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Posté le 28 novembre 2005Pour un de nos clients basé en Alsace Lorraine, nous recherchons un ingénieur réseau/internet. Votre mission consiste à : -La mise en place du système ERP P2P (...)Sinon ils cherchent peut-être aussi un cuisinier spécialisé dans les reptiles pour faire un cookbook python, et si vous avez des dons de voyance pour pouvez postuler pour un poste d'expert Oracle :)
PS: si vous voulez la version complète, demandez à votre moteur de recherche préféré ...
> Lire le journal (6 commentaires, moyenne: 2,7).
Petit compte rendu: Colloque du numérique à Lyon
Posté le 28 novembre 2005Disclaimer usuel: tout ce qui est écrit ici est à m'imputer personnellement, et pas à l'organisation qui figure à coté de mon nom sur la feuille d'invitation...
Sur le lieu: malgré une architecture magnifique, les peintures, les lustres, on peut regretter le choix de la salle: difficile de voir quoique ce soit, sauf à mesurer 2 mètres, ou a être assis au premier rang, ce qui n'était pas mon cas (et je n'ai plus aucun espoir de grandir encore ... ;-) ). Une densité de chaise un peu trop importante rajoutait à l'inconfort. Un amphi aurait été bien plus agréable.
Sur l'organisation: rien (de négatif) à dire. bon accueil, ponctualité du programme et des intervenants, déroulement relativement dynamique. Pour info, la soirée était animée par Jean-Marc Sylvestre[3]. On peut critiquer (ou pas) l'opportunité de faire venir une tête connue pour animer cette soirée, mais je suis resté admiratif devant le professionnalisme dont il a fait preuve, toujours là pour relancer la machine quand le rythme s'essoufflait, il a bien tenu la salle, et au vu des performances de certains de ses voisins, c'est une performance à saluer. Mes applaudissements sincères. Dernier détail: le liquide à bulle servi pendant le buffet qui a suivi se laissait boire, ce qui ne gâche rien ;-)
Sur la forme: Plus que d'expliquer les entrailles technique des solutions collaboratives, l'objectif était de sensibiliser l'auditoire (cible visé: direction des PME/PMI) sur l'intérêt de la chose et sur les bénéfices à attendre de ce type d'outil. 4 intervenants se sont succédés sur l'estrade, pour nous présenter leur utilisation commentée des nouvelles technologies en rapport avec le thème de la conférence. Sur ces quatre conférences, trois étaient au mieux insipides, au pire carrément ennuyeuses, plein de banalités, avec peu d'informations réellement exploitables, ni sur les motivations, ni sur les avantages retirés, et encore moins sur les éventuels risques et inconvénients. Sans trop rentrer dans le détail, je donnerais juste une mention spéciale à la chef de projet de RVI, qui a réussi l'exploit de faire un bon 200% au business loto[4], sans _rien_ apprendre à l'auditoire. Heureusement, le dernier intervenant (Botanic[5] pour ne pas le citer) était réellement captivant, et valait bien le déplacement à lui tout seul. Entre chaque présentation, nous avons eu droit à une expérimentation que j'ai trouvé assez hasardeuse, avec un sondage en temps réel de l'auditoire via les téléphones mobiles. Les questions s'affichaient sur un écran géant (pas toujours lisible pour une bonne partie de la salle) et les réponses se faisait via un site wap et générait des graphes en temps réel sur le dit écran géant... bof bof ... pas bien compris l'intérêt, surtout que c'était au détriment des questions du public (et je pense qu'il y aurait eu des questions intéressantes, s'ils avaient tendu le micro à l'assistance)
Sur le contenu: (Remarque: j'ai réorganisé les infos distillées tout au long de la soirée dans un ordre plus ou moins logique). Parmi les point évoqués, j'ai noté en particulier:
- dans la rubrique « qu'est-ce que c'est et à quoi ça sert ?», nous avons eu une
explication des différentes publics potentiellement intéressés : les salariés, les fournisseurs, les clients « pros » et les clients « grand public », ainsi que les différents usages attachés à chacune de ces populations: partage d'information techniques, gestion de projets intra ou inter entreprises, gestion des connaissances, prise de commande, gestion ressources humaines, etc. etc.
- la principale difficulté ne réside pas dans la mise en place des outils, mais dans leur adoption par les utilisateurs. Il faut une volonté forte de la direction pour en « imposer » l'usage, de plus dans le cas des petites structures, l'impact sur le fonctionnement (et l'impact financier également) est tel qu'il est indispensable que le PDG soit pleinement impliqué ET convaincu (l'exemple du patron qui ne veut pas de PC sur son bureau m'est bien sûr venu à l'esprit). La nécessité d'une formation initiale _et_ d'une formation continue a été évoquée. (Dans le cas de Botanic, des formations en mode e-learning sont disponibles via l'intranet).
- Sur les bénéfices retirés, tous étaient d'accord pour parler de productivité, mais le seul à vraiment rentrer dans le détail a été Botanic, qui a expliqué par exemple que le fait d'avoir donné accès à une partie de leurs infos (comme les stocks) à leur fournisseurs a permis de réduire la durée des négociations. Que le fait d'avoir centralisé la gestion des RH permet de faire en quelques heures ce qui prenait plusieurs jours. Que dans leur cas les bénéfices en terme de « culture d'entreprise » ont été important, et que cela c'est traduit par un turn-over sensiblement plus faible. Que la formation des saisonniers a été facilitée par leur système d'e-learning, et qu'ils envisagent d'ailleurs de l'étendre à des formations sans rapport avec leur activité, mais en fonction des demandes de leurs salariées dans le cadre du DIF (droit individuel à la formation[6]). A la question de l'impact sur l'emploi, la plupart étaient dans leur petits souliers, et seul Botanic (encore lui) a eu une réponse convaincante, en expliquant que cela permettait de se libérer des tâches fastidieuses pour pouvoir se consacrer aux aspects plus « nobles » de l'activité. Et de citer les responsables RH, qui au lieu de passer leur temps à rédiger des contrats de travail, passent plus de temps à gérer les aspects « humains ».
Sur les difficulté rencontrées: seul Botanic a soulevé un point intéressant, en expliquant qu'un de leur problème récurrent était la disponibilité de connexions haut-débit en dehors des zones urbaines. Et que d'avoir des sites encore connectés en 56K était clairement un frein au déploiement de nouvelles fonctionnalités. Personnellement, j'aurais bien aimé que deux autres thèmes soit au moins évoqués, mais cela n'a pas été le cas:
- la barrière de la langue, qui est très sensible dès que l'on parle de relations à l'international, et qui conduit parfois à des abbérations, comme avoir deux collègues français, voisins de bureau, qui discutent en anglais sur l'intranet, « parce qu'il faut pouvoir partager l'info avec l'étranger »
- les formats de fichiers et l'interopérabilité. Le sujet a été survolé à la vitesse du son, mais il aurait mérité un peu plus d'attention, parce que c'est bien de vouloir automatiser, numériser, internétiser toutes les relations de société à société, ou de société à particulier, mais même sans rentrer dans le débat du logiciel libre, quid de la pérennité des données, et de la certitude que l'interlocuteur pourra relire les données transmises ?
[1] http://www.colloque-numerique.com/
[2] http://www.ene.fr/
[3] http://www.glamspeak.com/fiche.cfm?id=103498
[4] http://www.google.fr/search?q=business+loto
[5] http://www.botanic.com/
[6] http://www.droit-individuel-formation.fr/
> Lire le journal (3 commentaires, moyenne: 2).
Sarkozy et les nouvelles technologies ... suite
Posté le 07 novembre 2005http://www.google.fr/search?q=emeutes
et regardez ce qui sort en premier dans la colonne de gauche... :/
Comme je ne sais pas combien de temps ça va rester, j'ai fait une petite capture d'écran: http://olivier.guerrier.org/blog/images/ump-emeutes.png
Sans polémiquer sur la gestion du dossier par Sarkozy et les autres politiques, le principe me semble des plus discutable, enfin en tout cas à froid comme ça un lundi matin, ça me laisse le café en travers de la gorge...
PS: information vu sur IRC, la source serait l'April, mais j'ai pas de lien
> Lire le journal (66 commentaires, moyenne: 3).
Vidéo des JDLL à Lyon
Posté le 26 octobre 2005http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/
Il en manque encore quelques unes, ça devrait arriver d'ici la semaine prochaine. Et si ça ne suffisait pas à occuper votre longue soirée d'automne, on a également mis en ligne les vidéos des conférences de 2004:
http://www.aldil.org/agenda/journees/2004/
Là tout ce qui est disponible est en ligne... Ok, on n'a pas été super rapide pour 2004, mais ça s'est bien amélioré non ?
Et si vous avez encore quelques minutes, vous pourrez regarder les enregistrements des webcams (c'est de l'accéléré), making-of compris:
http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/webcam/
Et enfin, pour les plus curieux, il y a quelques bonus cachés que je vous laisse le loisir de chercher :-)
PS1: La question de la licence n'a pas encore tranché, ce sera indiqué sur le site dès que possible. Merci de ne pas créer de miroirs publics pour le moment, ça nous permettra aussi d'avoir quelques statistiques de téléchargement.
PS2: Oui, je sais ça fait 2 journaux publics en peu de temps, désolé pour celui que je pousse vers la deuxième page.
[1] http://linuxfr.org/2005/09/19/19593.html
[2] http://linuxfr.org/~guerrier/19638.html
> Lire le journal (9 commentaires, moyenne: 2,2).
2ème Carrefour des Possibles® Rhône-Alpes: un petit compte-rendu
Posté le 25 octobre 2005Je n'ai pas vérifié la totalité des infos livrées ici. Il s'agit principalement de ce que j'ai retenu des propos tenus par les orateurs, et de quelques très rapides recherches sur le net.
Tout d'abord, le contexte: Organisée dans l'enceinte du musée des beaux-arts de Lyon (classe...) uniquement sur inscription (avec vérification à l'entrée). Un public composé à 99,9% de décideurs. Un amphi de +/- 350 places. Dans le principe, ce sont des Lightning Talks de 6 minutes, avec la corne de brume à la fin, mais tous les orateurs ayant été respectueux du chronomètre, on ne l'aura entendu qu'une fois au tout début, en guise d'avertissement. Par contre, les présentations ont toutes été appuyées par des slides, ce qui présume une excellente préparation.(y compris de l'unique portable branché sur le videoprojecteur, visiblement pré chargé)
Un petit discours d'ouverture, et un retour rapide de deux conférenciers ayant présenté leur projet lors de l'édition précédente. Les retours n'ont pas été très clairs sur les bénéfices retirés, ça manquait un peu de préparation à mon humble avis.
Et maintenant, les 'projets' [3], par ordre de présentation:
* Compilatio.net
C'est un logiciel de recherche de similitudes sur Internet, fonctionnant en mode ASP[4]. Vous créez un compte (gratuit et limité, ou payant), vous transférez vos fichiers en différents formats sur le serveur, et celui-ci vous donne la probabilité que ce documents contienne du texte copié d'une ou plusieurs sources. En identifiant et en mettant en rapport les séquences de mots et leur provenance probable, le logiciel vous permet de déterminer s'il s'agit de citations, ou de copier-coller.
http://www.compilatio.net
* Woonoz
Un logiciel de création de fiches d'apprentissage et/ou de révision. Un logiciel propriétaire écrit en java permet de créer et d'utiliser des fiches de questions/réponses, et un site permet de mutualiser et partager ses fiches avec les autres utilisateurs. Le format des fichiers est propriétaire et non-documenté. Je trouve un peu dommage de ne pas avoir poussé le raisonnement communautaire à son terme: ils sont à la recherche de contributeurs (rédacteurs, modérateurs), mais l'approche 100% propriétaire ne m'a pas convaincu, d'autant que la question des droits d'auteurs des contributeurs sur leurs jeux de fiches demande à être creusée.
http://www.woonoz.com
* Ré-activ
Une web radio étudiante pour une audience lyonnaise. J'ai décroché quand j'ai compris que la totalité du site est écrite en flash, sans alternative html, même minimaliste. (même pas une page pour accéder aux flux, qui sont peut-être en wmv, j'ai pas vérifié ;-) )
http://reactiv.fr (attention!!! 100% flash inside)
* P-mail
Une solution 100% logiciel libre pour gérer une messagerie au niveau d'une collectivité locale pour proposer des adresses mails aux administrés ( du genre prenom.nom@maville.net ) C'est un ensemble de logiciels libres, packagé pour un déploiement « facile ». C'est un produit d'appel pour alinto (la société derrière) qui propose des services associés mais c'est librement téléchargeable et utilisable.
