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: Interview de G. Collomb, Sénateur-Maire de Lyon

Posté par Tolosano (page perso, ). Modéré le 19 février 2007.
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Vous en avez certainement entendu parler, le Grand Lyon a signé - ce 1er février 2007 - un partenariat avec Microsoft pour développer des projets numériques… Pourquoi Microsoft et quid des logiciels libres, des formats ouverts, de l’interopérabilité ? Veni, Vidi, Libri a tenu à en savoir un peu plus… et Gérard Collomb, le Sénateur-Maire, et président du Grand Lyon, nous répond.

Après l'interview de R. Cazenave, député de la 1ère Circonscription de l'Isère, sur la migration de l'Assemblée Nationale vers une solution 100% libre, Veni, Vidi, Libri propose cette fois l'interview de l'instigateur du partenariat entre la ville de Lyon et Microsoft.

Notez que les interviews sont sous verbatim : copyright © 2006 / 2007 - (L’Association) Veni, Vidi, Libri.
Pour faciliter la diffusion des entretiens, les droits de reproduction intégrale, de diffusion et de représentation intégrale sont conférés à tout public, sur tout support, jusqu’à destruction desdits documents ou dissolution de l’association.

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Contraste...

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 20/02/2007 à 01:11. (lien). Évalué à 9.

Richard Cazenave maîtrise parfaitement son sujet, nous le savions déjà et cette interview le confirme pleinement. Nous avions pu en effet discuter longuement avec lui aux RMLL à Nancy. Manifestement, il a tout juste et sait de quoi il parle.

Il n'en est pas de même pour Gérard Collomb qui avoue « je ne connais que de nom, les principaux logiciels libres ». Autant dire qu'il ne fait que répéter ce que lui ont appris les commerciaux qu'il a pu rencontrer.
Cela se remarque pour son avis sur le RGI qui est un copié-collé des communiqués de Microsoft. Il ose mettre en cause la méthode de consultation alors qu'il avoue ne pas y avoir participé !
Il croit que Microsoft a changé de ton et de stratégie... Il devrait plutôt lire la fable de La Fontaine : Le loup devenu berger http://perso.orange.fr/yjohri/LaFontaine.html

Il raisonne avec les modèles économiques du passé. C'est d'ailleurs le cas de beaucoup de personnes qui croient éternels ces modèles issus de l'ère industrielle alors que nous sommes entrés dans l'ère de l'information.

Le pire est sa conception de l'interopérabilité. Il n'a manifestement pas compris ce qu'était un format ouvert et encore moins une spécification d'interface.

Ces deux interviews sont bien faites et les questions pertinentes. Il reste maintenant un travail à accomplir, c'est d'aller expliquer à Gérard Collomb que ses "conseillers" l'ont roulé dans la farine.

La mutalisation du libre lui a échappé

Posté par pada (page perso, ) le 20/02/2007 à 03:03. (lien). Évalué à 10.

Cependant, et cela doit attirer notre attention, ni l’Adullact, ni la société de service qui a mis en oeuvre la solution ne sont prêts à financer l’installation de cette solution dans une autre ville. Ce qui pose la question centrale du coût d’utilisation consolidé des solutions libres.

Cette remarque est importante, elle donne, à mes yeux, une certaine valeur à cette entrevue bien que je partage pleinement l'avis de Pierre Jarillon. Pour le rassurer, et inquiéter G. Collomb, on pourrait rappeler quelques projets de même nature entre Microsoft et des Universités qui ont assez rapidement tourné en eau de boudin, il ne faut en effet pas confondre investissement publicitaire et investissement technologique.

Sur le fond cette question de la mutualisation est importante et mal comprise. Les entreprises commerciales (comme Microsoft, Oracle ou SAP) mutalisent car elles permettent de partager les coûts de développement entre plusieurs utilisateurs. Le problème est que cette mutalisation est couteuse (souvent plus qu'un facteur 10) et souffre de multiples effets de bord néfastes pour les utilisateurs.

Cependant G. Collomb a un peu (mais pas trop!) raison quand il dit que ce n'est pas à UN utilisateur de supporter les coûts de mutualisation:
- Il oublie que quand on développe en libre on ne réinvente pas constamment la roue et que l'on utilise largement du code produit par d'autres, créant ainsi un premier niveau de mutalisation
- les coûts d'adaptation du logiciel proprio restent à la charge de chaque utilisateur, pourquoi en serait-il autrement pour le logiciel libre?

