme, c'est une position que je trouve tout a fait defendable. Mais continuer a dire que la GPL v2 est suffisante pour garantir le "donnant donnant", je ne suis pas (plus) d'accord (les exemples abondent), ou alors il faudra m'en donner la demonstration "juridique".

Si le savant fou constructeur de laser a requin remplit son linux-pour-laser-a-requin de DRM et de code brevete, que devient le "donnant donnant" ?

Je suis d'accord avec Linus quand il dit qu'une des forces de la GPL v2 est son cote generique, et qu'il reproche a la v3 de trop rentrer dans des details techniques qui la condamne de facto a etre rapidement perimee, mais c'est la un detail d'implementation, qui aurait justement pu etre resolu en participant a sa redaction/correction.

Linus a l'air de trouver acceptable que dans l'arbre global des variantes de linux, il y ai des branches mortes, ou des petits malins verouillent le code. Ca ne menace pas Linux dans son ensemble, mais c'est contre productif, contre l'esprit du donnant donnant, et surtout c'est injuste.

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