http://www.p-mail.org http://www.alinto.net
* Japro
Un site internet permettant de mettre en rapport des étudiants ou des jeunes en orientation professionnelle avec des entreprises. L'objectif est de faciliter les rencontres avec des professionnels sur leur lieu de travail. Financé par des collectivité locales, gratuit pour les utilisateurs et les entreprises volontaires.
http://www.japro.org
* Intradot
Intradot est un éditeur qui propose une solution serveur toute en un pour les PME. Basé sur un noyau Linux et sur des briques libres permettant d'assurer les services attendus (firewall, mail, backup antivirus, serveur de fichiers, etc...) le tout administré par une interface web maison (qui a priori n'est pas libre) Intradot s'appuie sur un réseau de revendeurs et ne vise pas le client final.
http://www.intradot.com
* Appétit-Clic
Un site de commande de repas en ligne, ciblée sur les déjeuner sur le lieu de travail. Avec des menus appétissant, mais intervient uniquement sur Lyon.
http://www.appetitclic.com
* Esker
Là j'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre ce que faisait ce poids lourd au milieu des autres présentations. Nous avons eu droit à une belle performance de l'orateur, venu nous présenter sa solution de spa^Wpublipostage (bon d'accord, en plus du spaW^mail en masse, on peut aussi faire du sp^Wfax en masse, et même du sp^Wcourrier postal en masse... comment ça je suis méchant ?)
http://www.esker.fr
* Laclasse.com
Un projet éducatif proposé par Erasme (Établissement de Recherche pour l'Accès au Savoir par le Multimédia et l'Expérimentation) permettant de mettre en relation des enseignants, des artistes de différentes provenances (musiciens, photographe, dessinateurs de BD, etc..) et des élèves. La présentation était intéressante, mais à voir les démos, ça respirait les technologies propriétaires (à vérifier)
http://www.laclasse.com http://www.erasme.org
* Ghanni
La démo la plus « fun » de la soirée... c'est une solution de création de playlist dynamique, par analyse de vos choix: en partant d'une base de fichiers audio connue (genre vos 10000 mp3 (oui je sais... mais le monsieur il a bien dit mp3, pas ogg, donc je sais pas si ça marche)) le programme calcule la 'distance' entre tous les fichiers, et après vous avoir soumis une sélection purement aléatoire, que vous zapperez ou écouterez suivant vos goûts musicaux, le programme vous propose une sélection de plus en plus proche de vos sélections précédentes. Je suis pas sûr d'avoir été clair, alors un cas concret: vous zappez systématiquement les morceaux de hard-rock et vous écoutez systématiquement les morceaux de reggae, alors très vite, le système ne vous propose plus que du reggae... la démo était assez bluffante, même si l'orateur avait des goûts de chiotte :-) ... je serais curieux de voir ça fonctionner en vrai.
http://www.ghanni.com (ne marche pas à l'heure où j'écris ces lignes)
Je me suis eclipsé pendant le discours de cloture, une mauvaise habitude nicotinique m'appelant à l'extérieur... l'avantage c'est qu'on fait plein de rencontres intéressantes entre toxico^Wintoxiqués...
La soirée s'est ensuite prolongée sur un buffet et un hall d'exposition, où chaque orateur tenait un stand afin de permettre aux spectateurs intéressés d'appronfondir les sujets abordés.
Quehoua ?!! ça fait plus de 3h que je suis sur ce $*%# de billet ? bon, il va falloir aller au dodo, la journée de demain va être terrible :-/ J'espère que vous aurez passé un bon moment à lire ce billet, et que vous allez troller comme des fous sur l'un ou l'autre des sujets ci-dessus. En tout cas, j'ai passé une excellente soirée à ces « Carrefour des Possibles® » (j'adore le ® ;-) ) et merci aux organisateurs (et j'espère qu'ils me réinviteront malgré (à cause de?) ce billet). Je n'aurais qu'un souhait pour les prochaines éditions: que le nombre de projets libres (ou autour du libre) soit encore plus important. Ça ne tient qu'à [v|n]ous: sur la page [1], il y a un lien « Proposer un projet d'usage innovant » ... à bon entendeur ... bonne (fin de) nuit.
[1] Un extrait de http://www.carrefourdespossibles.org : « Le Carrefour des Possibles® met en valeur des innovateurs proposant de nouveaux usages des technologies de l'information et de la communication (TIC). Il a aussi pour but de faciliter la mise en relation avec des partenaires et un public d'utilisateurs potentiels. »
[2] Je précise à toute fin utile que les propos, commentaires, critiques constructives et autres remarques éventuellement désobligeantes de ce billet sont à m'imputer personnellement, et pas à l'entité qui figure à coté de mon nom sur la feuille d'inscription ... ;-)
[3] Je garde l'intitulé 'officiel', mais la totalité des présentation portaient sur des solutions opérationnelles, déjà en production. Il ne s'agit donc plus uniquement de 'projets'
[4] Application Service Provider, qui peut être traduit par Fournisseur d'Application Hébergées (FAH)
> Lire le journal (8 commentaires, moyenne: 2,3).
14 et 15 octobre à Lyon, JDLL, Opensource Café et Breezy party
Posté le 08 octobre 2005* Le vendredi 14:
- à 8H45, c'est l'ouverture des 7èmes journées du logiciel libre[1]. Oui je sais qu'on en a déjà parlé[2], mais un petit rappel ne saurait faire de mal ;) Pour ceux qui viendront nous rendre visite, je reviens sur la key signing party[3] et sur la possibilité de se faire établir des clés ssl signées par cacert[4] (bien lire le mode d'emploi ;) ).
- en soirée, un repas est organisé pour continuer sur la lancée des jdll (plus de renseignement et formulaire d'inscription en ligne pour les repas sur le site de l'Aldil[1])
- À noter qu'à priori la breezy party devrait se tenir au même endroit que le repas des journées du libre, suivre le wiki[5] pour savoir si c'est maintenu.
* Le samedi 15:
- Dès 8H45, on repart pour la deuxième journée des jdll.
- à partir de 18h: l'inauguration de l'OpenSource Café:
premier cybercafé entièrement dédié à l’informatique libre. Outre la nourriture spirituelle et informatique, le café, qui ouvrira ses portes le 15 octobre, vous propose une gamme de 26 sirops artisanaux au prix d’un euro et onze jus de fruits.C'est au 126 rue Sébastien Gryphe, Lyon 7. C'est à deux pas du restaurant où nous organisons le repas de clôture des jdll, il sera donc facile pour ceux qui le souhaitent de cumuler les deux événements.
Jouissant d’un espace de 130m² sur deux niveaux, l’OpenSource Café offre 12 ordinateurs dans deux salles séparées par un espace détente. Chaque ordinateur est équipé de Linux.
- et dans la foulée, le repas de clôture des jdll (petite santé s'abstenir)
* Dimanche 16:
- Euh, non rien en fait, d'abord j'ai dit 'deux jours', et pour ceux qui auront suivi ce programme c'est repos bien mérité...
* Et pour ceux qui ne pourrons pas venir nous voir (ou qui auront trop mal à la tête le samedi matin), nous avons prévu de mettre en place un stream peercast pour suivre les conférences du grand amphithéatre. Les infos de connections seront mises sur le site[1] après validation des tests techniques (mercredi). Deux webcams[6] permettront aussi de suivre l'ambiance autour des stands.
[1] http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/(...)
[2] http://linuxfr.org/2005/09/19/19593.html(...)
[3] http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/signatures-pgp.html(...)
[4] http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/signatures-cacert.html(...)
[5] http://wiki.ubuntu-fr.org/evenements/breezy_party/lyon(...)
[6] http://www.aldil.org/agenda/journees/2005/webcam/(...)
> Lire le journal (0 commentaire).
Merci Eolas !
Posté le 03 octobre 2005Même si ce rebondissement ne me fera pas changer d'avis (que j'ai déjà mauvais) sur les brevets logiciels, j'ai envie (de façon un peu provocante je l'admets), de dire: Merci Eolas ! Pourquoi ? Parce que:
- Merci de montrer que même l'entreprise la plus riche du secteur n'est pas à l'abri des brevets. Ça permettra peut-être à tous ceux qui pensent pouvoir faire jouer leur portefeuille de "brevets défensifs" de réaliser leur erreur.
- Merci de s'être attaqué en premier à un logiciel propriétaire (et célèbre). Même si je suis conscient que les autres sont sur la liste, au moins la première victime est suffisamment connue pour que l'affaire fasse du bruit, et ça permettra de faire parler des brevets logiciels ailleurs que dans les cercles d'initiés. Tous les médias qui ont ignorés l'affaire jusqu'ici vont j'en suis presque sûr nous mettre du "brevet logiciel" à toute les sauces. La cible aurait été un logiciel libre, qu'il serait mort dans son coin.
- Merci d'appuyer sa démarche sur un concept trivial et répandu (le plugin), que même les journalistes de télé vont arriver à (plus ou moins bien) comprendre. Ce "brevet logiciel" illustre assez bien d'après moi les absurdités acceptées par les différents bureaux des brevets, même si il y bien pire.
- {label1:} Merci à Eolas d'être une société reconnue pour son innovation continue dans le monde du logiciel {if (moi_pas_comprendre_2nd_degré) then goto label1;}. Ce serait un éditeur connu qui attaquerait, il aurait beau jeu de dire (à tort ou à raison) qu'il investit des sommes folles en R&D et qu'il est normal de se protéger, là au moins les choses sont claires: Eolas est une pompe à fric, dont la seule l'énergie vient uniquement de l'existence des "brevets logiciels"
- Et Merci de n'avoir enregistré ce brevet qu'aux US, même si c'est accessoire pour le moment.
[1] http://solutions.journaldunet.com/0510/051003_microsoft_eolas.shtml(...)
[2] http://www.uspto.gov/(...)
> Lire le journal (34 commentaires, moyenne: 5,1).
Sarkocratie et Niconet
Posté le 26 septembre 2005Ce soir, le président Sarko nous a livré une roadmap pour empêcher les terroristes de détruire notre belle démocratie. J'avoue avoir été dans l'impossibilité de tout suivre en continu, mais la dépêche d'AP[1] nous donne quand même les grandes lignes de ce beau programme.
Je ne reprendrais que certains points, vous laissant le loisir d'aller découvrir les autres, ou d'attendre tout simplement de les voir 'en vrai'.
- Sur l'intérêt de la videosurveillance: c'est clair que c'est pratique pour arrêter les coupables, mais il faut quand même attendre que la bombe explose pour pouvoir faire [retour-arrière][stop][play][ralenti][pause][copie-écran]... ça rassurera le toujours le péquin de savoir que si il explose dans un bus, ce sera sous le regard bienveillant d'une caméra de surveillance. Avec un peu de chance, on pourra aussi dresser automatiquement la liste de ceux qui jouent à touche-pipi dans le métro, et dans un avenir pas si lointain, lister aussi ceux qui ont un rictus dédaigneux en lisant le canard enchaîné (mais ça c'est de la science-fiction diront certains)
- Sur le flicage des entrées et sorties du territoire, c'est clair que l'Irak et l'Afghanistan étant des destinations régulièrement desservies par tout un tas de lignes régulières générant un énorme trafic passager, il fallait un système informatique pour trier ceux qui vont faire du tourisme de ceux partis parfaire leurs connaissance des méthodes de guérilla... bien sûr... Par contre, le dentiste qui collectionne les Miles en allant régulièrement rendre visite à son banquier dans un pays ad-hoc ne devra pas s'étonner de recevoir la visite d'une certaine administration.
- Les cybercafés étant des repaires de terroristes, il faut donc leur imposer un système de log qui sera au mieux inexploitable, au pire inapplicable. Mais heureusement, les terroristes ne savent pas encore se servir des outils de cryptographie, ni qu'il existe des faux-papiers (que le gérant du cybercafé devra être en mesure d'identifier au premier coup d'oeil pour la bonne marche du système). Et je vous dis pas le massacre le jour où un terroriste va s'acheter sa première carte wifi...
Et pour finir, quand on entend Sarko nous dire que "les cibles désignées sont des démocraties", on se dit qu'effectivement, le raisonnement se tient: si les cibles sont les démocraties, transformons nous en dictature, nous ne serons donc plus une cible, CQFD. Mais est-ce si sûr ? On peut aussi se dire que si l'objectif de ceux d'en face est de détruire la démocratie, ce sera chose presque faite, puisque nous l'aurons sabordée nous même...
[1] http://fr.news.yahoo.com/050926/5/4lrkw.html(...)
> Lire le journal (89 commentaires, moyenne: 4).
Microsoft cherche partenaire "libre" pour comparer Linux et Windows
Posté le 26 août 2005L'éditeur américain tente de convaincre l’OSDL, principal consortium de promotion des OS GNU/ Linux, de cofinancer des études comparant Windows et l'OS libre. Les tests seraient confiés à une société indépendante.