Il n'en reste pas vrai que la mutalisation devrait au moins en partie être prise en charge par la collectivité, cela serait bien plus efficace que sa prise en charge par les logiciels propriétaires. Il me semble que des efforts comme EDOS (http://www.edos-project.org) ou le pôle de compétitivité Logiciel Libre (http://www.ouverture-paris-region.org/xwiki/bin/Main/) le réalisent. Et même l'Adallact, n'en déplaise à G.Collomb qui a du mal à voir plus loin que le bout de son nez: la mutualisation permise par l'adullact doit être évaluée sur l'ensemble des projets qu'elle supporte et non sur un seul.

Il ne sait pas vraiment de quoi il parle...

Posté par Benjamin Lannoy (Jabber id, page perso, ) le 20/02/2007 à 08:46. (lien). Évalué à 10.

Ce qui m'agace un peu, ce sont ses appels successifs au besoin de pluralité alors qu'il va dans le sens du soutien d'un monopole déjà existant.

Dans la même suite d'idée, un autre truc qui me fait rire (jaune) :

« Je suis pour l’interopérabilité, mais aussi pour la pluralité. »

Parce-que les solutions fermées de la soi-disant pluralité qu'il dit défendre permettent une interopérabilité qu'il fait mine de soutenir aussi ?
Trop drôle.

Il ne sait pas vraiment ce qu'il dit.

Comme Philippe plus haut, je serais plus intéressé par une interview du DSI de la mairie de Lyon.

Ville > Ministère ?

Posté par Nicolas Legrand () le 20/02/2007 à 09:08. (lien). Évalué à 3.

« Par ailleurs, je pense que les villes, qui hébergent de multiples applications n’ont pas les mêmes problématiques que les grandes administrations et les ministères qui ont des coûts de migration sans doute moins élevés. »

En fait je suis surpris par cette phrase. J'aurais cru qu'un ministère avait quand même une belle bardée d'applications notamment en comparaison à une mairie.

Alors est-ce que c'est vrai, ou bien Lyon est un cas exceptionnel ou encore est-ce que son maire pipote ?

Capital / travail

Posté par Anglade Pierre-Matthieu (page perso, ) le 20/02/2007 à 10:13. (lien). Évalué à 10.

Il me semble que l'interview de monsieur Collomb mets en lumière deux points très importants. D'une part la relation capital/travail opposé entre économie du libre et économie du logiciel propriétaire; d'autre part, et corollaire important du premier, son incompétence dans le domaine de l'économie du logiciel.

Monsieur Collomb prétend chercher à défendre les emplois de sa région et protéger l'économie du logiciel contre les atteintes des partisants du logiciel libre. Et il signe un accord économique avec microsoft. Pourquoi pas ? Mais plongeons nous dans les termes de l'accord : Microsoft fournit de la main d'oeuvre gratuite pour vendre ensuite --- éventuellement mais aussi très probablement --- des logiciels dont la valeur marchande ne peut exister que grâce à des lois les protégeants et leur donnant de fait le statut de capital. Le modèle économique est clair : valeur du travail = 0 (offert) valeur du capital = 100%. (Certains diront que j'éxagère mais ce sont les termes même de l'accord : « Concernant l’engagement financier de Microsoft, je tiens à préciser que Bill Gates n’est pas venu faire un gros chèque au Maire de Lyon ! L’investissement de Microsoft repose essentiellement sur la mise à disposition de ressources non financières. Ce qui est positif et responsable. Ce partenariat sera évalué dans un an et nous verrons quels bénéfices chaque partie a pu en retirer. »)
Le modèle économique s'appuit totalement sur la capacité des dominants à imposer leurs lois aux dominés puisque autrement, le coût d'une copie de logiciel étant proche de zéro (quasi indépendamment des unités) le produit ne serait pas vendable.
Opposé à microsoft, on trouve les logiciels libres. Ici, pas de valeurs artificiels imposée par des lois. Seul compte la compétence humaine et le travail associé puisque délibérement les auteurs renoncent à la valeur artificiel de leur travail générés par des lois faites pour gérer des problèmes bien différents tel que l'économie du livre.
Il semble évident que le seul modèle économique défendant le travail est celui qui lui accorde de la valeur. Alors quand G. Collomb affirme qu'il veut défendre l'emploi grâce aux logiciels propriétaires il me semble qu'il prouve son incompétence en matière d'économie du logiciel.

