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: Naissance de deux revues scientifiques gratuites et libres

Posté par roch (). Modéré le 24 mai 2003.
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Lu sur lemonde.fr :

La PLoS (Public Library of Science) annonce l'arrivée du premier numéro de PLoS Biology pour octobre 2003 et de PLoS Medicine vers la mi 2004.
La PLoS est une organisation à but non lucratif qui entend rivaliser avec les plus grandes références en matière de publication scientifique tout en garantissant la gratuité de l'accès à ses articles (accès direct sur internet et publication papier à prix coûtant) ainsi que la liberté du lecteur de copier, redistribuer, et réutiliser les travaux publiés grâce a la "PLoS Open-Access License".

NdM : la licence "PLoS Open-Access License" (OAL) est ce qui pourrait se décrire comme se rapprochant le plus de la licence BSD (libre non-copyleft). Le texte intégral est le jargon juridique, le lien vers la licence Attribution est déjà plus buvable pour le commun des mortels.

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Re: Naissance de deux revues scientifiques gratuites et libres

Posté par L () le 24/05/2003 à 16:53. (lien). Évalué à 1.

C'est pas la PLop Open Public licence par hasard ?

Re: Naissance de deux revues scientifiques gratuites et libres

Posté par cmiramon () le 24/05/2003 à 19:52. (lien). Évalué à 6.

Je doute que ce type de licence marche pour les articles scientifiques. Globalement, on abandonne tout droit sur la distribution, diffusion, revente de son travail. Ce n'est pas vraiment ce que les scientifiques cherchent.

Les différentes initiatives qui fleurissent sur le Net répondent à un autre problème le coût exorbitant d'abonnement à des revues ou à des bases de données d'articles scientifiques. Coûts qui empêchent l'information de circuler car certains centres documentaires scientifiques n'ont pas le budget nécessaire. Les scientifiques ont l'impression d'être des pigeons dans le sens qu'ils ne se font pas (ou peu) payer pour rédiger les articles, ni pour faire le travail éditorial du comité de lecture ou du jugement par les pairs (peer review). Ce sont des maisons d'éditions privées anglo-saxonnes ou néerlandaises qui ont patiemment capturés tout les titres prestigieux et qui ont transformé ce marché en un business très juteux.

Les scientifiques sont pour la libre diffusion de leurs articles sur le Net (cela ne changera rien financièrement pour eux) mais certainement pas à abandonner leur droit de propriété sur leurs productions littéraires. Personnellement, je veux contrôler pour mes articles les traductions et pouvoir interdire une traduction médiocre qui dénature ma pensée et aussi contrôler la diffusion et par exemple pouvoir interdire une diffusion dans un recueil qui me semble intellectuellement douteux. Enfin, si un éditeur vend mes articles (miracle !), je trouve normal en tant qu'auteur de toucher des droits ou en tout cas de pouvoir décider si je suis prêt à les abandonner.

Re: Naissance de deux revues scientifiques gratuites et libres

Posté par E V () le 24/05/2003 à 20:06. (lien). Évalué à 4.

A mon avis, ce genre de revue, si elle reussit, mettra bcp de temps à se faire une place parmi les revues papier. Pour un scientifique, ce n'est pas le système de license qui compte je crois, c'est plutot le prestige de la revue. Si en plus il faut payer pour publier, il y a peu de chances que ça marche. Sauf le prix est faible, comme le semble l'indiquer le site PLos. Il y a le dernier paramètre qui est celui du système de review. Je n'ai pas trouvé grand chose sur leur site. C'est pourtant le système de review qui fera que la revue sera reconnue ou non.

Re: Naissance de deux revues scientifiques gratuites et libres

Posté par jepoirrier () le 24/05/2003 à 23:50. (lien). Évalué à 15.

En tant que biologiste, la liberté d'accès à l'information dans le domaine des sciences me semble très semblable à la liberté d'accès au code source, tout comme les problèmes d'accès au code génétique séquencé (mais c'est un autre débat).