Sur le principe, je n'ai pas d'avis particulier, ne comprenant pas bien comment on peut 'comparer' Windows et GNU/Linux. Un benchmark LAMP vs WAMP serait bien plus parlant.
Après, comme tout benchmark ça ne vaut que ce que l'on est prêt à croire ...
J'aurais à choisir pour l'OSDL, je refuserais. Linux n'a rien à gagner d'un benchmark 'officiel'. Au mieux le bench dit que Linux est meilleur, et ça ira dans le sens du courant actuel, donc aucun apport pour Linux. Au pire le bench dit que Windows est meilleur, et c'est Microsoft qui fait une bonne affaire. "Microsoft c'est mieux, certifié par OSDL" :/
Dans cette affaire, Microsoft n'a rien à perdre, et Linux rien à gagner.
Le lien vers l'article: http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39257133,00.(...)
> Lire le journal (53 commentaires, moyenne: 3,1).
Le .xxx, ou comment prendre un problème par le mauvais bout...
Posté le 19 août 2005De mon point de vue, la décision de créer ce TLD est stupide, même si la motivation est honorable, et la décision de suspendre sa création est bonne, même si les motivations avancées sont encore plus stupides... (comprenne qui pourra, mais j'argumente plus bas)
Le suffixe .xxx pour les sites web à caractère pornographique, c'est un sujet qui traîne sur internet depuis la nuit des temps numériques. Google m'a retrouvé un fil de discussion daté de 1997, mais il y certainement plus vieux encore[4].
L'objectif affiché est assez clair, identifier de façon simple les sites diffusant un contenu à caractère pornographique, mais la réalité est bien plus complexe (D'abord qu'est-ce qu'un contenu pornographique ? C'est un critère subjectif, fonction de vos références culturelles et/ou religieuses.)
Pour moi, ce TLD est juste une nouvelle pompe à fric qui ne demande qu'a être amorcée.
Si il y vraiment une volonté de certains sites web de faciliter le filtrage de ce genre de contenu, rien de plus simple, il leur suffit de créer un sous domaine xxx.monsite.tld et d'y stocker leur contenu litigieux, comme ça se pratique déjà pour les ads.monsite.tld. L'avantage, c'est que c'est transposable à tous les noms de domaine déjà enregistrés.
Dans tout les cas, le principal problème resterait quand même l'adoption d'un tel système, et comme je pense que la plupart des sites 'xxx' n'ont pas envie d'être filtré (au contraire, faut pouvoir être consulté depuis le lieu de travail quand même...) les système de filtrage classiques ont encore de beaux jours devant eux.
[1] http://www.icmregistry.com(...)
[2] http://www.theregister.co.uk/2005/08/16/smut_tld_delayed/(...)
[3] http://news.tf1.fr/news/multimedia/0,,3238026,00.html(...)
[4] http://www.gtld-mou.org/notice-97-02/0027.html(...)
> Lire le journal (8 commentaires, moyenne: 5,5).
Vous avez dit sécurité ?
Posté le 02 juillet 2005On peut (pouvait?) donc espérer que les mesures prises s(er)ont à la hauteur des enjeux que les initiateurs de ces projets se sont eux-même fixés: une sécurité infaillible.
Les anglais, avec la prochaine mise en place de leur système de visas biométriques nous ouvrent la voie, et c'est avec une stupeur non dissimulé que l'on apprend qu'une des première décision envisagée est d'externaliser la gestion de ces visas.
On pourrait se dire que ce n'est pas si grave, que de toute façon il faut bien qu'une société spécialisée prenne les choses en main, etc. etc. Mais le summun est atteint quand on sait que les sites envisagés sont Mubai(ex Bombay), Delhi, et Islamabad...
Pour éviter d'être envahis de "maichants" terroristes, les anglais vont donc remettre les clés du royaume à des "extras" basés justement dans un des pays soupçonné (d'être malgré ?) lui une base arrière du terrorisme...
Alors, rassurés ?
http://www.theregister.co.uk/2005/06/27/bio_visa_check_outsource/(...)
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Le Parlement européen dépose de nouveaux amendements sur les brevets logiciels
Posté le 01 juillet 2005/Bruxelles, le 1er juillet 2005 -- Des membres de tous les bords de l'échiquier politique manifestent leur soutien à 21 nouveaux amendements à la directive européenne sur les brevets logiciels. Ces amendements ont pour effet principal de laisser la porte ouverte aux tribunaux qui souhaitent empêcher les pires catastrophes d'arriver. Néanmoins, s'ils sont acceptés, cela pourra être considéré comme une victoire étant donné l'énorme pression insistant pour donner un blanc seing à une brevetabilité illimitée. Tous les yeux se tournent désormais sur le vote en seconde lecture, prévu se tenir le 6 juillet./
Le lien vers la dépêche complète http://www.ffii.fr/article174.html(...)
Je ne suis pas sûr de bien comprendre le passage que j'ai mis en évidence. Pour ma part j'ai un peu peur que si certains de ces amendements sont acceptés, les pro-brevets puissent faire passer plus facilement le gros du projet, vu que certains des opposants "mous" pourront se alors retrancher derrière le terrain "cédé". M'enfin, qui vivra verra...
Mon passage préféré reste celui-là:
Dans une note relative à ces amendements, l’initiative Economic-Majority.com (majorité économique) contre les brevets logiciels annonce avoir presque doublé ses effectifs depuis son lancement officiel lundi dernier. La plate-forme représente maintenant plus de 1 600 entreprises, employant plus de 29 000 personnes et avec un chiffre d’affaires de plus de 3,188 milliards d’euros, de nouvelles sociétés grossissant quotidiennement leurs rangs. Le site web présente également déjà 66 témoignages personnels dans lesquels des dirigeants d’entreprises expliquent comment les brevets logiciels affecteraient leur entreprise.
Il ne reste plus qu'à croiser les doigts (et serrer les fesses).
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Connerie Inside (tm)
Posté le 29 juin 2005En effet, il semblerai qu'Intel s'en prenne à tous ceux qui utilisent le mot inside en suffixe. D'après eux, ça ressemble trop à leur marque déposée "Intel Inside". Et peu importe que le secteur d'activité soit à l'autre bout du spectre, pour eux c'est du parasitisme !
Après avoir forcé la main à FotoInside[1] pour qu'ils changent leur nom en FotoInsight ils s'en prennent maintenant à Yoga Inside[2].
C'est délirant...
Vu ici: http://fr.news.yahoo.com/050629/308/4heaa.html(...)
[1] http://www.fotoinside.com(...)
[2] http://www.yogainside.org(...)
mais à priori le nom de domaine à déjà été résilié, puisqu'on arrive sur la page d'un vautour du web. Par il a bien été utilisé, on en trouve trace ici: http://www.yogasite.com/yoga-orgs.html(...)
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Petite et grandes erreurs informatiques
Posté le 28 juin 2005
250 millions de dollars d'actions achetées par erreur
TAIPEI (Reuters) - Une employée d'une société de Bourse taiwanaise a acheté par erreur pour 7,9 milliards de dollars taiwanais (250 millions de dollars) d'actions du fait d'une mauvaise manipulation informatique.
L'opératrice, employée par Fubon Securities, a mal saisi un ordre ...
Ce serait presque risible, mais ce qui me retient c'est d'imaginer que ce ce n'est pas forcément mieux dans des secteurs où les conséquences sont potentiellement plus graves, genre contrôle aérien, nucléaire... Il disent dans l'article que ça a coûté sa place à l'opératrice, mais est-elle la seule responsable ?
La source: http://fr.news.yahoo.com/050628/290/4hbeq.html(...)
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Espionnage chez Valéo: Info ou Intox ?
Posté le 20 juin 2005Sans vouloir préjuger des faits réels, les informations que nous donnent les différents médias traitant du sujet sont quand même un beau ramassis de contradictions en tout genre. J'espère et pour elle et pour Valéo que le travail des enquêteurs aura été fait correctement, et qu'elle ne sera pas jugé sur des affirmations gratuites ou une 'certaine interprétation' de l'informatique en entreprise, mais bien sur des faits avérés.
Cette affaire m'a en tout cas l'air bien partie pour tester de nouveau la capacité de la justice à traiter correctement des questions Informatiques...
Sur le fond (enfin ce que nous en disent les médias):
- Qui est-elle ?
Originaire de la ville de Wuhan, (fief de l'automobile chinois nous apprend on, comme si son lieu de naissance avait un rapport), étudiante à l'université de technologie de Compiègne (Oise).
Pour les médias, elle est est:
"bardée de diplômes notamment en mathématiques, en mécanique des fluides ainsi qu'en physique appliquée", "Brillante", d'une "exceptionnelle compétence", alle aurait "appris le français en trois mois", selon la même source, et parlait déjà l'allemand, l'espagnol, l'anglais et un peu l'arabe. En bref, on a retrouvé la fille d'Einstein.
Pour le directeur des études de l'UTC, la réalité est différente: "Quand on nous dit qu'elle est spécialiste de mathématiques, de mécanique des fluides ou de physique appliquée, il faut savoir que c'est le cursus de base de tout élève ingénieur de France, d'Europe ou du monde ! Comme partout, dans notre école, nous fonctionnons par unités de valeur (UV). Des matières parfois étudiées le temps d'un semestre. Lorsque vous obtenez une UV, ce n'est pas un diplôme, sinon, à la fin de l'école, vous auriez 40 diplômes !" et plus loin "le seul diplôme que l'étudiante a acquis, c'est le bac chinois. Aujourd'hui, elle n'est qu'au début de la quatrième année d'une école d'ingénieurs qui se fait en cinq ans. Au mieux, elle sera donc diplômée dans deux ans"
Faites le tri ...
- Que lui reproche t'on ?
D'avoir été en possession de documents informatiques sans rapport avec le sujet de son stage. Cette partie semble acquise puisqu'elle aurait "admis avoir chargé un maximum de fichiers pour ensuite faire le tri chez elle en vue d'alimenter son rapport de stage".
Par contre, sur la méthode utilisée pour récupérer les documents, les informations des médias divergent. Pour les uns, on lui reproche juste de les avoir copiés sur son portable alors que dixit le PDG "Il y a chez Valeo une règle extrêmement stricte, c'est que l'information sur laquelle on travaille doit être au poste de travail officiel et non pas sur un ordinateur portable que l'on puisse sortir du groupe". Pour les autres, "elle avait réussi à déjouer le système de défense informatique de l'entreprise qu'elle avait piraté", Sachant que pour son directeur des études son niveau en informatique est "très moyen". D'ailleurs nous dit-on, "Pas plus tard que le semestre dernier, elle a raté une UV importante."
Bon après, on peut toujours s'interroger sur la nature de l'uv importante en question, et sur ce que les médias appellent "déjouer le système de défense", c'est peut-être juste parce qu'elle a réussi à monter un partage smb sans demander l'aide de la ligne chaude...
- Quel genre de document à t'elle bien pu copier ?
Son directeur nous dit "plutôt que de copier certains fichiers, elle a pris tout le disque dur. Or, dans la masse, il y avait des fichiers d'anciens stagiaires qui étaient considérés comme confidentiels par l'entreprise." et le PDG de rajouter "qu'il n'avait pas connaissance que les données concernées soient des informations à haut risque." Et, "s'il vous plaît, n'employons pas le terme d'espionnage industriel", a-t-il demandé en réponse à une question d'un actionnaire.
Alors quoi ? on lui reprocherait donc juste d'avoir copier les rapports des stagiaires passés avant elle ? Eh ben il va y en avoir du stagiaire inquiet dans les chaumières...
Mais moi, ce qui me fait le plus 'bondir' c'est comment tout cela à démarrer. Pour une histoire de ce genre on pourrait s'attendre à ce qu'un barbu quelconque (même un barbu MSCE) ait détecté une activité suspecte dans un fichier de log ou autre dispositif de sécurité ? Eh bien non, "elle a attiré l'attention d'un des cadres de l'entreprise qui la voyait souvent se promener avec son ordinateur portable". Pitoyable ...
Tout ce qu'il faut souhaiter maintenant, c'est que la justice fasse son travail en toute impartialité, mais je serais à sa place, je serais vraiment très très inquiet, ne serait-ce que parce que réalité ou fiction, Valéo fera difficilement marche arrière sur ses accusations, de peur du ridicule.
Pour résumer mon sentiment, même si en relisant je me rends bien compte qu'il apparaît clairement, j'ai quand même du mal à y croire au vu des éléments actuels. J'ai le sentiment qu'elle aurait été 'du cru' que personne se serait venu l'embêter parce qu'elle a copié les rapports des stagiaires précédents.
Quelques liens:
http://fr.biz.yahoo.com/050620/202/4gy5u.html(...)
http://www.lci.fr/news/france/0,,3216879-VU5WX0lEIDUy,00.html(...)
http://www.lci.fr/news/france/0,,3218233-VU5WX0lEIDUy,00.html(...)
