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« Nous allons ratifier l'accord de Londres sur les brevets »

Posté le 18 juillet 2007
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Annonce de Christine Lagarde dans Le Monde :

Pensez-vous toujours soutenir la croissance par une politique de l'offre ?

Bien entendu, et cela passera par une forte hausse des crédits en faveur de l'enseignement supérieur et de la recherche. Nous voulons améliorer la formation de nos salariés et développer la recherche. Et nous allons ratifier l'accord de Londres sur les brevets, parce que nous sommes soucieux d'innovation et de protection de la propriété industrielle.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-936760@51-(...)


Cette information a pu passé inaperçu au sein de l'océan de bêtise libérale que constitue cette interview (avec le retour de la théorie de ruissellement, en gros : donnez le plus que vous pouvez aux riches, ça va bien finir par profiter aux plus fragiles un jour).

Elle n'est cependant pas sans importance. Pour rappel, l'accord de Londres vise à permettre qu'un brevet déposé dans l'une des trois langues anglais, allemand et français soit valable dans tous les pays signataires. Pas une mauvaise idée en soi, sauf que l'accord des Londres et surtout l'EPLA visent à résoudre les mêmes problèmes que le brevet communautaire européen ... au détail près que l'accord de Londres et l'EPLA sont élaborés au sein de l'Office Européen des Brevets et ratifiés dans l'obscurité des décisions inter-gouvernementales. Et que celà est donc un moyen pour les pro-brevets de parvenir à leurs fins en éliminant la nécessité d'un brevet communautaire, c'est à dire en contournant le processus législatif de co-décision conseil des ministres décidant à la majorité-parlement européen au sein de l'Union Européenne, seul moyen à ce jour de traiter de ce genre de questions trans-nationales de façon transparente, démocratique, sous le contrôle de nos élus.

Voir http://www.ffii.fr/EPLA-et-Accord-de-Londres

Nous vivons une époque formidable ! Quand je repense à la séquence 21 avril 2002, 29 mai 2005, 6 mai 2007 qui a contribué à permettre d'arriver à ce beau résultat, il me vient, à la suite de Berthold Brecht, de furieuses envies de dissoudre le peuple et d'en nommer un nouveau.

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Revenir à l'essentiel

Posté le 23 avril 2007
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En lisant attentivement les réactions au précédent journal, on voit - et c'est bien normal - que la plupart en sont à digérer le premier tour ; on peut regarder encore quelques jours en arrière, mais ensuite il faudra dépasser cette aigreur.

Ce premier tour ne pouvait pas faire que des heureux dans cette grosse moitié de l'électorat qui va du centre anti-« droite extrême » à la gauche de la gauche. Tandis que la droite sarkozyste, qui a le culte du chef, a sans surprise fait bloc autour de celui dont elle est matraquée tous les jours que Dieu fait à la télévision depuis cinq ans, le non-sarkozysme est forcément plus divers.

En lisant attentivement les réactions au précédent journal, on voit - et c'est bien normal - que la plupart en sont à digérer le premier tour ; on peut regarder encore quelques jours en arrière, mais ensuite il faudra dépasser cette aigreur.

Ce premier tour ne pouvait pas faire que des heureux dans cette grosse moitié de l'électorat qui va du centre anti-droite extrême à la gauche de la gauche. Tandis que la droite sarkozyste, qui a le culte du chef, a sans surprise fait bloc autour de celui dont elle est matraquée tous les jours à la télévision depuis cinq ans, le non-sarkozysme est forcément plus divers.

Chacun a pu exprimer au premier tour ses divergences éminament légitimes, exprimer sa volonté d'un volontarisme fort face aux dégats de ce capitalisme financier en votant BBB, exprimer son engagement démocratique social écologique européen en votant Voynet, sa volonté d'un peu d'air face aux appareils et de maîtrise de la dette en votant Bayrou, ou son refus de l'idéologie, l'envie de réformes en profondeur certe, pour aller vite d'inspiration sudamericano-zapatero-nordique, mais tout en veillant à ce que la France reste elle-même, c'est à dire une douceur de vivre, en votant Ségolène Royal.