Remarquons également une phrase particulièrement choquante dans cette entrevue :
« Cependant, et cela doit attirer notre attention, ni l’Adullact , ni la société de service qui a mis en ½uvre la solution ne sont prêts à financer l’installation de cette solution dans une autre ville. »
Si quelqu'un doutait de ma thèse quant aux relation capital/travail dans les deux modèles économiques et des idées de monsieur Collomb sur ce sujet voici qui devrait achever de lex convaincre. Je traduis sa phrase : finalement le travail doit être gratuit et fait par des associations et ce qui a de la valeur c'est le logiciel. Voici qui lève toute possibilité de doute. Tant pis pour les emplois et vive le RMI.

Arrêtons nous là. Il semble que tout soit dit. Soit cet homme ne sait pas de quoi il parle et répéte un discours de tout évidence mensonger, soit il manie le double language en prétendant se préocupper prioritairement d'emplois. Il me semblait important de souligner encore les différences fondamentales entre logiciels libres et propriétaires qui consistent en la valeur accordée au travail. Evidemment tout le monde sait cela ici. Mais on ne le répétera probablement jamais assez pour que cela reviennent jusqu'aux oreilles de tout nos élus et que le public non avertis en soit conscient.

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PMA

Langue de bois

Posté par spotty () le 20/02/2007 à 13:07. (lien). Évalué à 2.

Extraits choisis de M. Gérard Collomb,

Cependant, il ne faudrait pas, sous prétexte que l’Afrique n’ait pas les moyens de payer des licences que les Africains soient les parents pauvres du logiciel. »


Curieux raccourci pour quelqu'un qui parle de pluralité, non ?: logiciel libre = gratuit = qualité inférieur... Bizarre


Je n’oublie pas que de grandes sociétés présentes à Lyon (comme CEGID) mais aussi un grand nombre de PMI / PME développent des solutions propriétaires qui leur permettent, par leur modèle économique, une rentabilité, une croissance et un développement de l’emploi dans notre agglomération.


Je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment beaucoup de PME qui développent des logiciels propriétaires dans cette région

Bref, je crois qu'il essaie de nous dire diplomatiquement : "je m'en fous du libre; je n'y connais rien de plus on m'a parlés de coûts cachés, de problèmes avec la propriétés intellectuelles et vu qu'on peut se payer des licences ...."

pas tout compris

Posté par olivier82 (page perso, ) le 20/02/2007 à 16:12. (lien). Évalué à 3.

Gérard Collomb a dit

Les consommateurs informatiques sont de plus en plus avertis et ils sont, je crois, tout à fait libres dans leurs choix.


.... eeeuuuh je crois pas trop... avertis peut-être... libres pas vraiment...

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Olibeur dans les épinards

[+] C'est quand même dingue...

Posté par Ludovic Pénet () le 23/02/2007 à 00:54. (lien). Évalué à -2.

On a avec Gérard Collomb un maire qui rappelle son attachement à l'interopérabilité, à la diversification de ses fournisseurs, dont la commune a adhéré l'ADULLACT et a lancé plusieurs projets à base de LL...

... et voila qu'il n'y connaît rien et serait vendu au géant de Seattle...

Z'avez pas l'impression d'être un poil extrémistes les gars ?

Ce type d'accord a déjà été signé en région parisienne et cela n'a empêché si la généralisation de firefox et d'OpenOffice, ni « Paris Capitale du Libre », etc. Ils sont en revanche un gros plus pour les industriels qui bossent avec les technologies MS, que ce soit sous Windows ou sous Xbox. Et eux aussi génèrent de l'activité, des emplois, etc.

Vous n'avez pas l'impression, par ailleurs, de vous faire (juste un petit peu) manipuler quand on interviewe comme un défenseur du libre quelqu'un comme Cazenave qui a voté les amendements VU, le projet de loi droit d'auteur et qui n'était pas décisionnaire pour le « passage de l'assemblée nationale au libre » ?

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