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Plugin LinuxFR pour DotClear
Posté le 19 juin 2005L'origine du texte est clairement signalé par un lien vers la page du journal, ajouté automatiquement lors de l'importation.
Les commentaires sont eux aussi importés dans la base de DotClear. Et ils sont synchronisés lors de l'ajout de nouveaux commentaires sur linuxfr. A ce sujet, je me suis d'ailleurs interrogé sur la 'moralité' de cette recopie. J'en suis arrivé à la conclusion que si on poste ou commente sur un site à grande audience comme linuxfr, c'est pour être lu par le plus grand nombre, et que dans cette optique la reprise sur un site perso avec une audience forcèment plus limité ne devrait pas poser de problème aux auteurs. D'autant plus que la source de ces commentaires est clairement indiquée par un lien vers la page du compte linuxfr de l'auteur. Si vous avez un avis différent, je suis à l'écoute.
Une fois l'importation effectuée, les éléments ajoutés se gèrent de façon tout à fait classique via l'interface de DotClear, et il est possible de déplacer/éditer un billet sans casser la synchronisation.
Quelques liens:
Le site de DotClear:
http://www.dotclear.net/(...)
La page du plugin dans le forum DotClear:
http://www.dotclear.net/forum/viewtopic.php?id=10515(...)
(à utiliser de préférence pour tout ce qui est bugreport)
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Filtrage sur Internet, les juges demandent l'impossible ?
Posté le 14 juin 2005pour ceux qui aurait raté cet épisode, la justice vient de donner raison à un groupe d'associations qui ont porté plainte pour empêcher l'accès à un site Internet hébergé à l'étranger, mais diffusant des textes illégaux en France.
Suite à cette décision de justice, les FAI vont donc devoir « mettre en ½uvre toutes mesures propres à interrompre l"accès à partir du territoire français », du site Internet en question.
Je voudrais pour la suite, faire abstraction du thème du site visé, (il y d'autres endroit mieux adaptés pour en parler) et rester concentré sur les conséquences pratiques cette décision.
D'un point de vue technique d'abord. La mise en pratique va être des plus difficile, et pour une efficacité proche de zéro à mon avis.
Pour interdire l'accès à un site, il n'y a pas énormément de solutions, et aucune n'est réaliste dans l'Internet d'aujourd'hui:
1/ Filtrer les urls, ça voudrait dire (r)établir un proxy transparent, et j'ai du mal à imaginer la machine (le cluster) qu'il faudrait à Free pour absorber la bande passante des centaines de milliers d'abonnées ADSL, et c'est vrai pour les autres aussi.
2/ Filtrer les IP, techniquement faisable, mais ça voudrait dire blacklister aussi quantité d'autres sites qui n'ont rien demandés et qui pourrait donc légitimement se plaindre du sort qui leur est réservés. Imaginons que le site soit herbergé sur un équivalent des pages perso de Free, ça voudrait dire des milliers de comptes bloqués.
3/ Le DNS, faisable également, mais c'est contournable en 2 coups de cuillère à pot, en changeant les DNS du provider pour d'autres (et il y en a beaucoup accessibles librement). Pour rendre cette solution efficace, il faudrait alors également interdire le traffic DNS. On se retrouverait alors avec un accès Internet bridé à la AOL
Je suis curieux de voir la solution qui sera retenue. En attendant, il peuvent toujours demander conseil aux FAI chinois qui sont certainement rompus à ces techniques.
D'un point de vue plus général, la brêche qui vient d'être ouverte risque d'amener du tout et du n'importe quoi devant les tribunaux.
et les demande de filtrage vont fleurir pour un oui ou pour un non.
Les éditeurs vont demander le filtrage des concurrents avec qui ils sont en procès (Microsoft vs Lindows par exemple). Les sociétés d'ayant droits (sacem, mpaa & Co) vont demander le filtrage de tous les sites en divx.tld ou mp3.tld. etc. etc.
Et même mieux, à partir du moment où le filtrage est reconnu par la justice, on peut même imaginer que les FAI puisse bloquer les sites de leurs concurrents, histoire de bien verrouiller leur clients, par exemple en rendant impossible la connexion à adsl.free.fr depuis wanadoo (il sera toujours possible de dire que c'est un 'effet de bord' d'un autre filtrage...), et on peut imaginer plein de variations encore... mais rien de toute façon, rien de bon pour l'Internet en perspective...
Quelques liens:
http://fr.news.yahoo.com/050613/44/4glte.html(...)
http://fr.news.yahoo.com/050614/308/4gmgm.html(...)
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Transcription commentée de l'émission 8-FI sur les logiciels libres
Posté le 17 mai 2005j'ai regardé l'émission et j'en suis sorti avec un sentiment mitigé. J'ai voulu réagir dans les commentaires, mais vu l'ampleur que ça prenait et la difficulté à faire correspondre mes impressions avec tel ou tel passage de la vidéo, je me suis dis que le mieux serait de retranscrire la totalité des dialogues de l'émission, et d'y ajouter mes commentaires. De plus ça servira à d'autres qui auraient aussi des commentaires sur le contenu de l'émission.
Je n'ai pas transcris le début (sur les crackers) et la fin (sur wikipédia). Je me suis concentré sur la partie parlant des logiciels libres.
J'ai fait attention à ne pas écorcher les propos des participants, en conservant les tournures orales, ce qui donne pas mal de phrases un peu biscornues et de répétitions. L'orthographe et grammaire ne sont pas parfaite, mais j'ai déjà passé plus de temps que ne j'aurais voulu sur la transcription... Il y a probablement quelques erreurs ou omission; n'y voyez aucune malice, c'est juste que je commence à fatiguer.
Pour résumer mon sentiment: sur le fond je suis content qu'une émission soit consacrée presque exclusivement aux logiciels libres, et je ne boude pas mon plaisir, par contre j'ai trouvé que certains propos n'ont pas eu la réponse qu'il aurait fallu, mais autant ça peut paraître évident en le lisant, autant ça l'est certainement moins en direct sur un plateau télé... Le format de l'émission était parfois largement améliorable, enfin... c'est le but de ce journal que de vous faire part de mes remarques. Attention c'est assez long ;)
La vidéo pour ceux qui veulent le son et l'image:
http://www.infos-du-net.com/~lissyx/divers/direct8_logiciels_libres(...)
Et le torrent:
http://www.plurali.net/direct8_logiciels_libres.avi.torrent(...)
[...]
D8 (Direct8): Ce soir, 2 décryptages, 2 débats autour de l'actualité de la semaine, mais aussi de ce qui est certainement l'une des plus grande bataille souterraine du moment [...] monde libre face au monde propriétaire, un peu plus fermé. Il est question de logiciel, et ce sera notre débat de seconde partie, avec autour de moi Didier Lambert, vice président du Cigref (Club Informatique des GRandes Entreprises Françaises) et vous représentez toutes ces grandes entreprises qui la plupart d'entre elles utilisent des logiciels propriétaires, souvent Microsoft, souvent Oracle.
Face à vous un autre monde, le monde du libre, avec Thierry Stoehr, vous êtes président de l'Aful (l'association des utilisateurs de Linux et de logiciels libres, section française). A vos coté Tristan Nitot le patron de Mozilla europe. Mozilla est une société (association corrige Tristan) qui a notamment à son actif 2 logiciels libres [...] les 2 dont on parle le plus en ce moment sont Firefox et OpenOffice on y reviendra. Et Thunderbird pour la messagerie.
Et puis Thierry Noisette qui vient de sortir avec Perline [...] un livre aux éditions la découverte « La bataille du logiciel libre ». Quand on vous dit qu'il y a de la castagne, c'est écrit là-dessus, mais c'est aussi extrêmement didactique.
[...]
Déjà ça commence moyen. Pourquoi diable avoir mis dès le début Le Cigref (via son représentant) et le logiciel libre en opposition frontale ???
Il y aurait donc un conflit entre les entreprises et le logiciel libre ?
Pour nous qui sommes dans le sujet, on connaît tous les réticences que peuvent avoir certains décideurs envers le logiciel libre, mais pour un public non-averti, c'est compris comme « Il y a un conflit généralisé entre le monde de l'entreprise et le monde du logiciel libre ». Jusqu'au titre du livre qui présenté comme ça laisse à penser que la « bataille » a lieu entre le LL et les entreprises. Pourquoi avoir positionné d'entrée M. Lambert comme pro-logiciel propriétaire (ou anti-LL, à votre convenance...)? Soit le débat portait sur « LL vs logiciels proprio » et il fallait inviter un ou plusieurs éditeurs pour affronter le trio, soit le débat portait sur le LL en entreprise, et il aurait fallu s'attacher à ne pas citer Microsoft, Oracle. Et limiter la discussion aux seuls avantages et inconvénient du logiciel libre en entreprise.
D8: Le premier décryptage de la soirée est consacrée à la cybercriminalité [...] un réseau de hacker tombait [...] certains très jeunes (14 ans)
[...]
ND (Nicolas Duvinaje*, Capitaine de gendarmerie): Il leur est reproché d'avoir piraté des serveurs d'entreprise, d'administration, d'université, et de s'être servi de ces serveurs piratés pour y stocker des MP3 des DivX et des logiciels de piratages.
[...]
* désolé si j'ai estropié le nom de famille.
Bon, là je vous ai fait une méga synthèse, juste pour préparer le contexte pour la suite. Le gendarme est pédagogue, ses propos sont clairs, rien de plus à signaler ici.
D8: Vous allez rester avec nous, puisque la gendarmerie nationale n'est pas totalement étrangère au débat entre le logiciel libre et le logiciel propriétaire.
D8: Je me tourne, ce n'était pas forcément prévu, vers Didier Lambert: Les entreprises aujourd'hui en France sont totalement sensibilisées à cette question de sécurité informatique ? On a quand même l'impression que on rentre comme dans du beurre un peu partout. Il y a quelques boites, où visiblement il y a une vraie sécurité informatique et la grande majorité où ce n'est pas encore au rang des priorités.
DL (Didier Lambert): D'abord, il faut bien voir que la sécurité ça a un coût, et que dans chaque entreprise on doit proportionner ce coût au risque. Je pense que les paramètres de sécurité pour les industries travaillant pour la défense nationale ne sont pas les même que pour nous qui faisons des verres de lunettes (NDR: il est DSI de Essilor). Mais en dehors de ça, je pense que ça monte beaucoup, en particulier avec des anciens de la gendarmerie nationale, qui se sont reconvertis en consultants et qui de temps en temps nous organisent des essais de pénétration par l'extérieur, avec plus ou moins de succès.
Bon bon bon, comment dire... là je suis un peu sur les fesses d'apprendre que ce sont des anciens gendarmes qui font les consultants en sécurité réseau... j'espère qu'ils viennent au moins des services techniques. L'argumentaire de M. Lambert est certes « réaliste » dans sa première partie, mais ça fait quand même un peu léger.
D8: c'est quand même un des dossiers sur lequel le Cigref ... (NDR: la fin n'est pas intelligible)
DL: C'est un dossier extrêmement lourd, complexe, sachant que encore une fois pour garantir une sécurité à 100%, ce serait .. ça pourrait bloquer le travail des entreprises commerciales, donc on fait se qu'on peut, on garde les portes, on regarde partout, mais ce ne sera jamais fini à mon avis, c'est l'épée et le bouclier.
[...]
Là j'avoue carrément ne pas comprendre le manque d'implication apparent sur ce dossier. C'est quoi la garantie à 100% qui bloque l'activité ? débrancher le câble réseau ? Si de son point de vue tenter de garantir la sécurité « pourrait » bloquer l'activité, du mien c'est quand la sécurité est prise en défaut que l'activité se retrouve presque systématiquement bloquée... voir menacée s'il s'agit de piratage industrielle.
D8: Si vous nous rejoignez, c'est 8-fi, jusqu'à 23h sur Direct8, émission consacrée aux nouveaux médias et aux nouvelles technologies avec un débat, dont vous n'avez peut-être pas conscience: Nos logiciels sont ils libres ou propriétaires ? autrement dit, y a t-il deux mondes vraiment différents, le monde des logiciels édités notamment par une société ... Bill Gates, Microsoft, assis sur son tas d'or et de dollars, et puis une communauté vertueuse, libre, où tout s'échange, où les codes de ces fameux logiciels sont ouverts à toutes et à tous, et qui représenterait un certain avenir pour l'informatique, et même pour vous tous chez vous avec votre ordinateur ?
Alors face à ce clivage, dans la position du méchant (NDR: c'est dit avec ironie...): Didier Lambert, vice-président du Cigref, DSI d'une grande société Française Essilor. Pourquoi j'ai dit le méchant de manière caricaturale !? Parce que vous vous dites « le logiciel libre j'en veux pas ».
