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Dépêche modérée par

: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Nÿco (Jabber id, page perso, ). Modéré le 13 mars 2003.
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Le collectif informel d'artistes «Copyleft Attitude» vient de terminer une copyleft session, un espace-temps de création copyleft, à Paris dans la galerie eof.

Pour faire court, la Copyleft Attitude propose d'appliquer le concept de copyleft à l'art.

Ils sont prêts maintenant à répondre aux questions que vous allez leur poser via les commentaires de cette news (il faut être identifé), comme vous l'avez fait avec Guido van Rossum.

L'équipe de modérateurs leur enverra les questions, et par la suite rédigeront une news avec le réponses du collectif (délai approximatif : quand ce sera prêt... ;-).

> Lire la suite (51 commentaires, moyenne: 2,7).   [dépêche : 250 caractères]

Les «traces» de la Copyleft Session sont par là.

...et un répertoire d'oeuvres sous LAL est par ici.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Ce que je ne comprends pas:

Posté par imr () le 13/03/2003 à 16:50. (lien). Évalué à 9.

Dans les définitions, vous définissez l'oeuvre comme étant une oeuvre commune.
Plus loin, dans l'étendue de la jouissance, vous dites "Cette oeuvre est soumise au droit d'auteur".
et enfin vos dites "Cette licence est soumise au droit français." à la fin
Donc ma question est:
"qui est l'auteur de l'oeuvre commune qui va jouir des fameux droits d'auteurs que respecte la license?"
n'importe qui qui va apporter n'importe quelle modification à une des copies?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par imr () le 13/03/2003 à 16:51. (lien). Évalué à 2.

J'ai l'impression que ceci ne peut pas s'appliquer à l'auteur de l'oeuvre originale:
"3. L'INCORPORATION DE L'OEUVRE:
Tous les éléments de cette oeuvre doivent demeurer libres, c'est pourquoi il ne vous est pas permis d'intégrer les originaux dans une autre oeuvre qui ne serait pas soumise à cette licence."
je me trompe?

Origine et objectifs

Posté par Yusei () le 13/03/2003 à 17:43. (lien). Évalué à 7.

Le mouvement GNU et la GPL ont été créés en réaction au modèle propriétaire, lorsque Richard Stallman s'est retrouvé confronté à des programmes qu'il ne pouvait modifier. Est-ce que le mouvement Art-libre a été créé en réaction à une tendance similaire dans le domaine de l'Art (C'est à dire, par exemple, en réaction à une tendance à criminaliser l'échange ou le pret de morceaux de musique), ou bien simplement parce que des gens se sont dit que "ça serait bien" ?

De plus, le mouvement GNU a pour objectif de produire un système libre complet, afin de permettre aux gens d'utiliser uniquement des logiciels performants non propriétaires. Y a-t-il quelque chose de similaire pour l'Art ? Ce qui entraine la question suivante: on peut facilement remplacer un logiciel propriétaire par un logiciel libre ayant les mêmes fonctionnalités, mais est-il possible de remplacer une oeuvre d'Art, unique, par un "équivalent" qui serait libre ?

Plus généralement, un oeuvre d'art est elle unique (auquel cas on ne peut remplacer une oeuvre propriétaire par une oeuvre libre) ? Si oui, comment doit-on considérer les dérivations d'une oeuvre libre ? On peut considérer une oeuvre libre comme une arborescence de dérivations, l'oeuvre libre est-elle alors d'une nature différente d'une oeuvre propriétaire ?

Enfin, y a-t-il une dimension politique au projet, comme c'est le cas pour le projet GNU ? Si oui, doit-on considérer les oeuvres non libres comme "mauvaises" au sens moral (la notion de Mal est à prendre avec les réserves habituelles) ?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par philippe () le 13/03/2003 à 18:23. (lien). Évalué à 6.