Bien que je ne sois pas sûr du succès de telles initiatives (pessimisme génétique), il serait intéressant qu'elles deviennent plus répandues. De telles initiatives sont très appréciées dans le domaine des sciences de la vie (voir aussi l'Open Access Initiative : http://www.soros.org/openaccess/(...) ). Malheureusement, les usages sont également bien ancrés ...

Voici un aperçu de la situation actuelle :

Pour le moment, tout scientifique voulant publier une découverte doit soumettre (à ses frais) un article à une revue scientifique. Celle-ci l'envoie à des pairs (système de peer review ; les pairs sont des scientifiques travaillant dans le domaine de l'article) qui vont lire cet article, le critiquer et, finalement, émettre un jugement sur l'opportunité de publier cet article dans la revue (les critères sont très variables). La qualité des articles publiés dans la revue va donner une certaine "aura" à la revue, les articles dans les revues prestigieuses seront plus souvent cités, le travail mieux reconnu, etc.

Le prestige des revues est recalculé chaque année et publié dans comme Impact Factor (maintenant Journal Citation Report : http://isiknowledge.com/(...) ). Ainsi, des revues prestigieuses comme Nature ou Science ont de grands facteurs d'impact (27 et 23), de plus "petites" revues en ont de plus petits (exemple : Brain Research = 2). A la fin de son mandat/contrat, le scientifique est évalué sur son nombre de publications et sur le facteur d'impact des revues dans lequel il a publié.

Et c'est ainsi que le système fonctionne. Alors, où est le problème ? Le scientifique publiant sa découverte a souvent travaillé avec des fonds publics (le privé ne publiant maintenant souvent qu'après être sûr de pouvoir commercialiser et/ou breveter la découverte). Or, le scientifique paie ses envois aux revues et aux pairs. Parfois, il est même obligé de s'inscrire dans une société savante pour pouvoir publier. Et, finalement, il doit signer un papier par lequel il donne tous ses droits (copyright, etc.) à la revue qui a accepté de le publier (*). Par un raccourci très rapide, la revue possède alors tous les droits sur des recherches pour lesquelles elle n'a rien du payer car les contribuables d'un pays l'ont fait pour elle.

Ce système est tout bénéfice pour la société éditrice. Ses frais sont (en gros) les suivants : payer l'imprimeur et le papier, payer des administratifs pour gérer la boîte et la sélection des pairs (les pairs sont rarement ou très peu rémunéré). Les rentrées proviennent des frais d'abonnement. Par exemple, les frais d'abonnement aux revues d'Elsevier coûte des millions d'Euros et cela augmente chaque année (au point qu'on doivent rogner sur le personnel pour continuer des abonnements). De plus, ces abonnements contiennent énormément de conditions : avec un livre acheté, vous pouvez faire ce que vous voulez ; pas avec une revue à laquelle vous vous abonnez.

Sa carrière étant basée sur ses publications, un scientifique aura légitimement peur de confier son article à une revue qui n'a pas de grand facteur d'impact, même s'il en retire des avantages par ailleurs. Et c'est le problème pour toutes les nouvelles revues ("gratuites" ou non) : il faut se faire un nom pour attirer les publications et pour se faire un nom, il faut des publications ...

Quelques liens pour approfondir la question :
- Un article long et fouillé sur la question (en français) : http://www.ulg.ac.be/libnet/spring/futur.htm(...)
- Un autre article en anglais : http://www.ensta.fr/~muguet/openaccess/(...)
- Le forum de Nature (opposé à l'open access, en anglais) : http://www.nature.com/nature/debates/e-access/(...)
- D'autres modèles économiques sont proposés, voir par exemple BioMed Central dans cet article : http://www.captaindoc.com/breves/breves08.html(...)

(*) Pour éviter que le scientifique n'ait pas accès à son article s'il n'est pas abonné à la revue, cette dernière lui envoie des "reprints" (copie papier ou électronique de son article tel que publié). On tolère alors que l'auteur envoie ces reprints à ses collègues.

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