DL: Mais pas du tout. Moi je suis complètement pour la liberté, qui peut être contre ? Je trouve d'abord que c'est un excellent argument marketing: « Libre » : qui peut être contre ?!
D8: On vous sent sarcastique.
Et bam, on retourne en pleine caricature, le coté obscur contre les gentils hippies codeurs. Si M. Lambert était à ce point partisan, il fallait trouver quelqu'un d'autre pour représenter l'[utilisateur|entreprise] lambda qui veut se faire son opinion sur le logiciel libre. De plus on verra plus bas que sa position n'est pas aussi extrémiste que veut nous le faire croire le propos du présentateur.
DL: Maintenant oui, je vais vous dire: dans nos sociétés, je crois qu'il y a beaucoup de propriétaires qui sont également libres.
Euhhh, c'est quoi le rapport ? Déjà, il faudra lui expliquer que dans le cas des logiciels propriétaires, le propriétaire est peut-être libre, mais que lui n'est que locataire de son logiciel. Et que le proprio est libre de le mettre dehors à tout moment (en arrêtant le support par exemple).
D8: tout à fait. Alors, face à vous, nous avons 3 personnes, un journaliste, une personne de l'éducation nationale, Thierry Stoehr, et puis un patron, mais un patron pas comme les autres, parce que vous êtes patron d'une association, Mozilla Europe, je crois que vos locaux sont chez vous.
TN: dans mon salon
D8: voilà, donc ce n'est pas une société comme les autres, parce que c'est non seulement une société qui semble démarrer, mais qui a déjà trusté 15% de part de marché au niveau international face à Microsoft et son célèbre Internet Explorer, avec un logiciel de navigation internet qui s'appelle Firefox, et qui semble trouver des adeptes.
Tiens tiens, fondation, société, patron, président, ça m'a l'air un peu flou dans l'esprit du présentateur... De plus on commence à voir ici un défaut majeur du présentateur: la dispersion. Ça part un peu dans tous les sens, et parfois l'information pertinente est noyé dans un détail inutile. Ça se vérifiera aussi plus tard, mais ici le téléspectateur se souviendra que les locaux de Mozilla sont dans un salon, et pas que Mozilla est une fondation à but non lucratif...
Alors avant de parler de ce match entre Firefox et Explorer qui concerne tous le monde, j'aimerais avec vous Thierry Noisette que vous m'expliquiez ce qu'est un logiciel libre. Vous avez fait un bouquin là dessus qui est extrêmement clair, alors on vous passe sur le grill, expliquez nous en 30 secondes ce qu'est un logiciel libre, comment on le distingue des autres
NO (Thierry Noisette): 30 secondes c'est court, on va essayer. Un logiciel libre est un logiciel qui vous donne des libertés. Pour faire rapide: la liberté de l'utiliser, autant que vous voulez, y compris sur autant de machines que nécessaire.
D8: Gratuitement ?
NO: Gratuitement! En tous cas en seconde main. Il arrive qu'on paye un logiciel libre, il n'est pas interdit de vendre du logiciel libre, par contre on peut le rediffuser autant qu'on veut.
D8: A la différence d'un logiciel propriétaire, où souvent on a une utilisation sur une seule machine, par exemple.
NO: Tout à fait, on doit repayer des licences, ou négocier des licences, on peut en parler pour les grandes entreprises selon les quantités. Il y a la liberté d'utiliser, il y a la liberté de diffuser, de le recopier, donc la bonne nouvelle par rapport à tous ce qu'on évoquait à l'instant sur les mp3 et les warez, c'est que si vous utilisez du logiciel libre, que vous le copiez, que vous le donnez à vos petits camarades, que vous le téléchargez, ce n'est pas illégal, au contraire, c'est fait pour. Donc arrêtez d'utiliser des copies illégales par exemple de suite bureautiques, utilisez les excellents produits qui sont sont dans les logiciels libres. Les autres libertés, ce sont celles peut-être plus techniques mais qui sont importantes, c'est la liberté d'étudier le code, d'accéder au code source, si c'était une voiture on dirait on peut ouvrir le capot, et c'est de le modifier. On peut faire ce qu'on veut, y compris rediffuser les versions modifiées et en faire profiter les autres.
C'est clair, c'est net, hop la suite
D8: Thierry Stoehr, vous êtes le président de l'association française des utilisateurs ...
TS (Thierry Stoehr): et même francophone ...
D8: ... et même francophone de Linux et des logiciels libres. Le logiciel libre aujourd'hui représente quoi ? Qui l'utilise ? Et dans quelle mesure ? Est-ce qu'aujourd'hui il couvre à peu près tout les besoins informatiques que l'on peut imaginer, pour le particulier comme pour le professionnel ?
TS: Oui, je crois qu'il couvre l'ensemble des domaines qui peuvent exister, à des niveaux différents mais avec des réalisations pour certaines très médiatiques et à la fois aussi très efficaces. Firefox en est un exemple dont on parlera certainement un petit peu plus tout à l'heure. Il y a aussi une suite bureautique qui s'appelle OpenOffice.org qui répond aux même besoins que tous les traitements de texte, tableurs, ou outils de présentation concurrents.
On notera la tentative désespérée de Thierry Stoehr de ne pas nommer celui-dont-il-faut-taire-le-nom, mais malheureusement ...
D8: très concrètement, c'est la réponse à Office, la suite bureautique de Microsoft, qui est devenu ... sur 95% des machines dans le monde il y avait Office, et OpenOffice essaye d'être une alternative.
... ça y est, le présentateur a marché dedans ;)
TS: OpenOffice est une concurrence à Microsoft Office avec des fonctionnalités qui sont tout aussi performantes, avec certaines fonctionnalités exclusives, qui n'existent pas forcément, je pense à la création du PDF, vous le faites dans OpenOffice. [...] Maintenant qui est important il me semble aussi de dire aussi à propos de la définition des logiciels libres, c'est qu'en fait tout ce qui a été cité par Thierry Noisette à l'instant c'est écrit noir sur blanc. Et en fait, la grosse différence sur laquelle il faut insister à propos de logiciels libres et puis logiciels propriétaires, c'est que les logiciels libres ont comme les logiciels propriétaires une licence, c'est à dire qu'il y a noir sur blanc marqué « vous avez le droit de faire... » ce qu'a dit Thierry Noisette, un certain nombre de choses, qui ne sont pas les mêmes droits que vous avez du logiciel propriétaire.
TN: on a le droit de payer avec du logiciel propriétaire quand même ?
TS: on a le droit de payer... (NDR: rires...)
Beau rattrapage, et le message est passé.
D8: on sent là le coup de pied de l'âne. alors justement Tristan Nitot, vous vous dites « pourquoi payer quand c'est gratuit ? »
TN: Non c'est ... je ne me place pas du coté de la gratuité. Je vais parler de ce que je connais, Firefox. De toute façon face à nous on avait Internet Explorer, qui était gratuit, du moment que vous aviez payé Windows. Nous c'est gratuit tout court, il n'y a pas besoin de payer Windows, mais là n'est pas le problème. C'est surtout que Internet Explorer à qui on fait concurrence n'était plus développé depuis 2001. 2001 c'était il y a 4 ans, le web a 11 ans cette année. 4 ans à l'échelle ...
D8: ... 2001 c'est la préhistoire ...
Et une interruption de plus... Tristan y venait tout seul, pas besoin de le couper. C'est arrivé souvent, et c'est désagréable à la longue.
TN: ... c'est la préhistoire, c'est un véritable dinosaure Internet Explorer. Et on l'a ... on est nous utilisateurs du web ... le web c'est une chose formidable, ça permet le partage du savoir, mais ça permet aussi de monter des portails, des sociétés commerciales, donc c'est aussi bien quelque chose d'altruiste que commercial, mais le web pour tout le monde est une opportunité extraordinaire.
D8: Ce que vous nous dites, c'est que vous n'êtes pas anti-Microsoft, mais que vous avez voulu secouer le leader, le réveiller avec Firefox, en disant « hé les gars, reprenez un peu les développements parce que là votre produit il commence un peu à vieillir » C'est donc en fait extrêmement bienveillant à l'égard de Bill Gates votre démarche.
TN: on ira pas jusque là, mais il fait parti du paysage parce qu'il occupait encore il y a quelques mois 95% des parts de marché. Mais c'est juste que s'étant endormi, nous, citoyens mais aussi entreprise, on s'est dit « on ne peut pas laisser le web stagner » parce que on le dit souvent dans la vie courante, qui n'avance pas recule, et dans l'informatique c'est plus vrai que partout ailleurs. Et le web n'a pas bougé au niveau des navigateurs depuis 4 ans. C'est insupportable, et donc on s'est décidé à faire quelque chose. Et en fait tout le monde a intérêt à ce que le web cesse de stagner et recommence à progresser.
D8: En quoi Firefox, très concrètement fait bouger le web plus que Explorer, qui est quand même d'une simplicité, d'une ergonomie, et que 95% des utilisateurs d'internet utilisent. Netscape, vous avez passé quelques années chez Netscape, ça a été le grand concurrent, il y a un moment donné où face au raz de marée Microsoft, Netscape a vu ses parts de marché s'effondrer.
Parce que Firefox, c'est pas ergonomique peut-être ? Sinon pour répondre à la question IE a plus figé internet qu'il ne l'a fait évoluer, et les rares mouvements que l'on peut lui accorder vont dans le mauvais sens, interprétation très personnelle des standards du web, ajout de fonctionnalités spécifiques Windows et non portables.
TN: Oui tout à fait, ça a posé des gros problèmes, il y a eu un procès antitrust qu'ils ont perdu. ça a posé de gros problèmes médiatiques à Microsoft, mais à dire vrai là n'est pas la question parce qu'à partir du moment où Microsoft a obtenu son monopole en tuant Netscape, qu'est-ce qu'il a fait ? Il s'est reposé sur ses lauriers, et ça le consommateur, qui ne peut pas se retourner vers un concurrent a enfin trouvé avec le logiciel libre et avec Firefox un outil qui progresse, qui propose par exemple la recherche dans la page l'intégration avec les moteurs de recherche, la navigation par onglets, le rajout d'extensions, le fait que ça marche sur Linux, sur Macintosh, sur Windows, sur les versions de Windows où la dernière version d'Internet Explorer ne fonctionne pas. bref c'est fait pour tout le monde, c'est gratuit, c'est beaucoup plus rapide et perfectionné et sécurisé. Et donc c'est un bonus pour tout le monde.
D8: Il s'en télécharge 300.000 par jour, donc c'est effectivement un succès très impressionnant pour Firefox. Didier Lambert, au sein du Cigref, est-ce qu'on télécharge des logiciels libres comme Firefox comme navigateur web ?
DL: Alors d'abord je suis seul contre trois, alors j'espère avoir le même temps de parole que les 3 réunis.
Mais non t'es pas seul contre trois ! Vous êtes 4 en faveur d'une informatique entièrement au service des utilisateurs, à l'inverse d'un logiciel propriétaire, dont l'objectif est avant tout de rapporter de l'argent, et dont les « fonctionnalités » ne sont que le moyen de rapporter cet argent, alors que le logiciel libre a pour objectif d'apporter des fonctionnalités aux utilisateurs, l'argent n'étant que le moyen d'y arriver...
D8: c'est quasiment acquis.
DL: Premièrement, moi je voudrais dire que le logiciel libre, je suis très content que ça existe. Parce que je suis un utilisateur de l'informatique, je suis un client des producteurs de logiciels, et c'est vrai que le gros danger depuis maintenant pratiquement 20 ans c'est de trouver en face de nous des gens en situation de monopole ou d'oligopole. Parce que vous savez quand vous voulez négocier des contrats avec des gens en situation de monopole c'est assez difficile. Ça c'est la première chose.
Au moins il est franc, le logiciel libre c'est pas pour son infrastructure, mais ça permet de négocier des remises. Rien que pour ça, il faudra qu'il pense à subventionner (un peu) le LL, pour qu'il existe toujours lors de la prochaine séance de signature de contrat.
Pour ce qui est du monopole, les entreprises sont très largement responsables de ce qui leur arrive aujourd'hui. Elles ne font que récolter ce qu'elle ont semé, elle sont donc doublement redevable au LL d'avoir ramené une concurrence qui leur bénéficie aujourd'hui, qu'elle utilise du LL ou pas. Est-ce que ces gens imaginent ce que serait leur facture informatique si le logiciel libre n'existait pas ? Il y aurait de quoi faire passer la mafia italienne pour des bienfaiteurs de l'humanité.