Je vais peut-être paraître cru, mais vu que beaucoup d'artistes voient leurs droits (de bouffer ! ) souvent bafoués, le problème n'est pas là. Renoncer au copyright POUR UN ARTISTE (peut-être pas pour l'informatique, vu la possibilité de travailler sous forme de services), c'est du suicide sauf pour les amateurs qui ont d'autres sources de revenu ou les gens qui tournent déjà très bien (ex Steve Coleman qui remplit les salle). Tout ça me paraît très "noble", mais ça ne reflète pas la réalité de beaucoup d'artistes qui ne sont pas prêts de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Le droit d'auteur des photographes est de plus en plus attaqué. Il faut le défendre. Parlez en aux gens qui bossent ou ont bossé ( ou ont été virés) pour Corbis-Sygma, la boîte de l'illustre B Gate. Ou allez voir les problèmes rencontrés pour le respect du droit d'auteur sur le site de l'UPC. Mais il n'est pas interdit de délirer !
Philippe

Les mailing-lists...

Posté par Nÿco (Jabber id, page perso, ) le 13/03/2003 à 19:00. (lien). Évalué à 2.

...sont ici : http://artlibre.org/copyleft.php/list.html(...)

La généraliste copyleft_attitude@april.org et les autres plus spécifiques : art, business, droit, musiques et images.

--
Jabber ID : xmpp:Nyco@jabber.fr

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Benoît Sibaud (Jabber id, page perso, ) le 13/03/2003 à 20:59. (lien). Évalué à 7.

Apparemment une grande variété de licences existe déjà. Cf
http://www.opencursus.be/modules.php?name=Content&pa=showpage&a(...)
* FML The Free Media License
* FAL The Free Art License
* EFF Open Audio License
* OSML The Open Source Music License
* OML The Open Music License
* FMPL The Free Music Public License
* CPDLL The Choral Public Domain Library License
Quelles sont les différences/avantages/inconvénients des différentes licences, en particulier par rapport à la LAL ?

Quelle est l'ampleur du mouvement Art Libre ? Depuis quand existe-t-il ? Quels en sont les aspects les plus visibles ?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par #3588 () le 13/03/2003 à 21:28. (lien). Évalué à 7.

Suite aux discussions de la news sur Michael Simms, voici quelques questions entre autres sur le thème des « jeux libres ». J'emploie cette expression pour désigner un jeu dont le code source est libre, et dont les « données » (parties artistiques utilisées en tant que données : musique, son, graphismes, etc) sont sous une licence de type Art Libre. Tout le monde ne partage pas cette définition (le point de vue opposé consiste à ne tenir compte que du code source, et de considérer le jeu comme libre même si les données ne le sont pas), je précise donc que je l'emploie dans ce sens.