Maintenant on rentre dans une toute autre phase suivant la maxime : « au premier tour on choisit, au second on élimine ». Le premier tour est passé, les électeurs ont tranché, parmi les adversaires de Sarkozy, ce n'est qu'autour de Ségolène Royal que peut se faire le rassemblement. Elle a ses défauts, ce n'est pas toujours la meilleure tribun, certains de ses petits camarades sont experts pour lui mettre des battons dans les roues, quand je l'ai vu à Berlin j'ai trouvé qu'elle parlait allemand comme un pied, ... là n'est pas la question.

L'heure n'est pas à la fine bouche, c'est l'heure du Choix. Un choix qui aura des répercussions importantes sur le visage qu'aura la France ces dix prochaines années. Croyez-le, il n'hésitera pas à appliquer son programme (celui de Thatcher avec les méthodes de Berlusconi).

Et même sur le visage de l'Europe. Pour rappel Sarkozy veut faire passer un texte pire que le TCE en se passant de demander l'avis des citoyens, ou bien par exemple sur le plan du contenu, exporter sa politique de l'immigration au niveau européen (une folie pour un continent qui vieillit autant ! si on veut pouvoir financer les retraites, il faut un peu plus d'immigration qu'aujourd'hui). Bref on est à un tournant qui me rappele l'affrontement Bush vs Al Gore en l'an 2000.

Je voudrais rappeler que faire le choix de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy (mais franchement sont-ils réellement d'une gravité équivalente ?) n'engage pas à la même chose. La première ne gouvernera pas seule (une coalition hétéroclite pas acquise à sa personne y compris le PS qui ne sera jamais le Parti de Ségolène, une VI° république donc du pouvoir aux syndicats, à la société civile, aux parlementaires). Avec le second, qui s'est illustré dans ses attaques contre tous les contre-pouvoirs (caporalisation de l'UMP, attaques répétées et démagogiques contre le pouvoir judiciaire, mainmise médiatique qui rappele le bon vieux temps de l'ORTF, ...) et compte-tenu des institutions du « Coup d'État permanent » (Mitterand) de la Ve république, dont il compte aggraver la pratique en cumulant de facto le rôle de président et celui de premier ministre, il y aura une concentration telle des pouvoirs dans les mains d'un seul Homme qu'il est urgent de tourner sept fois sa langue dans bouche avant de se prononcer en faveur de Nicolas Sarkozy.

Cette fois l'heure de la décision approche, en particulier pour François Bayrou.

Le président de l'UDF n'a qu'un mot à ne pas dire pour se laver les mains du résultat de dans deux semaines, et donc assurer la victoire de Sarkozy. Il se positionnerait ainsi favorablement pour dans cinq ans au détriment de cette moitié de la population, accusée de ne pas se lever assez tôt, qui va se faire matraquer pendant l'ère Sarkozy. François Bayrou va t'il au contraire avoir le courage historique de proposer à la France une majorité du centre aux socialistes en passant par les écologistes, dans la lignée de deux grandes réussites politiques européennes : l'Allemagne de Willy Brandt, l'Italie de Prodi. Daniel Cohn-Bendit, puis Michel Rocard l'ont proposé, Ségolène Royal ne l'a pas écarté mais uniquement remis à l'entre-deux tours. Faut-il prendre au sérieux la volonté affichée de Bayrou d'affronter les appareils quand l'UMP s'apprête à mettre en place une machine de guerre pour les législatives ? (sur le papier, mais in fine je rappele que ce sont les électeurs qui décident).

Bref, héros ou salaud, qui de François Bayrou ou du président de l'UDF prendra l'ascendant sur l'autre ?
Chacun a pu exprimer au premier tour ses divergences éminament légitimes, exprimer sa volonté d'un volontarisme fort face aux dégats de ce capitalisme financier en votant BBB, exprimer son engagement démocratique social écologique européen en votant Voynet, sa volonté d'un peu d'air face aux appareils et de maîtrise de la dette en votant Bayrou, ou son refus de l'idéologie, l'envie de réformes en profondeur certe, pour aller vite d'inspiration sudamericano-zapatero-nordique, mais tout en veillant à ce que la France reste elle-même, c'est à dire une douceur de vivre, en votant Ségolène Royal.