DL: La deuxième chose, c'est qu'il faut voir comment fonctionne une direction informatique de grande entreprise. Nous ne sommes pas forcément à l'affût des derniers raffinements, des dernières fonctionnalités. Nous, ce que nous essayons de faire c'est de faire marcher nos entreprises, tous les jours. Et donc quand nous regardons du logiciel, nous regardons la pérennité, la fiabilité, la possibilité d'avoir du support, c'est à dire d'être dépanné en cas d'erreur, l'évolutivité, et surtout l'interopérabilité de tout ça avec tout ce qui existe déjà.
D8: Que ça marche avec tous les autres logiciels, sur toutes vos plate-formes informatiques.
DL: Absolument, par exemple on me dit il y a un truc qui est compatible à la fois avec Linux, avec Mac, avec toutes les différentes versions de Windows. C'est un cauchemar pour un (non?) informaticien d'entreprise de dire « je vais avoir 30% de mes postes sur Linux, 20% sur MacOS, etc. »
Non seulement il n'a pas compris l'intérêt d'un logiciel multi plateformes mais en plus il retourne l'argument contre le logiciel libre!!! Pourtant y compris dans le monde de l'entreprise, il arrive fréquemment que le parc ne soit pas homogène, pour des question historiques, par exemple rachat de société par une autre. Dans ce cas, il est quand même avantageux de pouvoir travailler avec les même outils partout sans avoir à uniformiser le matériel.
Et pour ce qui est de la pérennité, de l'évolutivité, et de l'interopérabilité, soit nous n'avons pas la même définition de ces mots,soit nous n'avons pas la même connaissance du logiciel libre. Je penche pour le 2.
Concernant la possibilité d'être dépanné, j'avoue avoir éclaté de rire en entendant ça.
D8: c'est aussi le cauchemar pour la particulier quand il y a un PC et un MAC dans une maison quand on essaye de faire communiquer ne serait ce que l'imprimante et la connexion internet.
DL: Déjà... Vous étendez ça à quelque dizaines de milliers de postes de travail, et vous voyez que nous n'avons pas d'autre solution que la standardisation.
Bon, ce serait un peu long de s'étendre sur ce sujet, mais la pseudo simplification d'un système d'information par l'uniformisation est une illusion. Maintenir un parc de plusieurs milliers de machine dans un état « uniforme », ça demande au moins autant d'énergie et d'argent que de se donner les moyens de gérer un parc « non-uniforme »
DL: Donc en ce qui concerne le logiciel libre, pour moi je qualifierais pas les logiciels de libres ou de propriétaires. Il y en a dont j'ai besoin et qui remplissent leur fonction et d'autres dont je n'ai pas besoin. Donc le qualificatif de libre n'est pas pris en premier...
D8: ...c'est pas votre souci...
DL: ...Non pas du tout.
D8: payer une licence, ne pas en payer de l'autre, vous dites que cette (dans?) cette équation économique là il y a des coûts cachés ?
DL: Le coût des licences est, je ne dirais pas marginal, mais faible dans une informatique d'entreprise, par rapport à tous les autres coûts, qui sont effectivement: la maintenance, le développ^W enfin l'implémentation de ceci, la connectivité avec tout, l'évolutivité, l'opération de tout ça sur les machines, les réseaux, les postes de travail, etc. Les licences des logiciels qu'on achète à l'extérieur, aller je vais dire dans un budget informatique ça fait en tout 10%.
Le problème du coût des licences est qu'il est récurrent, sans réelle contrepartie pour l'entreprise (et même des coûts supplémentaires, ne serait-ce que pour les gérer ces licences).
De plus, on apprend plus bas que le budget informatique en question représente 4% du chiffre d'affaire, or avec 10% de coûts de licence, ça nous fait donc 0,4 points de marge potentielle qui partent en fumée. Les actionnaires sont ils au courant ?
D8: Je vais vous donner un exemple, celui de la gendarmerie nationale, et là, capitaine Duvinaje, vous avez je crois troqué Office contre OpenOffice dont on parlait tout à l'heure.
ND: Tout à fait, la gendarmerie est passé de Microsoft Office à OpenOffice à l'été 2004. Alors une précision importante, ça a été dit au début de cette partie, il ne faut pas confondre logiciel libre et logiciel gratuit. On peut très bien vendre du logiciel libre. En particulier dans le monde de l'entreprise et de l'administration, il y a toute la partie soutient technique « service après-vente ». Donc la gendarmerie si elle s'est engagée sur OpenOffice, ça prouve bien que le libre, ce n'est pas la jungle. Il y a des licences comme ça a été dit, il y a du service après vente, et ça fonctionne.
D8: et visiblement c'est aussi économique, puisque d'après les chiffres que j'ai, je crois qu'il y a 80.000 postes de la gendarmerie nationale qui ont été comme ça basculés avec OpenOffice pour une économie d'à peu près 2.000.000 d'euros annuels, ce qui n'est pas négligeable.
ND: Absolument.
Voilà qui est bien dit!
TN: Surtout que c'est notre argent quand même en tant que contribuable.
ND: Il y a de grosses économies qui ont été faites. Ceci étant dit encore une fois ce n'est parce que c'est libre que c'est gratuit.
D8: Didier Lambert, ça vous fait sourire.
DL: Non ce qui me fait sourire c'est que je pense que beaucoup du logiciel libre c'est aussi notre argent. Parce que rien ne se fait sans rien. Je pense que parmis les gens qui font du logiciel libre il y en a pas mal qui sont dans l'éducation nationale, dans l'université, dans les centres de recherche.
Rhalala, ils sont trolleurs ces DSI :) franchement, si ont prend quelques projets majeurs du LL, presque au hasard: le noyau Linux, Apache, OpenOffice et Firefox, et qu'on fait la part du code qui a été financé par le public et par le privé, M. Lambert risquerait de tomber de sa chaise...
D'autre part, il est incroyable que cette légende urbaine du logiciel libre financé par le temps de travail des fonctionnaires puisse être gobé tel que...
Je dirais juste que soit le fonctionnaire est travailleur et il fait son boulot, soit c'est un tire au flanc et il ne fait *rien*.
D8: Suivez mon regard, Thierry Stoehr, vous cous êtes à l'éducation nationale, mais ce n'est pas à ce titre que vous intervenez, vous êtes président de l'aful.
TS: Non, ce n'est pas du tout à ce titre là, et en dissociant d'ailleurs tout à fait, j'étais pour vous donner un exemple il y a une dizaine de jours dans une manifestation, c'était en semaine, j'étais en congé. La semaine prochaine je serais en haute-savoie jeudi et vendredi, et je serais en congé. Je penses que là c'est un raccourci qui est un peu de nature à dénaturer la nature de ce qui se passe. Certes il peut y avoir des personnes qui font du logiciel libre et qui ont une activité professionnelle, mais qui font ce logiciel libre pas pendant leur activité professionnelle, y compris le cas inverse, c'est à dire qui font du logiciel libre, qui sont payées pour faire du logiciel libre. Il y a une personne qui est à ma gauche là (NDR: T. Nitot)
D8: Vous êtes payé Tristan Nitot ?
TN: Depuis très récemment
TS: ça veut dire qu'il y a une activité économique possible ...
D8: Et comment vous réagissez à cette remarque de Didier Lambert sur le thème « Oui le logiciel libre, certes il est libre, mais il est aussi sponsorisé quelque part par des fonds publics ou parapublics ».
TN: Je penses que ça soit public ou pas public, ça n'a aucun rapport, parce que si vous voulez je peux très bien vous citer qui sont les grands contributeurs au projet Mozilla: on a 60.000 personnes en gros qui testent le logiciel, on a 1.000 personnes qui écrivent du code, plus ou moins, ils font ça à temps partiel, ils donnent un bout de code par-ci par-là, le tout est validé suivant une méthode extrêmement précise, de façon très très professionnelle. Mais en plus de ça, il y a environ 60 à 80 permanents qui sont payés par des sociétés comme IBM , Sun, Novell, Redhat, qui sont justement toutes les 4 cotés en bourse, et qui justement ne sont pas du tout, ou pas particulièrement altruiste si vous voulez. Elles ont quand même des comptes à rendre à leurs actionnaires. Donc il ne faut pas mélanger...
D8: ...Opposer le monde de l'entreprise avec une espèce de monde idéal totalement altruiste, totalement bénévole qui serait celui du logiciel libre. Thierry Noisette..
NO: Je voudrais juste inverser ce que disait Didier Lambert, qui était plutôt une pique il me semble, c'est que la naissance du logiciel libre elle s'est faite il y une vingtaine d'années quand des informaticiens dont l'américain Richard Stallman qui travaillait au MIT ont réalisés que des logiciels qui était pour tout le monde, y compris des chercheurs donc à la disposition aussi du privé étaient en voie de fermeture, de verrouillage. Et l'idée du logiciel libre c'est que ça peut servir à tout le monde y compris à des entreprises. Si des IBM ou des Hewlett-Packard financent entre autre du logiciel libre, c'est bien qu'ils y trouvent leur intérêt. C'est un intérêt collectif, et non pas un intérêt égoïste ou monopolistique.
Ce point est passé bien trop inaperçu. Quand on voit les réactions de M. Lambert, je me dit qu'il aurait fallu passer bien plus de 30 secondes au début de l'émission pour prendre le temps d'expliquer ce qu'*est* le logiciel libre. On perd beaucoup de temps en malentendu, je trouve.
D8: Je vais reprendre l'exemple de la gendarmerie nationale. On dit pas mal que le fait que vous ayez opté pour OpenOffice c'est aussi parce que quand c'est libre et qu'on a effectivement l'intégralité du code, on peut déjouer des failles de troie (sic!), des virus cachés, ces choses là qui pourraient être présentes, et notamment sur les entreprises ou les administrations qui sont en charge de la sécurité nationale ou autre où il y a une attention particulière.
ND: C'est souvent ce qu'on dit effectivement. Je ne penses pas que ça ait été la principale raison du passage à OpenOffice. Une des principales raisons bien entendu en ces temps de disette budgétaire c'est les économies. Ce qu'il est important aussi de voir c'est que dans le monde du libre, la réactivité est très importante quand il y a un incident. Je prends le dernier exemple de Firefox, il y a une vulnérabilité critique qui ...
D8: ah vous voulez dire qu'il y a également des failles de sécurité dans Firefox. ?
ND: Dans tous les logiciels, il y a toujours, il y en aura toujours.
D8: Les détracteurs de Microsoft, c'est quand même leur argument essentiel, Explorer c'est percé, c'est ... Firefox c'est la même chose ?
ND: La différence c'est ...
TN: Pas dans les même proportions.
ND: Je vous disais qu'il y a une vulnérabilité critique qui a été publié le lundi, et le mercredi ou le jeudi un patch était déjà diffusé.
TN: Mercredi soir.
DL: Il y a plusieurs points sur lesquels je voudrais réagir. Premièrement le logiciel libre c'est vrai qu'il vient des milieux universitaires et de la recherche au début. Encore une fois moi je trouve ça génial, parce ce que en particulier le web ça a été développé dans ce genre de cénacle au début. Ce sont pas les entreprises informatiques qui ont développé les premiers le logiciel libre. Donc ça c'est très important parce que la créativité est là.
Ce qui me fait plutôt peur c'est ce qui vient d'être dit c'est que le gens qui développent du logiciel libre, « dit libre » sont payés par des entreprises comme IBM. Là je crois que la liberté va être surveillée.
Encore une fois, grosse méconnaissance du sujet. Un logiciel qui est sous licence libre, tant qu'il va dans la voie voulue par ses utilisateurs, ceux qui veulent piloter « pilotent », le jour ou il y a un écart entre la ligne directrice et tout ou partie des utilisateurs, ceux ci ont un moyen de pression qu'il mettront en oeuvre en dernier ressort: le fork.
D8: Vous pensez qu'il y a comme ça des esprits au dessus de ces chercheurs libres ?
DL: Je pense simplement qu'il y a des stratégies dans l'ensemble de l'informatique, et que la frontière encore une fois entre le libre gratuit fait par des étudiants barbus chevelus quelque part et ce qui est sérieux et fait en complet veston dans le travail ça n'a plus de sens. C'est complètement poreux, c'est perméable, il y a des stratégies mondiales, et en particulier IBM fait ce qu'il veut, il veut se payer Microsoft, il veut embêter Microsoft, donc il met plein d'argent dans unix, il met plein d'argent dans le logiciel libre, voilà.
Quand il dit « se payer », je le comprend dans le sens « se payer le tête de », parce que je ne pense pas qu'IBM puisse s'offrir Microsoft.
Par contre, je sens comme une certaine distance entre les faits et le narrateur, or, et on en revient à la notion de concurrence dont on parlait plus haut. Quand on voit ce type de réaction, il ne faut pas s'étonner que Microsoft se retrouve en situation de monopole. Un jour il faudra que les utilisateurs/clients comprennent qu'ils doivent devenir *acteurs* sur le marché de l'offre informatique, et pas simplement un canard qu'on gave jusqu'à la cirrhose pour l'éventrer et s'enrichir avec son foie. Ça semble évident dans le LL, ça l'est pourtant tout autant dans le logiciel propriétaire.