  • Un jeu utilisant des oeuvres sous licence Art Libre (musique, graphismes, etc.) est-il une oeuvre dérivée, devant être placé sous la licence Art Libre ? Ou bien, est-il suffisant de considérer que seules ces parties artistiques sont dérivées et qu'elles seules ont à se conformer au copyleft. Exemple: un jeu commercial au code source propriétaire peut-il utiliser une musique (modifiée), pourvu que la musique en question reste sous licence Art Libre, par exemple accessible en fichiers usuels sur le CD vendu ?
  • Si la réponse à cette première question est que le jeu complet est un travail dérivé, alors le code de ce jeu ne pourra pas être placé sous GPL, ni réutiliser de code GPL, bien que « l'esprit » de ces licences le voudrait. Y a-t-il une solution ?
  • Si la réponse à la première question est que le jeu complet n'est pas un travail dérivé, avez-vous une solution à proposer pour ceux qui souhaitent un copyleft plus fort : par exemple, que peut faire un artiste qui souhaite copylefter ses graphismes, au point que seuls des logiciels copyleftés soient autorisés à utiliser ces graphismes (j'ai vu le cas pour des icônes, diffusées en tant qu'images, placées sous GPL). Ou bien considérez-vous qu'une telle chose serait similaire au problème de « contamination » évoqué dans la clause 9 de la définition de l'OpenSource[1] (qui se généralise à l'art assez facilement) ?
Questions/remarques plus générales:
  • Certains artistes emploient la GPL bien que leur oeuvre ne soit pas un programme. En effet la GPL dans son ensemble n'est pas vraiment spécifique au logiciel. Elle est parfois employée pour de la documentation (même si ce n'est pas de l'art, ça montre qu'elle s'adapte à autre chose que du logiciel), des textures, des modèles (Quake), etc. Parfois même l'auteur précise ce que sont les sources quand une étape de « compilation » a lieu (le fichier source Gimp avec les calques pour une image, on peut aussi imaginer le source SGML d'un bouquin, le fichier .mod dont l'exécution codée en ogg sera diffusée, etc.), parfois aussi l'oeuvre elle-même est considérée comme son source (sons, enregistrements de musique). En dehors de la langue anglaise sensée la rendre inutilisable dans le droit français, est-ce que la GPL n'aurait pas pu convenir dans bien des cas ? En particulier si quelques formalités de vocabulaire auraient pu suffire (la GPL interdit d'ajouter des restrictions, mais a priori n'interdit pas d'ajouter des précisions de cet ordre). Les licences copyleft étant mutuellement exclusives, unifier, minimiser le nombre de licences est en général positif...
  • Vous répondez à la FAQ « Le copyleft est-il la négation, l’antithèse du copyright/droit d’auteur ? »[2] par une explication claire et cohérente, mais qui est un point de vue d'ordre politique. En effet, on peut vouloir combattre le copyright/droit d'auteur dans sa forme actuelle, et arriver au principe de copyleft, pour des raisons qui sont donc différentes. Il me semble que ça a été la logique de Richard Stallman, qui a trouvé le copyright fondamentalement mauvais (le point de vue de la FSF est après tout qu'idéalement tout logiciel devrait être libre). Le copyright tel qu'il est lui a permis d'élaborer des licences copyleft, mais il faut bien voir que le copyright a été un outil au sens où il aurait été extrêmement difficile de faire passer une loi (avec les accords internationaux nécessaires) pour faire exister le copyleft légalement : utiliser le copyright est beaucoup plus pratique, et en donne une bonne approximation. Mais ce n'est pas pour autant le légitimer. Je pense que cette approche est tout aussi valable que celle que vous présentez. Heureusement, les deux approches, mêmes si elles sont différentes politiquement, arrivent au même résultat (un peu comme la FSF et l'OpenSource : différence politique, mais même licences en pratique). Ma question (enfin!) est donc : vous placez-vous définitivement dans l'optique de la réponse que vous faites dans cette FAQ, ou bien cette FAQ là est-elle juste là pour rassurer ceux qui seraient effrayés par ces idées (tout le monde a vu des détracteurs du logiciel libre faire référence au communisme pour le critiquer, l'art libre a toutes les raisons de subir le même genre d'« attaques »).
  • Cette question concerne le droit français : si je réutilise/modifie/diffuse une oeuvre Art Libre (ma modification étant donc bien sûr Art Libre), est-ce que je suis assuré de toujours avoir ce droit ? Ou est-ce que la licence est révocable, d'une manière ou d'une autre, même partiellement, à cause du droit français et de l'« exception culturelle ». J'ai l'impression qu'à cause du droit français, ça ne peut être garanti que lorsqu'on réutilise des oeuvres dérivées (où l'auteur a donc accepté la licence Art Libre) mais pas des oeuvres originales (où l'auteur n'est en fait pas concerné par les clauses Art Libre).
NB. Quand je parle de travail dérivé, c'est bien sûr synonyme de « oeuvre conséquente », pour reprendre le terme de la licence Art Libre.

[1] http://www.opensource.org/docs/definition_plain.php(...)
[2] http://artlibre.org/faq.php/index.html#12(...)

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Robert VISEUR (page perso, ) le 13/03/2003 à 21:51. (lien). Évalué à 4.

Tout le monde connaît les logiciels copyleftés (voir la GPL & la LGPL) ainsi que les écrits copyleftés (voir FDL). Les cas des processeurs copyleftés (projets F-CPU, LEON, etc) et de l'art copylefté (Copyleft Attitude, etc) sont depuis quelques temps évoqués sur DLFP.
Connaissez-vous encore d'autres applications du copyleft ?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Jiba (page perso, ) le 14/03/2003 à 09:04. (lien). Évalué à 3.