Maintenant on rentre dans une toute autre phase suivant la maxime : « au premier tour on choisit, au second on élimine ». Le premier tour est passé, les électeurs ont tranché, parmi les adversaires de Sarkozy, ce n'est qu'autour de Ségolène Royal que peut se faire le rassemblement. Elle a ses défauts, ce n'est pas toujours la meilleure tribun, certains de ses petits camarades sont experts pour lui mettre des battons dans les roues, je l'ai vu à Berli et elle parle allemand comme un pied, ... là n'est pas la question.

L'heure n'est pas à la fine bouche, c'est l'heure du Choix. Un choix qui aura des répercussions importantes sur le visage qu'aura la France ces dix prochaines années.

Et même sur le visage de l'Europe. Pour rappel Sarkozy veut faire passer un texte pire que le TCE en se passant de demander l'avis des citoyens, ou bien par exemple sur le plan du contenu, exporter sa politique de l'immigration au niveau européen (une folie pour un continent qui vieillit autant ! si on veut pouvoir financer les retraites, il faut un peu plus d'immigration qu'aujourd'hui). Bref on est à un tournant qui me rappele, à son échelle, l'affrontement Bush vs Al Gore en l'an 2000.

Je voudrais rappeler à ceux qui trouent des défauts aux deux (mais franchement sont-ils d'une gravité équivalente ?) que faire le choix de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy n'engage pas à la même chose. La première ne gouvernera pas seule (une coalition hétéroclite pas acquise à sa personne y compris le PS qui ne sera jamais le Parti de Ségolène, une VI° république donc du pouvoir aux syndicats, à la société civile, aux parlemeentaires). Avec le second, qui s'est illustré dans ses attaques contre tous les contre-pouvoirs (caporalisation de l'UMP, attaques répétées et démagogiques contre le pouvoir judiciaire, mainmise médiatique qui rappele le bon vieux temps de l'ORTF, attaques verbales et marginalisation des opposants (Azouz Begag, Nicolas Dupont-Aignant, les chiraquiens...) et compte-tenu des institutions du « Coup d'État permanent » (Mitterand) de la Ve république, il y aura une concentration telle des pouvoirs dans les mains d'un seul Homme qu'il est urgent de tourner sept fois sa langue dans bouche avant de se prononcer en faveur de Nicolas Sarkozy.

Cette fois l'heure de la décision approche, en particulier pour François Bayrou.
Le président de l'UDF n'a qu'un mot à ne pas dire pour se laver les mains du résultat de dans deux semaines, et donc assurer la victoire de Sarkozy. Il se positionnerait ainsi favorablement pour dans cinq ans au détriment de cette moitié de la population, accusée de ne pas se lever assez tôt, qui va se faire matraquer pendant l'ère Berluskozy. François Bayrou va t'il au contraire avoir le courage historique de proposer à la France une majorité du centre aux socialistes en passant par les écologistes, dans la lignée de deux grandes réussites politiques européennes : l'Allemagne de Willy Brandt, l'Italie de Prodi. Daniel Cohn-Bendit, puis Michel Rocard l'ont proposé, Ségolène Royal ne l'a pas écarté mais uniquement remis à l'entre-deux tours. Faut-il prendre au sérieux la volonté affichée de Bayrou d'affronter les appareils quand l'UMP s'apprête à mettre en place une machine de guerre pour les législatives ? (sur le papier, mais in fine je rappele que ce sont les électeurs qui décident).

Bref, héros ou salaud, qui de François Bayrou ou du président de l'UDF prendra l'ascendant sur l'autre ? Va t'il oser faire un choix courageux ou se réfugier dans un lâche "ni-ni" confortable pour lui mais destructeur pour la France. J'éprouve un sentiment extrêmement fort mélé d'angoisse et d'espérance dans l'attente de cette réponse...


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Avant qu'on me demande : j'ai fait un nouveau journal car je pensais qu'après les réactions à chaud, il était utile de prendre un peu plus de recul, mais n'abusons pas de la patience des linuxfriens que ce thème n'intéresse pas (ex : suisses, belges, canadiens...) et donc évitons désormais la prolifération des journaux sur ce thème d'ici à la veille du second tour en concentrant les réactions ici.

> Lire le journal (16 commentaires, moyenne: 3,1).

Les bureaux de votes sont ouverts...

Posté le 22 avril 2007
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Ayé : a voté :-)

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