D8: C'est celui qui dépose aujourd'hui IBM le plus de brevets, et qui ouvre ses brevets, notamment sur Linux, 500 à déposer, un peu cadenassés à un deuxième niveau, mais en tout cas comme ça il y a des grands effets d'annonce.
Là on part sur une divergence pas forcément utile...
DL: Donc j'ai un peu peur qu'à l'arrivée nos amis du logiciel libre soient manipulés par des grands méchants loups.
D8: Êtes vous instrumentalisés à votre corps défendant ? Vous n'avez pas de barbe, vous n'avez pas les cheveux longs, mais malgré tout ...
TS: C'est une idée qui traîne, mais qui est complètement fausse je pense. C'est vrai qu'il y a quelques figures emblématiques du logiciel libre qui peuvent tout à fait être caricaturées de la sorte. Maintenant je pense que quand il y a des grosses sociétés, quand il y a des personnes qui ne sont pas du tout des chevelus barbus soixante-huitards révant de tout pour tous et pas d'activité économique. Je pense qu'il y a de l'activité économique, ça peut être bien pour l'activité avec la création d'emplois, on a des exemples, et cette image elle est vraiment je pense assez fausse.
Encore une fois, la manipulation dans le logiciel libre me semble un concept impossible, puisque peu importe où on se trouve dans la chaîne, on dispose tous des mêmes droits sur le produit.
D8: Tristan, une question concernant Mozilla. Il y notamment 2 produits, Firefox et Thunderbird. Firefox est un navigateur web on l'a dit concurrent d'Explorer. Thunderbird vise quand à lui à proposer des services similaires ou supérieurs à Outlook.
TN: Outlook Express, qui est le produit gratuit de Microsoft si vous avez acheté Windows.
D8: Et on a quand même l'impression que l'un a décollé, là où l'autre a plus de mal. Il est plus récent mais il a un peu plus de mal. Est-ce à dire que l'utilisateur sait faire la différence entre un bon produit libre et un produit libre qui serait peut-être moins ergonomique ?
TN: Oui alors, c'est vrai que les gens savent faire la différence entre un bon produit et un produit moins bon. ça j'en ai aucun doute ...
D8: ... Le libre n'a pas l'apanage du bon ...
Et hop, on repart sur un chemin de traverse avant d'avoir répondu à la question précédente.
TN: Il y a de tout dans le libre, comme dans le commercial, vous avez des horreurs, même chez des sociétés très établies .... pas de détails.
Gros sourire entendu sur le plateau, avec une jolie pique vers qui vous imaginez.
TN: Il y a de tout, mais je ne pense pas que Thunderbird ce soit un logiciel de 2ème classe. C'est vraiment quelque chose de très différent. Thunderbird c'est un client de messagerie, et la messagerie est ainsi faite que on utilise qu'une seule messagerie à la fois, parce que vous avez vos archives de messages, tout vos anciens messages, et ils sont soit dans un logiciel, soit dans un autre. Si vous voulez migrer ...
D8: ...La conversion est un peu plus problématique que de passer d'un navigateur web à un autre...
TN: ... Un navigateur vous n'avez que vos ... bookmarks, vos signets ...
D8: ...favoris...
TN: oui favoris ça c'est quand vous êtes dans le propriétaire. On dit marque-pages aussi. En fait il n'y a que ça à convertir et on peut comme on n'a pas peur de revenir en arrière, on sait qu'on pourra revenir en arrière, et bien on peut essayer facilement un nouveau navigateur, et les gens qui ont tous essayé Firefox ont décidé d'y rester. C'est une évidence, face à un logiciel complètement sclérosé et un logiciel très novateur et qui évolue régulièrement...
D8: ... Comment vous gagnez votre vie ? question directe. Le logiciel est gratuit, téléchargeable. Comment ça fonctionne ? Qui gagne, et comment le système peut lui aussi se régénérer et fonctionner de manière vertueuse ?...
Re re re divergence, on peut finir un sujet siouplait ?
TN: Alors chez Mozilla Europe notre vocation c'est de rétablir la concurrence et l'innovation dans le domaine des logiciels internet. Notre objectif n'est pas de gagner de l'argent. Pour nous association loi 1901, l'argent est un moyen de continuer notre action. Je n'ai pas d'actionnaires à qui je dois rendre compte, par contre j'ai des membres de l'association, j'ai un comité de direction. Mais ce n'est pas l'argent qui nous intéresse. Ça c'est une première chose. deuxièmement on est une toute petite structure.
D8: (en s'adressant à Didier Lambert) c'est une vraie différence !
DL: Avec quoi ?
D8: Avec les éditeurs de logiciels, qui sont des entreprises cotées, qui ont une logique d'entreprise.
TN: c'est juste notre mode de fonctionnement.
ND: Il y a des entreprises qui font de l'argent avec du libre.
DL: Et des entreprises qui en perdent avec du propriétaire.
D8: Revenons sur ce qui a été dit sur la sécurité. Le fait que justement les correctifs ça aille très vite. Ça veut dire que lorsque qu'il y a une faille, un trou de sécurité, une erreur qui a été détectée, signalée, qui s'occupe de la réparer ? De travailler, de redévelloper, de repeigner le code. C'est quoi, c'est une communauté libre, et chacun s'auto-saisi ?
TN: C'est une communauté qui est extrêmement structurée. Je vais parler de la Mozilla fundation et de Mozilla Europe, qui sont les projets sur lesquels je travaille quotidiennement depuis 4 ans. C'est extrêmement structuré. On est tous des anciens de l'industrie informatique. Il y a beaucoup d'anciens de Netscape, il y a des gens qui sont dans des grandes sociétés qui savent très très bien leur métier, et on est organisé de façon très très carré.
D8: C'est libre, c'est carré, c'est pro, pourquoi est-ce que les entreprises ne basculent pas toutes ?
TN: Mais elles basculent massivement.
ND: Mais ils le font à la gendarmerie.
D8: Combien ? En France, prenons la France, combien d'entreprise aujourd'hui roulent sur le logiciel libre. Didier Lambert pourrait le dire mieux que vous ?
DL: Je regarde périodiquement, donc ...
D8: ... Le Cigref c'est combien d'entreprises ? ...
Et hop, trop tard c'est plus moment, là on veut savoir combien d'entreprise « roulent sur le logiciel libre »...
DL: Le Cigref c'est les 120 premières entreprises françaises. Donc là je vais parler mon mon entreprise que je connais le mieux, tous les ans, tous les 2 ans, on regarde la possibilité de changer des couches de notre architecture, par du libre par exemple. Est ce qu'on peut mettre du Linux sur les postes de travail, ce genre de choses, donc on regarde.
Et bien non, pour l'instant la réponse est non.
D8: Pourquoi ?
DL: Parce que le coût du changement est énorme. N'oubliez pas que très souvent le coût du changement c'est supérieur au coût même de ce que vous allez changer.
Ensuite il y a toute l'intégration de ceci dans des logiciels de surveillance, de monitoring de toute l'activité.
Si je suis en partie d'accord avec le constat, il faudrait s'interroger sur les causes de ces coûts énormes. Il y a un minimum incompressible lié à toute migration informatique, mais il ne faut pas perdre de vue qu'une part non négligeable vient de l'opacité des logiciels propriétaires, et de la difficulté à obtenir les informations techniques nécessaires auprès du futur ex éditeur. Les entreprises sont prisonnières de leurs propres choix, et le ticket vers la liberté n'est pas donné.
DL: Et puis enfin, il y a peut-être le plus important pour moi, ce qui nous fait hésiter c'est justement que le code soit accessible. Ce que nous ne voulons pas justement dans nos entreprises, c'est que les utilisateurs touchent au code.
TN: non mais ils ne touchent pas au code !
DL: Oui ... non mais les utilisateurs et les informaticiens, nous voulons qu'ils se servent, comme vous avez dit tout à l'heure qu'ils conduisent la voiture mais qu'ils n'aient pas à mettre les mains dans le moteur ...
D8: ... en permanence à regarder le capot ...
DL: ... Certainement pas.
TN: Mais ce n'est parce que vous le pouvez que vous devez le faire, attention.
DL: Oui mais quand on peut ...
Bon, après un plantage d'ongles incontrôlé dans la télécommande, et une ou deux respirations zen... On atteint quand même ici un sommet dans l'incompréhension. Soit vous avez les compétences pour toucher au code, soit vous les avez pas. Si vous ne les avez pas, vous faites comme avec un logiciel propriétaire: vous téléphonez. La grosse différence ici, c'est que vous avez le *choix* du prestataire. Encore plus fort, vous pouvez changer de prestataire sans changer de logiciel. Elle est pas belle la vie ?
On a l'impression a lire les inquiétudes ci-dessus qu'utiliser un logiciel libre, ça revient à avoir un menu « fonctions interdites » accessible à tous les utilisateurs.
D8: Donc vous voulez dire que la grande transparence du logiciel libre est un peu contre-productive pour une entreprise ?
DL: Mais non pas du tout.
D8: Mais la tentation en permanence de toucher au code ...
DL: Ce qui est dit comme un avantage pour les logiciels libres, et qui l'est pour des individus ou des entreprises qui ne sont pas dans le domaine économique pur, la recherche, l'enseignement etc. c'est un réel avantage de pouvoir tout contrôler, jouer modifier etc. Dans une entreprise à but commercial, moi ça me parait un inconvénient, Mais c'est pas pour ça qu'on bloque encore une fois. Quand on a des logiciels à changer, on regarde. Il faut voir que dans une entreprise il y a au moins 3 catégories de logiciels, il y a des logiciels d'infrastructure pur, il y a des logiciels plutôt à usage personnel, ou de groupe mais enfin personnel, et puis il y a les logiciels qui constituent, qui supportent l'activité économique de l'entreprise, les ERP ou les choses comme ça. Donc là il faut voir que tout ça doit bouger à peu près en même temps, autrement on a beaucoup de problème, et ensuite que le logiciel libre n'est pas encore qualifié sur l'ensemble de ces architectures.
Pourquoi tout devrait bouger en même temps ? à partir du moment où les interfaces entre les différentes parties du SI sont définies et respectées, il n'y a aucune difficulté à travailler par tranche. On en revient aux inconvénients de « l'uniformisation » évoquée plus haut. C'est sur que si quand on change de serveur de messagerie, il faut changer aussi les clients, et que pour changer les clients, il faudra changer la bureautique, qui lui même entraîne la nécessité de changer les postes parce que sur le processeur de 40% du parc ça ne passera pas, ça fait scénario catastrophe, mais ce scénario est breveté par certains éditeurs de logiciels propriétaires.
D8: il y a quand des logiciels libres qui n'ont pas encore été développés pour des besoins très pointus, je pense les arts graphiques, multimédia, etc. Il y en a, mais qui ne sont pas au niveau objectivement des éditeurs en place.
ND: Dans le domaine criminalistique, c'est à dire l'examen des disques durs, les logiciels libres qui existent ne sont pas encore vraiment à la hauteur des logiciels commerciaux, ou des logiciels gratuit, mais non-libre. Parce qu'on peut également être libre sans être gratuit.
D8: Donc ça veut dire que vous utilisez là pour le coup des logiciels propriétaires, même si vous avez basculé au niveau bureautique.
ND: Certains utilisent un logiciel libre...
DL: Mais je ne voudrais pas faire croire qu'il y a une opposition de principe aux grandes entreprises pour ces logiciels. Absolument pas. Encore une fois nous nous regardons, nous faisons des colonnes, en regardant ce que ça vaut, combien de temps ça va rester chez nous, comment ça va évoluer avec l'ensemble de l'infrastructure, est-ce qu'on peut le monitorer.
Là aussi, il faut faire comprendre aux utilisateurs qu'ils ont un des leviers, vous n'êtes pas obligé d'attendre que la fonctionnalité dont vous avez besoin vous tombe toute cuite dans le bec... Avez vous demandé un devis ? Avez vous envisagé de développer en interne la fonctionnalité en question ? Soyez acteur !
Tous le monde en bénéficiera, vous les premiers.
D8: Je note votre ouverture d'esprit, mais c'est vrai qu'on a quand même l'impression Thierry Noisette, même si là c'est à fleuret moucheté avec le sourire et la convivialité d'un plateau de télé, mais il y a quand une vraie bataille, c'est en tout cas ce que vous décrivez dans le livre. Cette bataille du logiciel libre, il y a quand des enjeux qui sont économiques, qui sont aussi géopolitiques. Pourquoi ?