La license Art Libre permet à d'autres artistes de ré-utiliser les oeuvres (tant qu'elles restent libres). Est-ce que cette ré-utilisation a lieu fréquemment en pratique ?
J'ai du mal à voir comment elle peut avoir lieu dans certains cas :
- un roman ou une nouvelle qui forme un tout : est-il vraiment intéressant d'avoir tout plein de version de la même histoire ? Plutôt que des histoires différentes ?
- le cas d'oeuvre materiel non duplicable : une sculpture ;-)

Quels sont les formes d'Art qui utilisent le plus le CopyLeft (littérature, photo,...) ?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Nÿco (Jabber id, page perso, ) le 14/03/2003 à 09:19. (lien). Évalué à 3.

Depuis que l'art est art, l'homme n'a cessé de copier sur, s'inspirer par, réinventer les oeuvres des autres...
Le mouvement Art Libre n'est-il pas qu'une formalisation/régularisation de ce qui s'est fait de tout temps ?

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Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Anonyme () le 14/03/2003 à 09:21. (lien). Évalué à 3.

Bonjour,

Je me pose une question simple sur la relation entre la licence artlibre et les mouvements artistiques actuels : la tendance en vogue, héritée de l'art conceptuel, n'est plus de se concentrer tant sur l'aspect visuel de l'œuvre que sur le processus à la base de sa conception. Ainsi, d'un point de vue artistique, on va assister à une exploitation de travaux sortis de leurs contextes, et qui risquent donc de perdre leur force. Ce sera à rapprocher de ce qui s'est passé pour les artistes qui ont suivis Duchamp et ont posé des ready-made à tout bout de champ sans forcément s'intéresser à la motivation originale (ici, se foutre un peu de la gueule du monde, mais c'est un troll qui m'a valu pas mal de remontrances de mes profs d'arts plastiques). Donc, la licence artlibre peut-elle s'appliquer à des travaux artistiques, ou du moins reconnus comme tels par ceux qui font l'art, qui impliquent un processus cognitif non reproductible.

Toujours dans la suite de ceci, et comme c'est le cas avec les LL, on risque de voir apparaître pas mal de choses, aux qualités variables (pfiou, l'euphémisme). Mais il faudra un processus de sélection, qui est applicable en informatique car basé sur des jugements objectifs, mais inapplicable en art. Celui-ci est trop subjectif (et consensuel, mais c'est un autre débat) et on risque de voir des gens inéressés par la chose s'en détourner trop vite car c'est trop fouillis et inégal. Ce n'est pas vraiment une question toussa, mais juste un point de vue sur une limite de la licence artlibre, merci de donner vos avis :)

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par Patrix (page perso, ) le 14/03/2003 à 12:12. (lien). Évalué à 5.

Que pensez vous du pouvoir économique absolu que la Licence Art Libre octroie aux éditeurs, alors qu'ils disposent déjà d'un pouvoir considérable sur les artistes et leur public, à une époque où les réseaux numériques devraient au contraire abolir tout intermédiaire? Ce genre de liberté n'est-il pas plutôt du libéralisme?

Re: Interviewez le collectif d'artistes «Copyleft Attitude»

Posté par philippe () le 14/03/2003 à 15:10. (lien). Évalué à 4.

Quelques réflexions à propos du nouveau concept de l'art "libre de droits":
Le "Copyright" véritable n'existe qu'aux USA , ou tout du moins pas en France. Il permet à n'importe qui de racheter les droits d'un film, photo, livre, etc...Ce qui aboutit, en droit français, à la dépossession de l'auteur véritable.
L'art libre de droit, pour ce qui concerne la photographie, ne produit quasiment que de la médiocrité (pour rester poli). Certains sites sont spécialisés dans ce genre, c'est édifiant. Qui en effet, est prêt à perdre des années de travail en laissant n'importe qui exploiter ses images? D'autant plus que dans la photo comme dans la peinture, celui qui s'en sort le mieux, c'est le meilleur "vendeur" et non pas le "meilleur" (?) créateur.
Triste réalité facilement exploitable par de petits malins si l'on appliquait le copyleft pour l'Art.
Question: quel intérêt peuvent tirer des artistes du "copyleft"? J'avoue avoir du mal à comprendre. Pas clair.
De toutes manières, en France,le droit d'exploitation des oeuvres de l'esprit par des tiers n'est pas libre, par contre, les idées ayant conduit à ces oeuvres le sont. Il me semble qu'il existe une confusion de ce coté là dans les gens qui prônent le copyleft

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