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Re: l'open source dans les ministères...

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 14/12/2006 à 10:38. (lien). Évalué à 4.

pas mal de "personnels informaticiens" qui freine des pieds, des mains, de la tête, des coudes, des genoux... pour qu'on ne change pas leur habitude de travail ou qu'on les oblige à se remettre à niveau.

Il y a certainement plusieurs explications à cela.

Dans les grandes entreprises comme dans l'administration, tout est dans l'art du paraître. Il y a un effet de cour (comme chez Louis XIV) autour du chef qui a fait des études financères, politiques ou en mécanique. Ce chef n'aura qu'une vision très restreinte de l'informatique. Il aura beaucoup de mal à s'entourer de personnes compétentes puisqu'il ne peut pas discerner la compétence véritable.

Il y a des carriéristes, ceux qui ne veulent pas faire de vagues. Jamais le moindre petit risque, jamais d'innovation, ce n'est pas bon pour l'avancement.

Il y a ceux qui ont été nommés à un poste vacant qui correspond à leur grade mais pas à leurs compétences. Ce n'est pas bien grave, car en dessous d'eux, il y a des gens compétents. Sauf que, au dessous, c'est pareil et personne n'ose le dire. Le plus grave, c'est que lorsque leur chef nouvellement nommé, arrive et leur demande un avis sur leur domaine supposé de compétences, ils en donnent un.

Il y a ceux qui étaient compétents et qui sont montés en grade. Comme il faut près de 10 ans pour devenir un décideur, ils prennent leurs décisions à partir de l'état de la technique qu'ils connaissaient 10 ans plus tôt et engagent l'avenir pour les 5 à 10 ans qui suivent.

Il y a les vieux, ceux qui ont cessé d'apprendre et commencé à mourir. Parfois ils n'ont que 30 ans. Ce sont de vrais boulets.

Ces situations, je les ai vécues. Elles ne sont pas prêtes de changer dans l'état actuel des choses. Il faudrait modifier profondément la structure très hiérarchisée qui correspondait au besoin il y a 50 ans mais qui n'a plus sa raison d'être maintenant. Pour faire court, le travail en réseau permet de diviser par deux au moins la hauteur d'une hiérarchie. L'appréciation d'un employé ne devrait plus être exclusivement celle de son chef mais un cocktail de celle de des subordonnés, des personnes avec lequel il travaille et de son chef.

On peut dire aussi que dans une entreprise ou administration, il y a ceux qui ne font rien, ceux qui travaillent et ceux qui essaient de les en empêcher. Ces derniers sont vraiment nuisibles.

Pour terminer, je voudrais citer en exemple Jean-Marie Lapeyre qui avait introduit GNU/Linux au ministère des finances il y a 5 ou 6 ans. Il m'a confié avoir alors pris un gros risque mais il est maintenant l'un des principaux acteurs de la modernisation du ministère des finances. Il y a certainement beaucoup d'autres personnes comme lui dans l'administration, mais combien peuvent s'exprimer ?

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