NO: Tout à fait. C'est une bataille qui se fait en douceur, vous avez raison de le rappeler. On a parlé des entreprises et des particuliers, il y a aussi des acteurs qui sont les collectivités et même à l'échelle des états. N'oubliez pas que des états aussi grand que le Brésil ou à moindre échelle Israël sont des pays tout entier qui sont en train de passer vers le logiciel libre. Le Brésil c'est 300.000 ordinateurs au niveau de l'administration fédérale, c'est énorme, or au Brésil quand ça a été annoncé, Microsoft n'a pas tardé à attaquer en justice le responsable de l'agence gouvernementale pour la migration en diffamation et pour divers prétextes, ce qui était purement de l'intimidation. C'est un procès qui a duré quelques mois et qui a été retiré, il y a eu une pétition assez importante qui a circulé. Ce sont des enjeux extrêmement importants, parce que quand vous avez un état qui bascule, ça veut dire que les prestataires, les sous-traitants peuvent aussi basculer. Parce que les effets de la résistance au changement que l'on a évoqués, marchent dans les 2 sens, parce que si l'acteur principal bascule, il y a toute une chaîne qui peut basculer.
C'est pour cette raison que quand une ville comme Munich a annoncé son passage au libre, Microsoft est venu tout de suite négocier. Quand Paris a annoncé, enfin ils n'ont même pas eu le temps de l'annoncer, quand ça a transpiré que Paris étudiait le passage au libre, Microsoft a proposé d'entrée de jeu une réduction de 60%, ce qui laisse rêveur d'ailleurs sur le niveau réel auquel on paye leur logiciels.
TN: Les documents de bourse de Microsoft laissent entendre qu'ils ont entre 85 et 95% de marge brute, si on pouvait négocier jusqu'à 95% ....
DL: Ils ont 85% de marge sur tout ce qui est Office et Windows.
D8: Ce sont donc des logiciels amortis... L'enjeu pour les pays en voie de développements, vous pensez que tous vont basculer dans le logiciel libre ?
Trop de sujets sur la liste: réduire la liste. Mais faut arrêtez de zapper comme ça.
NO: Non, d'abord j'éviterais de faire de la voyance parce que c'est un art difficile...
D8: ... Je sais que l'Asie est fortement tentée, la Chine se dit mais pourquoi ne pas utiliser nos propres ressources, fidèles à leur politique, à leur histoire. L'Inde également, qui a une communauté de développeurs enviées du monde entier.
NO: L'Inde tout à fait, la Chine est un peu spéciale, vu ses rapports compliquées avec tout ce qui est propriété intellectuelle et les droits d'auteur. Je crois que dans les pays du sud il y a un enjeu qui est que chez eux, vous avez un parc qui est inexistant. C'est à dire que quand vous avez un développement énorme, c'est beaucoup plus facile de partir sur du logiciel libre que de migrer. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, ce qui coûte cher c'est de convertir, c'est de reformer un personnel qui est déjà habitué à utiliser des logiciels.
D8: Quand vous partez de rien ou quasiment, c'est beaucoup plus simple.
DL: Je pense que là on commence à toucher le fond du débat...
D8: ... Il serait temps ...
DL: ... c'est à dire c'est « tous contre Microsoft »
TS ou TN ?: Alors là pas du tout.
DL: C'est ce qui a été dit, on peut repasser la bande.
D8: C'est vrai que le « pas du tout » avec un grand sourire me laisse circonspect. Il y a quand même, y compris dans l'imagerie du libre, libre face ... c'est dark vador quand même Gates... c'est un peu comme ça qu'il est presenté. Mais c'est vrai qu'il a une position dominante. Ça a été un procès pendant 4 ans aux US, puis un procès à la commission européenne. Vous évoquiez des procès similaires dans les pays en voie de développements. Ce monopole pose problème. Vous n'êtes pas tous contre Bill ?
TN: Du tout, il se trouve que aujourd'hui le principal fournisseur de navigateur, enfin il ne fournit plus maintenant, il est mort. Disons qui a occupé jusqu'à 95% de part de marché c'était Microsoft Internet Explorer, mais nous il ne nous intéresse pas ! Nous ce qu'on c'est juste qu'il y ait du progrès. Donc ils auraient pu s'appeler Oracle, IBM, Microsoft, tout ce que vous voulez, et même schmoldu, nous si il y a un monopole, et que ce monopole provoque de la stagnation, nous notre mission c'est de rétablir la concurrence et l'innovation. Et tout le reste, c'est de la littérature.
DL: Je suis entièrement d'accord avec ça. Je pense qu'effectivement le logiciel libre est né et va continuer à croître parce qu'il y a une situation très particulière du développement logiciel. Le développement logiciel « commercial » coûte extrêmement cher, et donc on a des gens qui sont sur des situations acquises. Le coût du changement est encore supérieur à tout ça, donc les entreprises ne peuvent pas migrer. Demander à un directeur informatique si il va passer de SAP à autre chose. Ou si il va passer de Microsoft à autre chose, vous verrez la réponse, c'est trop compliqué.
D8: Dans une entreprise comme la votre, sans trahir de secret, le budget justement de l'informatique, ça représente quoi ?
DL: ça représente à peu près 4% du chiffre d'affaire, ce qui est quand même considérable. Mais ce n'est pas le budget qui nous inquiète, c'est le risque. Quand vous changer comme ça,n quand vous faites des modifications profondes d'architecture, vous risquez de bloquer l'entreprise. On a connu des entreprises qui se sont bloquées parce qu'ils avaient changé. Je ne vais pas citer de nom, mais il y par exemple un très grand du voyage en France qui a été racheté après l'an 2000 parce qu'il n'a pas su migrer, c'était ça la cause. Pour revenir simplement, en terminant sur ce point là, il se crée une situation de monopole, pour des tas de raisons, pour des effets boule de neige, très rapidement on arrive à des marges qui sont 85%, 90M% donc on a des moyens considérables de pression de développement etc. Et en réponse à ce monopole, il y a 2 solutions, soit des bénévoles se mobilisent pour offrir une contre-offre, ce que je trouve très bien, soit on pirate. Mais c'est exactement ça aujourd'hui. Cette situation là pour moi elle n'est pas soluble d'une point de vue simplement informaticien. LE problème posé par Microsoft est un problème pour moi politique, pas économique.
D8: Vous pensez justement que cet affrontement, et le coût de certain logiciel est une incitation au piratage ? On sait que dans les entreprises, et même chez les particuliers, il y a un grand nombre de logiciels qui sont présent sur les disques durs et pour lesquels il n'y a pas la licence.
ND: Le coût c'est certain est un élément favorisant le piratage. Ce n'est sans doute pas le seul. Mais c'est sans aucun doute un élément important.
TN: Je voudrais continuer là-dessus, c'est peut-être le rôle de Thierry Stoehr, mais je voudrais dire, peut-être lancer un appel ce soir, à tous les adolescents, les étudiants, les lycéens qui ont des logiciels piratés sur leur disque dur, c'est « regarder en face ». Si vous avez une version de Windows piratée, pourquoi vous ne téléchargez pas un Linux, un Linux Français, par exemple Mandriva qui est vraiment d'une excellente qualité. Il y en a même un qui est d'origine sud-africaine qui s'appelle Ubuntu. Les 2 se téléchargent gratuitement, de façon légale.
D8: C'est aussi simple que ça de basculer d'un Windows cracké à Mandriva que vous évoquez ?
TN: Non mais ils ont de l'énergie à perdre pour cracker des logiciels, alors autant qu'ils essayent les bons, et qu'ils ne risquent pas la taule. Tant qu'a avoir le choix, autant faire quelque chose qui est légal, et si ils ont envie d'apprendre des choses, c'est formidable, parce que vraiment l'informatique devient amusante, et là je m'adresse aux hobbyistes, c'est vraiment amusant de comprendre comment fonctionne un système d'exploitation, et mettre cette énergie à comprendre le système plutôt qu'a contourner l'interdit. Parce que déjà la sanction n'est pas la même, on progresse, et en plus on trouve un boulot après.
TS: Et ce qu'il faut bien voir, c'est que le logiciel libre n'est d'une part pas du tout contradictoire avec l'activité économique. Le logiciel libre en revanche est totalement opposé aux pratiques de piratage, de vol de logiciel, entre autre en disant il y a une règle pour certains logiciels en disant « si on les vole c'est la punition » c'est normal, c'est la règle de fonctionnement de ces logiciels. Et là on dit, c'est une première à la télévision depuis certainement, depuis que des émissions parlent de logiciels, qu'on puisse dire il y a aussi du logiciel libre, et ce logiciel libre, si vous l'utilisez si vous le copiez si vous le diffuser, vous n'êtes pas dans l'illégalité. Ce n'est pas contradictoire avec l'activité économique, et sachez que ça existe, et dans de nombreux domaines. Simplement, une chose pour donne un exemple frappant, vous disiez tout à l'heure « quand est-ce qu'on utilise du logiciel libre ? ». Il y a quasiment tout le monde en France qui utilise internet, qui a utilisé du logiciel libre...
D8: ... Sans le savoir ?
TS: ... parce qu'internet repose pour une grande partie sur du logiciel libre, j'ai pas dit que sur du logiciel libre, mais pour une énorme partie...
D8: ...avec les serveurs...
TS: avec les serveurs, entre autre le logiciel que vous citez qui s'appelle Apache, en part de marché, c'est plus de 66% des machines dans le monde qui utilisent Apache.
TN: Monsieur Lambert, vous utilisez du logiciel libre, chez vous
DL: bien sûr, je suis désolé, je n'ai pas répondu à votre toute première question qui était « est-ce que les gens du Cigref téléchargent Firefox ? ». Je pense que oui, mais chez eux. Il faut bien comprendre que les problèmes d'une informatique d'entreprise ne sont pas forcément les même que ceux d'une informatique individuelle.
TN: J'ai en tête et je ne peux malheureusement pas en parler ce soir, des entreprises dont je suis prêt à mettre ma tête à couper qui sont membres du Cigref, qui ont en cours des déploiements massifs, à l'échelle de plusieurs dizaine de milliers de postes, de Firefox et Thunderbird. Et si ça se trouve il y en a autour de cette table qui pensent à le déployer aussi... si ça se trouve.
D8: Et qu'est ce qui fait alors qu'on a toujours l'impression qu'il y a le monde de l'entreprise avec ce qu'évoque Didier Lambert, on comprend bien la préoccupation économique, mais aussi stratégique. Si tout plante, si tout s'arrête ... ben voilà c'est un manque à gagner économique incroyable. Et ça ne veut pas dire que le logiciel libre n'est pas bon, ça veut juste que la conversion, la formation des personnels est quelque chose de colossal à l'échelle d'une entreprise.
TN: Mais on ne demande pas à M. Lambert de migrer d'ici la semaine prochaine non plus. Il fait ce qu'il veut sur son entreprise.
D8: Mais est-ce que là il n'y a pas un peu le pot de terre contre le pot de fer ? Vous dites Mozilla on est quelqu'un d'un mon salon, en face il y a une société et des prestataires depuis des années, et il y a des centaines, des milliers d'ingénieurs qui peuvent intervenir, en Hotline, sur le terrain etc. en complément des entreprises, est-ce qu'elle n'est pas là l'inégalité ?
ND: Je crois que vous touchez là un point important, le monde du libre jusqu'à présent était vécu et vu effectivement comme un monde d'amateurs. Si la gendarmerie est passée à OpenOffice, ce n'est pas par hasard, ce n'est pas de l'amateurisme. C'est donc qu'on a trouvé une société qui derrière avait les reins suffisamment solide pour donner une hotline, pour fournir du service après vente. Il est vrai que peut-être aujourd'hui la faiblesse du libre c'est qu'il n'y a pas encore peut-être suffisamment d'entreprises qui sont capables de fournir cette Hotline, ce service après vente à de grandes entreprises, mais ça va venir sans doute.
D8: Vous pensez que l'écosystème va pouvoir se développer sur le modèle économique qu'évoquait ...
TN: Mais ou c'est certain, il se développera très bien.
TS: Il y a de grosses sociétés qui annoncent qu'elles envisagent ou qu'elle le font. IBM cette semaine qui a annoncé à propos de Firefox des passages. Elles le font, et comme le dit M. Lambert à juste titre, en ayant mesuré, en ayant vérifié quels seront les impacts, en prenant en compte la migration, la formation. Et le logiciel libre n'est pas à dire « ça arrive et ça résout vos problème du jour au lendemain », absolument pas.
TN: Quand la gendarmerie nationale migre ses 70.000 ou 80.000 postes sous OpenOffice, ce n'est pas sur un coup de tête. Quand IBM dit je vais migrer mes 330.000 postes, ce n'est pas non plus par pur altruisme qu'ils le font, ou juste parce qu'ils peuvent.
D8: Ça vous fait sourire
DL: On sait très bien pourquoi IBM
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